#LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 2: Antoine Maes

Cette semaine c’est au tour d’Antoine Maes (responsable des sports chez 20minutes.fr) de répondre à notre questionnaire et de succéder ainsi à la chevelure impeccable de Yohann Hautbois. Et vous allez voir que ce cher Antoine, sans mauvais jeu de mots, n’est pas prés de perdre le Nord.

Le match qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Pour moi, un US Ascq-Villepinte dans un tournoi en -15 ans, avant l’an 2000 mec. Arrêter un match à la pause parce que les gars du 93 se font fouiller les sacs, ça n’a pas de prix. En même temps, on les suspectait d’avoir piqué un discman. Sinon, un vieux Lens-Strasbourg (0-0, évidemment), genre en 93: quand t’as vu jouer Franck Leboeuf en meneur de jeu, t’as du crédit pendant 50 ans dans les débats sur le foot.

 Le stade qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Je ne peux que répondre Bollaert: On pouvait rentrer dans le kop avec des cubis de villageoise. Gamin, je croyais que les gens parlaient une langue étrangère mais ils avaient juste l’accent du Nord. Le meilleur public de France aussi: celui qui jette des frites mayos dans la tribune visiteurs plutôt que des fumis, ou qui rentre sur la pelouse pour cracher sur Pascal Olmeta. Et surtout, les mini pompom girls, qui te mettent très mal à l’aise vu l’historique local.

 Le joueur qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Jean-Marc Adjovi-Bocco. Un seigneur. Mon père l’a appelé « Bocco » pendant 10 ans parce qu’il croyait que son prénom, c’était Jimmy-Adjovi. Je connaissais des types du 62 qui voulaient se faire les mêmes dreads que lui tellement ils l’aimaient, les cons. Assez limité balle au pied, incapable de planter un but dans toute sa carrière mais pfffff… une idole, on l’adorait à Lens. Un jour, dernier match de la saison et sans enjeu. Penalty pour Lens, les mecs le font tirer pour que Jimmy marque au moins une fois dans sa vie. Evidemment, il le rate.

 Le But qui pour toi symbolise #LeFootballVrai

Lens-Nantes, printemps 95. Avec Loko, Ouédec et tout. Les lensois se font rouler dessus, ils sont menés 0-1, mais l’arbitre envoie un rouge à Makelele parce qu’il l’a confondu avec Karembeu. Coup-franc à 40m pour Lens, grosse bronca du public qui balance le tifo sur la pelouse. Dans la confusion, Sikora prend le ballon, avance de 10m. Il tire: lucarne, 1-1. Dans le cul les Canaris.

 Le maillot qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

J’en ai eu un pendant une saison en club, vers mes 13 ans: j’ai jamais su si c’était un manche courte ou un manche longue. Et épais comme une côte de mailles avec ça. Sinon, deux maillots de Lens: celui de marque Olympic, avec des rayures verticales pas de la même largeur, sponsorisé par Shopi. Le col était tellement dur que je me suis coupé la gorge avec un jour. Mais je l’ai fait signer par Roger Boli et Pierre Laigle, alors je peux te dire qu’il est encore dans mon armoire. Et l’autre, en 96 je crois, le 3e maillot. Un bleu délavé pourri, avec des reflets verts. C’était supposé être moderne, mais Shopi était toujours sponsor du club.  Faut dire qu’il y en avait un sur le parking de Bollaert. Putain c’est un Mac Do maintenant.

Le petit Antoine Maes supporter du RC Lens

 Le club qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

 A ton avis ?? Mais Lens quoi ! Tu sais, y a un truc à savoir sur le Racing, parce que je te vois venir avec tes moqueries. Comme Martel savait bien que les supporters partaient peu en vacances, il avait monté un truc qui s’appelait « La tournée d’été du Racing ». C’était une sorte de caravane géante du club qui passait dans des bleds genre Hazebrouck ou Saint-Omer et encore plus petit souvent.  Je crois que ça existe encore. Il y avait des concerts de François Valéry, ce genre de réjouissances. En hommage au club, j’ai trouvé ma femme par là : elle a grandi à 1km de La Gaillette.

 Le Coach qui pour toi symbolise #LeFootballVrai

J’avais un immense respect pour Michel le Millinaire, breton avec un physique de Druide. Il me faisait physiquement peur. Et en parlant de druide, évidemment, Daniel Leclercq. Il débarque à la Lens à la fin de la saison 96/97 comme adjoint de Roger Lemerre. Et je crois que juste avant, il tient un bistrot à Valenciennes. Un mec qui a osé diriger un Lille-Lens avec un maillot du Racing sur le dos. Après faut avouer qu’on ne captait pas toujours ce qu’il disait. Lui non plus, sûrement.

 Le sandwich qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le magnifique « AFA » : Américain Filet Américain. Trois quarts de baguette remplie de tartare industrielle, on balance un demi kilo de frite imbibées de gras dessus, on n’oublie pas le supplément mayo et trois ou quatre bières. Avec ça, tu supportes sans forcer ton Lens-Sochaux à 21h par -4°.

 La boisson qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le « Pschitt », comme l’a déjà dit l’excellent Yohann Hautbois. Je me rappelle aussi que Steve Savidan, à Valenciennes, quand ils étaient encore en L2, pouvait recevoir les journalistes à 12h chez lui et leur offrir un wiskhy-coca. Enfin c’est ce qu’on m’a dit.

 La compétition qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le challenge Emile-Olivier. Un tournoi amical à quatre équipes qui se jouait en juillet au Stadium Nord, avec les quatre meilleures nordistes. Quand tu fais ramasseur de balle et que tu dois arrêter les frappes de Sébastien Dallet, franchement, ça marque. Et puis c’est là, en 96 que j’ai découvert un vrai génie: Sacha Rytchkov. Je dois être le seul français à avoir son autographe. Va voir sa fiche wikipedia, ça te donne envie de te suicider. Ce qui explique son contrôle positif au cannabis, sans doute.

 La coupe de cheveux qui symbolise pour toi #LeFootballVrai

Quand j’étais ado, je voulais me teindre en gris argenté, façon Yohan Micoud.  Mais c’est pas très #LeFootballVrai. Alors j’en donne deux autres : celle de Jaques Glassmann, l’homme qui a coulé l’OM. Franchement, c’était mi coupe au bol mi-nuque longue, tu sentais bien qu’il avait pas eu le temps de passer chez le coiffeur avant de devenir une star. Et Mika Debêve aussi, plus dans un style playmobile. En puis il avait la Harley qui allait avec.  J’ai une image pour toi, sur son but contre Bastia, ici, à la 35e seconde.  Valérien Ismaël teint en blond, Vairelles et sa nuque longue, et Debève. Enorme.

Propos recueillis par Guy Truite et Alex Cariou

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2 réflexions au sujet de « #LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 2: Antoine Maes »

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