L’OM à Bordeaux: parfois si près, souvent trop loin

1er octobre 1977. Si vous savez compter, ça fait plus de 35 ans. Et les vrais supporters marseillais et bordelais savent compter. Et pour cause, cette date correspond à la dernière victoire phocéenne en terre girondine ou à la dernière défaite des marines et blancs chez eux face aux olympiens. Prenez-le dans le sens qui vous convient le mieux. Pour ma part, chaque année je me dis que c’est la bonne pour l’OM, quelque soit la forme des deux équipes, car je me dis qu’à un moment ou un autre le vent va tourner et qu’il portera les bleus et blanc sur la terre natale de Bertrand Cantat. Retour sur ces confrontations qui ont enflammé le Parc Lescure puis Chaban Delmas et au cours desquelles j’ai pu voir les Provençaux passer très prés de l’exploit ou sombrer complètement.

 Avril 1987 : le retour de l’enfant prodigue… et du traître.

Bernard Tapie débarque à Marseille au printemps 1986 avec la ferme intention de bousculer la hiérarchie du foot français. Et par conséquent faire chuter le Bordeaux de Claude Bez qui règne en maître sur la D1. Nanard recrute des grands noms tels que le stoppeur allemand Förster ou encore le prometteur attaquant Jean Pierre Papin. Mais il réalise l’impensable en dérobant Alain Giresse au nez et à la moustache de son meilleur ennemi. Et ça, Gigi va le payer très cher le 11 avril 1987. Quand on revoit les images, on constate qu’avant d’être un poète sur un banc de touche et en conférence de presse, René Girard l’était aussi sur le rectangle vert. Avec le soutien sans faille de Gernot Rohr, il se charge de découper en morceaux l’ex-lutin girondin. Ce soir là Bordeaux l’emporte 3-0 et file vers le titre de champion. Le coach montpelliérain inscrit le 2eme but. Philippe Fargeon et José Touré scorent également.

Octobre 1989 : Le festival de Ferreri.

Marseillais et Bordelais se retrouvent à Lescure au soir de la 15eme journée dans le même configuration qu’un an et demi auparavant. Ils luttent de nouveau pour le titre. Entre temps, L’OM l’a décroché et se rend à Lescure avec le costume de champion de France. Et ce sont des ex et futurs olympiens qui se chargent de sanctionner lourdement les hommes de Gérard Gili. Jean Marc Ferreri (champion d’Europe 1993) inscrit un doublé dont une superbe reprise de volée sur un centre de Jean Philippe Durand. Klaus Alofs, encore Marseillais il y a quelques mois, se charge de porter le coup de grâce à ses anciens partenaires. Même tarif qu’il y a 2 saisons. Je retiens surtout le coup de coude assassin asséné par Joseph Antoine Bell à Enzo Francescoli qui ne lui a valu qu’un simple carton jaune. Ce geste insensé est certainement la conséquence de la pluie de bananes qui s’est abattu sur le but de Joseph lors de son échauffement au stade Vélodrome à l’occasion du match retour. Un gardien noir à qui on jette des bananes… Michel Leeb a dû apprécier à l’époque. Au rayon gardiens et provocation, Gaetan Huard s’est aussi distingué en adressant un charmant doigt d’honneur à Ferreri après son penalty raté. Et à cette époque on a pu voir le match un samedi soir  en différé sur Canal Plus. C’était l’époque du Canal Plus vrai ai-je envie de dire.

 Janvier 1999 : L’OM explose en 20 minutes

Pour la 3eme fois en 12 ans les deux rivaux se font la guerre en tête du classement. Avant d’aller à Lescure pour le compte de la 22eme journée de championnat, L’OM est en tête avec 3 points d’avance. Marseillais et Bordelais survolent le championnat. On sait depuis un moment que le titre va se jouer entre eux. On s’attend donc à un match serré mais les Girondins marchent littéralement sur l’eau et sur la tête des phocéens. 4 buts inscrits entre la 14eme et la 32eme minute par Wiltord (2 fois), Micoud et Laslandes. Dugarry, l’enfant du pays, réduira le score. J’entends encore aujourd’hui que Paris a donné le titre à Bordeaux lors du dernier match de la saison en laissant notamment marquer Feindouno.  Mais le FCGB d’ Elie Baup a pris 4 points sur 6 à l’OM lors des confrontations directes. Ce chiffre me fait donc dire que leur titre était mérité.

 Janvier 2001 : La seule et unique apparition de Pablo Calendria… J’y étais !

Je me souviens être parti dans le bus du commando Ultra ce vendredi 26 janvier 2001. Nous prîmes la route à 5 heures du mat et ne tardâmes pas à décapsuler les kros. Passer la journée à boire et manger du saucisson. L’extase pour tout homme normalement constitué. Mais une fois dans les travées du stade Chaban Delmas (feu Lescure), nous avons vite déchanté. Dugarry qui a quitté l’OM un an plus tôt pour retourner chez lui nous calme d’un coup de tête rageur. Laurent Batlles, future idole du Vélodrome, inscrit un doublé. L’OM s’incline une nouvelle fois 3-0. c’est le dernier gros carton qu’il s’est ramassé en Gironde. A signaler surtout l’entrée en jeu du jeune argentin Pablo Calendria. Attaquant annoncé comme un futur grand, rémunéré 200 000 francs par mois pour jouer en CFA. Ce furent ces seules minutes sous le maillot blanc et j’avoue être assez fier d’y avoir assisté. D’ailleurs je ne sais même pas où ce jeune homme est allé se perdre ensuite.

Mai 2006 : A quelques minutes prés…

Lors de la dernière journée de la saison L’OM est en lice pour arracher une place pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Il a d’ailleurs l’occasion d’ouvrir le score en 1ere mi-temps mais Franck Ribéry voit son pénalty repoussé par Ulrich Ramé. Les affaires se compliquent pour les phocéens lorsque Meîté, qui a pourtant la tête sur les épaules, écope d’un deuxième carton jaune synonyme de rouge. Cet incident dope les Marseillais puisque 5 minutes plus tard, Maoulida trompe Ramé d’un tir croisé. Nous sommes à l’aube du dernier quart d’heure et l’OM est en route pour l’exploit. Mais évidemment il craque à 2 minutes de la fin. Fernando ajuste Barthez du plat du pied dans les 6 mètres. Avec la victoire, c’est la Ligue des Champions qui s’envole pour les hommes de Jean Fernandez. Un mal pour un bien au final car en cas de victoire, les Marseillais n’auraient jamais croisé la route du Mlada Boleslav en coupe UEFA. Et Avi Assouly ne serait jamais devenu une star internationale. Ca ne fait aucun doute.

Septembre 2008 : les vendanges avant l’heure

En ce début de saison les 2 équipes se veulent être les concurrents les plus sérieux de Lyon afin de récupérer le titre de champion, propriété des Rhodaniens depuis un septennat. L’OM fait mouche dès la première minute grâce à celui qui est annoncé comme son attaquant vedette, Bakari Koné, arrivé en provenance de Nice. Mais à la demi-heure de jeu Bordeaux réplique merveilleusement. A l’entrée de la surface Chamakh sollicite le une deux avec Gourcuff qui lui remet dans la course. L’attaquant le plus régulier des bancs de Premier League bat Mandanda d’une reprise de volée à bout portant. S’en suit une flopée d’occasions que Koné et Niang ont été incapables de convertir. Jamais L’OM n’a autant dominé son sujet à Bordeaux. Il repart avec seulement un point en poche. Ce nul a pesé dans la balance car le titre s’est joué, comme en 1999, à la dernière journée. Et comme 10 ans plus tôt, Bordeaux triomphe.

Septembre 2010 : un match nul humiliant

Les Marseillais enregistrent ce soir là leur 4eme match nul affilée sur la pelouse de Chaban Delmas, le 3eme sur le score d’un but partout. Comme il y a 2 ans ils ouvrent le score tr(s rapidement suite à un rush de 60 mètres de Brandao côté droit dont le centre dévié est repris au premier poteau par Lucho. L’OM tient le match par le bon bout mais à la demi heure de jeu, Tony « Lucky Luke » Chapron dégaine le carton rouge plus vite que son ombre. Sa victime, Edouard Cissé, auteur d’un tacle un peu trop appuyé à son goût. Malgré l’infériorité numérique les Olympiens plient mais ne rompent pas. Ils auraient même pu doubler la mise peu après l’heure de jeu sur un contre ponctué par Loïc Rémy qui voit Carasso détourner son tir puissant sur le poteau. Comme en 2006, Marseille cède dans les dernières minutes. Vexé d’avoir été humiliés par un exploit technique de Brandao, les Girondins répondent à ça par une tête d’Anthony Modeste, leur fantomatique attaquant qui fait actuellement me bonheur du SC Bastia. Une nouvelle fois, il s’en est fallu d’un rien pour que l’histoire bascule du bon côté.

Ce dimanche L’OM sera privé de tous ses attaquants. Gignac et Rémy sont out et Jordan Ayew est suspendu. Donc j’ai envie de dire que ce ne sera encore pas pour cette année. J’espère évidemment me tromper et voir enfin un autre résultat que tous ceux qui se sont succédés depuis 35 ans. J’ai eu la chance de voir L’OM pratiquement tout gagner en un peu moins d’un quart de siècle. Avec une victoire à Bordeaux, je pourrai définitivement mourir tranquille selon la formule consacrée.

Guy Truite

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4 réflexions au sujet de « L’OM à Bordeaux: parfois si près, souvent trop loin »

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