#LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 6: Mathieu Faure

Mathieu Faure Guy Truite le football vrai photo

Comme Alexandre Pedro, Mathieu Faure officie chez So Foot et a véritablement un club dans le sang, opposé sur bon nombre de points à celui de son confrère Toulousain. Mais une chose les rapproche, la passion.

– Le match qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

PSG – Besançon en Coupe de France au milieu des années 2000. Il faisait près de moins dix et le match se déroulait en janvier à Sochaux. Je peux t’assurer qui meulait comme pas possible. D’autant que le match s’est étiré jusqu’aux prolongations. Il faisait tellement froid qu’on avait allumer un petit feu en parcage visiteur pour se réchauffer les pognes. Même les mecs complètement ronds sentaient le froid, c’est dire. Je crois que le PSG l’avait emporté à l’arrache. J’ai même applaudi Lionel Potillon avec son maillot « Pitch » quand il marqué le seul but du match. Un vrai match de coupe, haché, ennuyeux et serré. J’ai eu la mauvaise idée de craquer une torche périmée ce jour-là. J’ai fini aux urgences à Auxerre avec ma main droite qui sentait le cramée et une cloque qui prenait tout l’intérieure de ma paume. Le lendemain, je passais des partiels. Facile.

– Le stade qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le Parc des Princes. Foutre un stade de football dans le XVIème arrondissement de Paris, ca frôle le génie. J’aime tout dans ce stade : l’acoustique, le décor, la couleur des murs, les sièges qui te fracassaient les tibias à chaque but, le côté strapontin où quand tu te levais tu finissais toujours par te rassoir par terre sous le regard amusé de ton voisin complètement ivre, etc. Le Parc, c’est aussi des dégaines. Des mecs avec cinq écharpes autour du bras, un gros sac moulé dans un maillot « Yakin », un chinois trisomiques qui venait avec une trottinette, bref, la cour des miracles. Le seul stade de France où tu pouvais de foutre sur la gueule avec les mecs du même club que toi. Le Parc, c’était un lieu de vie. Quand tu étais dans une assoce ultras, tu venais griller des saucisses en tribunes, les soirs, en semaine, quand tu venais bosser sur les animations du week-end, tu tapais des football en coursives. Mieux, parfois tu te marrais en parcourant les sièges de la tribune G car le PSG avait décidé de coller le nom des abonnés dessus. Et quand tu tombais sur un mec avec un nom à la con du genre « François Cuny » ou « Philippe Levrette », ça te faisait ta journée. Ouais, il t’en faut peu.


– Le joueur qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Jean-Luc Sassus. Quand je suis arrivé au Parc des Princes, tout môme, JL jouait sur le côté droit de la défense. A dix piges, tu ne comprends rien aux subtilités du football mais un mec qui s’appelle « Sassus », ça te fait marrer. Je me suis pris d’affection pour lui immédiatement. Je me souviens d’un match, ça devait être en 1993 ou 1994, où je n’ai regardé que lui. J’avais l’impression qu’il allait à 10 000 à l’heure. Quand j’ai revu les images plus tard, notamment via les mythiques VHS Euro PSG, je me suis rendu compte de l’escroquerie du mec. Le mec quelconque par excellence mais qui a eu la chance de porter le patronyme d’un acteur Marc Dorcel. Et puis un mec qui se fait frapper dans le vestiaire lyonnais par Pascal Olmeta pour une histoire de femmes, c’est forcément un crack. Sinon, j’ai un profond respect pour Francis Llacer. Un mec qui se fait un Saint-Etienne-Marseille avec un maillot du PSG sous celui des Verts mérite une place au panthéon.

– Le But qui pour toi symbolise #LeFootballVrai

Laurent Fournier contre Monaco. J’avais récupéré des places par le conseil général d’Ile de France. C’était gratuit. On est en 1996 et je suis un amoureux de Julio Cesar Dely Valdès. Il y avait une chanson sur l’air de Davy Crocket ou ca donnait  « Julio Cesar Dély Valdes, l’homme qui ne marque jamais… » . Bref. Pour le coup, le Panaméen marque le premier but avant que Sonny Anderson n’égalise. Puis, vient le miracle. Je revois toute l’action. Laurent Fournier récupère la balle sur le côté droit de la surface de réparation et enrhume Lilian Thuram avec un sombrero avant de claquer une frappe du droit qui troue les ficelles. Ce but ressemble au caramel de Cantona avec Leeds. Le PSG gagne 2/1 et ce but de Fournier, l’homme qui ne transpirait que sur la moitié avant de son crâne, reste un mythe.

-Le maillot qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le PSG 1994. Un maillot Nike, tout en imprimé et aux multiples sponsors. Je me souviens de Tourtel qui squattait le ventre et de Commodore. Les couleurs sont dégueulasses : bleue et rouge pétantes. Un maillot sans aucune classe. Mais qui donne le titre au PSG. Mes parents me l’avaient offert pour mes douze ans. Je n’osais pas le porter en bas de chez moi car j’avais peur qu’on me le raquette. Je le mettais en dessous de mon sweat. Je crois qu’il est toujours chez mes parents, à la cave. C’est un collector.

-Le club qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Red Star. Etant originaire de Seine-Saint-Denis, j’ai une affection particulière pour ce club. Quand j’étais abonné à Onze Mondial, j’achetais le numéro de septembre en double pour pouvoir utiliser les deux posters des clubs de ma région. Celui du PSG et celui du Red Star. Je revois la dégaine de Robert Herbin, et sa coupe afro, au milieu de la photo d’équipe au début des années 90. C’est quand même un club qui a vu jouer le grand Susic et toutes les stars de Ligue 2 : Samuel Michel, Tony Cascarino, Samuel Boutal, Didier Thimothée, Steve Marlet, Guilherme Mauricio, le pichichi de la L2. J’ai en tête la saison 92-93 où la D2 avait encore deux poules (A et B). Le Red Star termine quatrième. Jusqu’au bout, j’ai cru à la montée. Et puis le Red Star, c’est le stade Bauer, non loin de la Porte de Clingancourt. Une enceinte à l’ancienne, entre les barres d’immeubles, tout sauf moderne, avec des marches en guise de tribunes. Les jours de matches, c’était n’importe quoi. Mais ça respire le football.

-Le Coach qui pour toi symbolise #LeFootballVrai
Artur Jorge. Le mec qui a inventé le winning ugly en France. Ou comment avec Weah, Rai, Ginola et Valdo, tu arrivais à livrer des matches ultra chiants, très défensifs et sans aucune folie. Et puis sa moustache, merde… Le combo calvitie-moustache, c’est mythique. Sans parler de son adjoint Denis Troch. Le PSG a été fondé par le gang des chemises roses (Borelli, Brochand, Hecter and co.) mais là, on avait un gang à moustaches. C’était ridicule mais ça marchait. L’équipe ne perdait jamais en championnat et ça allait au bout. On avait l’impression que Jorge sortait de sa campagne, qu’il ne comprenait rien au ballon alors qu’il avait braqué une C1 avec Porto.
– Le sandwich qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai
Le kebab-frites mayonnaise-ketchup sans oignon. J’ai du en avaler une centaine aux abords du Parc des Princes. Les soirs de matches, tout le monde allait chez New Delice’s. Tu te fracturais le bide pour pas grand chose. La célèbre barquette jaune, tout le monde la connaissait. C’était un classique. Tu pouvais te casser le ventre à n’importe quelle heure de la journée. C’était une jouissance bucale.
– La boisson qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai
Canada Dry. J’ai connu ça sur un maillot du PSG. 1973, il me semble. Le nom me faisait rire et je trouve ça tellement cheap que j’ai demandé à mes parents de m’en acheter en parcourant la collection de maillot de mon père. Ca a un goût de chiotte mais ça passe bien avant Stade 2.

– La compétition qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le trophée Wanadoo qui se disputait à la mi-temps de chaque match de Ligue 1. Deux équipes locales devaient planter des buts en partant du milieu de terrain en un contre un. Forcément, t’avais toujours un petit gros ou un rouquin qui se faisait prendre en grippe par tout le stade. Mais c’était assez funky comme moment. Tu entendais des bleds improbables d’Ile-de-France comme Houilles, Chatou, Villfejuif, Bannost-Villegagnon, Beton-Bazoches, Vulaines-lès-Provins… C’était magique. T’avais toujours un petit malin qui fêtait son but en montrant un maillot de l’OM sous sa liquette Wanadoo.

– La coupe de cheveux qui symbolise pour toi #LeFootballVrai


Taribo West. C’est plus un délit capillaire qu’autre chose mais c’est impossible à oublier. Je garde un très bon souvenir de la coupe balais à brosse de Pierre Laigle et du duo nuque longue – moustache de Jacek Ziober. Comment ne pas citer Valderrama et Emmanuel Petit époque moustache également ? La mode des blonds platines était ridicule aussi : Eloi, Wiltord, Micoud, Nicolas Marin. Enfin, une pensée émue pour Florian Maurice époque 1993. Un délice.
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