Maradona vs. Riquelme : Fusil contra fusil

juan_roman_riquelme_diego_maradona_clash_boca_juniors_photo

En Argentine, j’imagine qu’on peut rigoler de beaucoup de choses. Rigoler, ou critiquer beaucoup de choses. Mais s’il y a bien une chose à ne pas faire, c’est s’en prendre publiquement à Diego Maradona. Il y en a un là-bas qui paye encore sa note, c’est Juan Roman Riquelme. Il aurait pu avoir une carrière de lèche cul, un peu comme Verón, ou une carrière discrète à la Ortega. Non, lui, il a décidé de se mettre à dos El Diez. Autrement dit, le mauvais type.

Hier, mercredi 18 juillet, Diego Maradona a donc décider de faire encore parler de lui. Invité sur une radio argentine, Metro 951, dans l’émission Perros de la Calle (ndlr : les chiens de la rue), il a jugé bon de laver son linge sale avec Juan Roman Riquelme à l’antenne (à écouter ici). Et quand Diego a envie de faire parler de lui, avouons le, il est bon.

En cause, les déclarations de Riquelme suite à la défaite de son club, Boca, contre les brésiliens des Corinthians en finale de la Copa Libertadores :  « J’ai communiqué au Président que je n’allais pas continuer (avec Boca). J’aime ce club auquel je serais reconnaissant pour toujours, mais je me sens vidé et je n’ai plus rien lui donner de plus ».

Le milieu de 34 ans, qui a joué près de 500 matches et inscrit plus de 130 buts ajoute que « ça fait 16 ans qu’il joue au foot. Et que maintenant, il souhaite juste rentrer chez lui, retrouver sa famille, manger avec ses amis et qu’il demande pardon à son fils de ne pas avoir pu soulever la Copa Libertadores ».

Il n’en fallait pas plus pour que Diego se paye son meilleur ennemi. Après l’avoir accusé d’être un traître et de laisser tomber Boca, il lui a gentiment apporté ses lumières en lui conseillant d’aller se remplir à une pompe. Comme ça, c’est dit. Mais finalement, pourquoi en rester là ? Après tout l’histoire d’amour entre « El Roman » et Maradona ne date pas d’hier. C’était donc l’occasion rêvée pour ce dernier d’en rajouter une couche et d’enfoncer encore un peu plus l’autre numéro 10 de Boca.

Notez bien l’utilisation de la 3ème personne. Oui Maradona a du recul vis-à-vis de lui-même : « Le sujet Riquelme me surprend. Je lui dirais, que bon, c’est bien, un jour il a un problème avec Maradona et il dit non à la Sélection. Mais ce que tu peux pas faire, c’est t’embrouiller avec 70 millions de personnes ! Si t’es vide, va te remplir ! […] Si il veut s’embrouiller avec Maradona, il me trouve ou alors c’est moi qui le trouve. Ce qu’il ne peut pas faire c’est trahir les 75% de ce pays qui sont fans de Boca ! »… et de surenchérir :  « Il parlait d’éthique, moi j’ai pas discuté avec lui.  Si tu veux t’embrouiller avec Maradona, vas y mon frère, viens me chercher. Moi je vais te chercher, y’a pas de problèmes. Mais tu peux pas être vidé au moment où tu perds la Copa Libertardores et après tu trahis les trois quarts du pays qui sont fans de Boca ». Pan. Ainsi parla Dieu.

diego_maradona_interview_radio_riquelme_photo

Une histoire d’amour qui a débuté entre les deux hommes en 2008. A l’époque le Pibe de Oro prend les rênes de la sélection argentine et leurs vues sur la tactique divergent. Evidemment Maradona a beau être considéré comme un demi-Dieu dans son pays, il n’en reste pas moins que son aura d’entraîneur n’est pas flamboyant. Et forcément, le clash entre Riquelme et son nouveau sélectionneur intervient à moins de deux ans de la Coupe du Monde. Une dispute qui, en 2009, poussera le leader de Boca vers sa retraite internationale (la 2nde et dernière) en paraphant l’incompatibilité d’humeur avec le nouveau sélectionneur de l’Albiceleste (ndlr : Riquelme avait appris à la radio qu’il n’était pas sélectionné pour jouer contre la France). Les supporters de Boca s’étaient alors insurgés contre Maradona qui s’était fait conspuer et s’était fait interpeller lui même comme un « traître ».

Le petit génie et presque indispensable Juan Roman Riquelme ne participera donc pas à sa deuxième coupe du monde :  « Tant que Maradona sera sélectionneur, je ne reviendrai pas en sélection […] nous n’avons pas la même éthique.» déclarait-il entre autres. La réponse ne s’était pas attendre de la part de Maradona : « Il a pris une décision maladroite qui rend vraiment triste, mais je ne vais pas me mettre à pleurer […] Celui qui renonce ne revient plus ! » Pan. Ainsi parla Dieu.

L’ironie du sort, c’est que pendant ses adieux en 2001, Diego avait porté le maillot de… Riquelme…Une anecdote que sa fille Dalma n’a pas manqué de lui rappeler en traitant son père d’imbécile. Mais voilà probablement la seule personne d’Argentine à pouvoir critiquer publiquement le Dieu Diego.

GUY NESS

À lire aussi : 

France vs. Argentine : pourquoi j’ai toujours rêvé d’être argentin

Joyeux anniversaire Martín Palermo

Joyeux anniversaire Gabriel Batistuta

Joyeux anniversaire Lucho Gonzalez

Publicités

2 réflexions au sujet de « Maradona vs. Riquelme : Fusil contra fusil »

  1. Ping : La coupe d’europe des pré-reléguables ; une petite mélodie marketing | Guy Truite

  2. Ping : #LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 4: Matteu Maestracci | Guy Truite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s