Pourquoi le Sporting Club de Bastia mérite sa place en Ligue 1 ?

maoulida_bastia_montée_ligue 1_photo

La semaine dernière notre bonne vieille Ligain a basculé dans une autre dimension en voyant débarquer en son sein un des tous meilleurs joueurs du monde, le stratosphérique attaquant suèdois, Zlatan Ibrahimovic . Les Qataris investissent sans compter pour attirer les meilleurs joueurs du monde et nous ne pouvons que nous en réjouir à condition que ce phénomène se reproduise dans d’autres clubs. Malheureusement, si cela arrive, nous allons voir mourir lentement le « foot à papa », autrement dit le foot populaire. Ce football-là, que j’apprécie par-dessus tout, un club l’incarne à merveille. Il s’agit du SC Bastia.

Pour ne rien vous cacher ça fait plus de 20 ans que je passe mes vacances dans le Cap Corse, plus précisément dans la charmante commune d’Ersa, où j’ai des amis de longue date fans du Sporting. Certains m’ont reproché de ne pas avoir fait de papier sur l’extraordinaire saison de leur club couronnée par un retour parmi l’élite. Et ces lecteurs du blog, que je remercie au passage pour leur fidélité, ont raison. Au fil des années j’ai appris à apprécier ce club et voilà pourquoi je me réjouis de son retour parmi les 20 meilleurs de l’hexagone.

Parce que le SCB a atteint une finale de Coupe d’Europe

Comme la France n’a remporté qu’une seule fois une Coupe d’Europe encore existante, elle se doit de ne pas oublier ceux qui ont été à un cheveu de décrocher un trophée continental. En 1978, la bande à feu Claude Papi qui compte notamment dans ses rangs le néerlandais Johnny Rep (Vice-champion du Monde en 1974) avait fait tomber Le Sporting Portugal, Newcastle, Torino, les Est Allemands de Iena, les Grashoppers de Zurich avant de s’incliner face au PSV Eindovhen. Ce parcours exceptionnel a inspiré à ce génie incompris qu’est Hubert Tempête une chanson intemporelle qui reste dans la mémoire collective insulaire.

Parce que pour son retour en Coupe UEFA le SCB a vengé L’OM

Je ne cesse jamais de répéter que la demi-finale OM – Benfica Lisbonne ponctuée par la terrible main de Vata reste mon plus douloureux souvenir de supporter olympien. 19 ans après l’épopée de 1978 le Sporting renoue avec la Coupe UEFA  et se paie la tête des Portugais. Les bastiais vont chercher leur qualification en arrachant un 0-0 au stade de la Luz qui fait suite à une victoire à Furiani. C’est Pierre-Yves André qui inscrit l’unique but de la partie. L’affront est en partie lavé. Au tour suivant, les Corses se feront éliminer par le Steaua Bucarest.

Parce que Moravcik à Bastia était l’équivalent de Maradona à Naples

Après 6 saisons passées à Saint-Etienne ce génial et caractériel meneur de jeu Slovaque rejoint le SCB en 1996. Il n’y reste que deux saisons. Suffisant pour marquer le club de son empreinte. je me souviens m’être baladé dans Bastia au printemps 1998 et voir Lubomir partout dans la ville via casquettes, drapeaux et t-shirts à son effigie. Les Bastiais n’avaient d’yeux que pour lui. Jamais je n’aurais imaginé qu’un joueur puisse être idolâtré à ce point depuis Diego à Naples.

Parce que du côté de Furiani football et poésie n’ont souvent fait qu’un

Si je vous dis Cyril Rool, Sébastien Perez, Cyril Jeunechamp, Frédéric Mendy, Laurent Moracchini, Franck Jurietti, Piotr Świerczewski (et j’en oublie)… Vous vous laissez emporter par un tourbillon de gestes techniques plus raffinés les uns que les autres. Leur spécialité, le tacle les deux pieds décollés au niveau de la carotide. Ajouter à cela un public certes peu nombreux mais beaucoup plus hostile que la moyenne et vous comprenez pourquoi il a toujours été difficile pour l’adversaire de se faire respecter sur la pelouse du stade Armand Cesari.

Néanmoins, à l’image de Moravcik, ce lieu a vu aussi passer de « vrais joueurs de ballon ». Des défenseurs classieux comme Morleye Soumah et Vitorino Hilton. Ou encore des manieurs de balle tels que Stéphane Ziani, Reynald Pedros, Jocelyn Gourvennec ou encore Yann Lachuer. Sans oublier mon chouchou, le tout jeune retraité Laurent Batlles.

Parce qu’il a révélé un des meilleurs milieux de terrain d’Europe

Alors qu’il évolue dans son pays au FC Accra, le Ghanéen Michael Essien, tout juste âgé de 17 ans, séduit les recruteurs de Manchester United lors des  Championnats du Monde Junior 2000. Mais à la surprise générale l’ex-gardien bastiais Fabien Piveteau qui est aujourd’hui son agent le convainc de parfaire sa formation sur l’Ile de beauté. Dès ses premières apparitions, il crève l’écran et on connaît la suite… Lyon puis Chelsea. Même s’il connaît un sérieux coup de mou depuis 2 saisons, Essien a autre que fait ses preuves reste une référence au poste de milieu défensif. Le camerounais Alexandre Song suit actuellement ses traces mais lui a quitté directement Bastia pour l’Angleterre et Arsenal en 2005 à l’âge de 18 ans.

Parce qu’un Bastiais a gagné la très convoitée coupe des confédérations.

Lors de la saison 2000-2001, Frédéric Née termine meilleur buteur français du championnat avec un total de 16 buts. Cette performance, qu’il doit en grande partie à son compère Pierre-Yves André, lui vaut de faire partie du groupe France qui dispute la coupe des confédérations en Corée du Sud. Sa seule et unique sélection face à l’Australie (défaite des Bleus 1-0) est à ce jour la dernière d’un joueur insulaire. Il a succédé dans le coeur des Bastiais au Monténégrin Anto Drobnjak ( 50 buts en 3 saisons).

Après le départ de Frédéric à Lyon, Tony Vairelles et sa banane reprennent le flambeau et qualifient le Sporting pour la finale de la Coupe de France. Malheureusement, les Corses sont défaits par Lorient en finale et ne ramènent pas un 2eme trophée, 21 ans après celui remporté face à Saint-Etienne et 10 ans après la catastrophe de Furiani.

Parce que comme Liverpool, le SCB s’est relevé après un terrible drame

Nous avons célébré cette année un triste anniversaire. Celui du drame de Furiani qui le 5 mai 1992 a vu 18 personnes perdre la vie suite à l’effondrement d’une tribune montée à la hâte, à l’occasion de la réception de L’OM en demi-finale de la Coupe de France. Ajoutez à cela près de 3000 blessés et ce sont tous les Corses qui sont touchés de prés ou de loin par le drame. Pour l’anecdote, 3 jours après ce 20eme anniversaire, je me suis retrouvé devant la stèle érigée à la mémoire des victimes du Stade d’Hillsborough  à Anfield Road. Le 15 avril 1989, 96 supporters des Reds avaient péri à Sheffield suite à une bousculade. Liverppol s’en est relevé. Tout comme Le Sporting. Seulement 2 ans après ce traumatisme il retrouve la D1 et y repointe le bout de son nez 20 ans après la tragédie.

Parce que même si ce stade est pourri, Furiani c’est grosse ambiance garantie

La seule fois où j’ai mis les pieds dans ce stade c’était en août pour une victoire bastiaise face à Monaco, l’ancien club de Patrick Valéry. Il se trouve que cet ancien « poète » de la défense corse assistait à ce match en virage, accompagné de ces deux enfants et vêtu d’un très sobre pantacourt blanc cassé. C’est le fantasque attaquant libérien Daye Prince qui inscrit le seul but du match alors que son équipe évolue à 10.

En début de seconde période Florian Maurice est exclu pour avoir marqué de la main. Les esprits s’échauffent sur la pelouse et naturellement dans les tribunes. Tout près de moi, un supporter tente même de sauter le grillage pour aller déverser sa haine sur les joueurs de Didier Deschamps. Mais le stadier l’en empèche et l’homme à bout de nerf lui ordonne d’aller frapper les monégasques… j’ai cru rêver. Pendant plus d’une demi-heure, 11 guerriers et 10 000 spectateurs survoltés se sont accrochés à ce résultat. Une vraie bonne soirée de foot avec du suspense et de la tension. Comme on aimerait en voir tous les week ends.

Parce que la magagne va reprendre de plus belle avec mes amis corses avant et après OM-Bastia.

La magagne est un terme insulaire qui désigne l’art de chambrer gentiment un camarade. Je vous avoue que ces dernières années ça m’a quelque peu manqué pendant mes vacances car vu que nos deux clubs ne boxaient pas dans la même catégorie, on n’avait pas grand chose à se dire niveau foot. Cette année, vu le mercato olympien, je pense que mes amis supporters partent avec une longueur d’avance dans la partie. Mais seule la vérité du terrain compte. En tous cas je vous donne rendez-vous le 11 août au comptoir à Morsiglia pour asister à Sochaux – Bastia, histoire de commencer la saison sur des bases saines. Car un match dans un bar où le Ricard est à 1 euro et où le patron met la sienne une fois sur deux, ça ne se manque pour rien au monde.

GUY TRUITE

À lire aussi : 

Hommage à Xavier Pentecôte

Les joueurs de Ligue 1 à Chelsea ou le destin d’Eden Hazard

Top 5 du Southampton FC ou de l’Angleterre qui forme

Publicités

4 réflexions au sujet de « Pourquoi le Sporting Club de Bastia mérite sa place en Ligue 1 ? »

  1. Ping : Alter Live 1

  2. Ping : Sylvain Kastendeuch : Quand ballon rime avec menton. | Guy Truite

  3. Ping : #LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 4: Matteu Maestracci | Guy Truite

  4. Ping : L’OM à Bordeaux: parfois si prés, souvent trop loin. | Guy Truite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s