Vicente del Bosque est-il le meilleur entraîneur de foot de l’histoire ?

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Vicente del Bosque est devenu le week-end dernier le premier entraîneur à réaliser le doublé Coupe du Monde – Euro. Le tout avec une moustache pleine de tortilla et un look de vendeur d’assurance. Mais au-delà du simple événement, quel statut cela donne-t-il à l’homme dans la grande Histoire des entraîneurs de football ? Éléments de réponse.

Classer et comparer les joueurs et entraîneurs de toute époque a toujours été un grand jeu, aussi grotesque que de savoir si le rhinocéros est plus fort que l’éléphant ou si Lionel Messi mettrait la misère à Maradona. Malgré cet obstacle intellectuel indéniable, je me suis tout de même frotté à l’exercice par amour pour l’enquête footballistique.

Première étape : fixer des règles arbitraires et autoritaires permettant de comparer avec objectivité les différentes époques et pays. Le classement qui suit est donc basé sur les critères suivants :

  • Championnats : Seuls les titres acquis dans les 5 plus grands pays d’Europe ont été comptabilisés, à savoir l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et la France. Pour la France, on est d’accord qu’aujourd’hui, c’est plutôt moins fort que le Portugal. Mais depuis les années 50, notre bonne vieille Ligue 1 est quand même plus relevée que le championnat belge, écossais, hollandais ou portugais.

  • Coupes : Seules les coupes nationales (Coupe, Coupe de la Ligue) dans ces mêmes pays ont eu grâce à mes yeux. Les supercoupes et autres Charity Shield ne sont pour moi que mascarades et ne représentent rien. S’il faut avoir en effet été champion pour pouvoir jouer ce type de match, le titre en lui-même est suffisamment valorisant. Cela concerne également la Coupe Intercontinentale ou le Championnat du Monde des Clubs.

  • Coupes européennes : Nous sommes tous d’accord, surtout les marseillais, la Ligue des Champions a bien plus de valeur que la Coupe des Coupes (surtout quand elle est gagnée grâce à N’Gotty). Cela étant, ce dernier titre reste une consécration européenne et sera donc pris en compte. La C1, C2 et C3 sont donc comptabilisées, quelque soit le pays d’origine du club (la victoire de Porto en C1 en 2004 par exemple).

  • Coupe du Monde et Euro sont bien évidemment les deux compétitions les plus valorisées car les plus rares et les plus prestigieuses. Dans une logique européenne, j’exclus la Copa Libertadores même si j’ai énormément d’estime pour cette compétition. Le Ballon d’Or concerne le meilleur joueur évoluant en Europe, il en sera de même pour l’entraîneur.

Une fois ces règles fixées, il a fallu établir un barème de points pour chaque titre remporté. De manière tout aussi unilatérale, j’ai donc attribué les points selon cette grille :

  • Coupe du Monde : 15 points

  • Euro : 10 points

  • C1 : 7 points

  • C2/C3 : 5 points

  • Championnat : 5 points

  • Coupe nationale : 2 points

Ces règles sont évidemment injustes pour certains entraîneurs, dont le plus illustre exemple est Ernst Happel, double vainqueur de la Ligue des Champions avec Hambourg et Feyenoord, mais qui n’est même pas présent dans le top 20 malgré ses nombreux titres acquis en Belgique et aux Pays-Bas. Elles ne permettent pas non plus de valoriser les qualités de formation de certains entraîneurs, le sens du recrutement d’autres ou l’apport tactique de quelques-uns comme Arrigo Sacchi ou Marcelo Bielsa. Mais le but premier d’un entraîneur de haut niveau reste quand même la victoire.

Maintenant que cela est dit, place aux résultats :

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Quels enseignements peut-on tirer d’un si beau tableau ? Tout d’abord, pour répondre à la question posée en titre de cet article, non, Del Bosque n’est pas le plus grand entraîneur du monde. L’Euro remporté par l’Espagne cette année a en revanche permis à Vicente de sortir du bois et intégrer le top 10 des meilleurs entraineurs de l’histoire. Seulement neuvième on pourrait même se dire au vu des 2 Ligue des Champions remportées par la moustache espagnole avec le Real Madrid. Mais voilà, Del Bosque n’entraîne pas depuis très longtemps et ce classement met en valeur la longévité exceptionnelle de certains entraîneurs.

C’est donc tout naturellement que Ferguson se place premier de ce classement. Presqu’auteur d’un double-double coupe-championnat, il a également flambé en europe avec deux Ligue des Champions et une méconnue Coupe des Coupes avec Aberdeen en 1983. Le plus impressionnant dans tout ça est qu’il ne semble toujours pas prêt à prendre sa retraite et qu’il peut encore ajouter quelques lignes à son palmarès. Et donc grappiller encore quelques points pour passer la barre des 100…

Giovanni Trappattoni et Udo Lattek complètent le podium en profitant notamment tous les deux d’années fastes dans leur club fétiche, la Juventus pour le premier, le Bayern Munich pour le deuxième. Leurs passages dans d’autres clubs ont également été couronnés de succès mais sur une période plus courte (Inter Milan et Bayern Munich pour le Trap’, Mönchengladbach et Barcelone pour Lattek). Ils ont également tous les deux réussi l’exploit de réaliser le triplé des coupes européennes (C1, C2, C3). Classe.

Du côté des français, deux représentants dans ce classement. Aimé Jacquet qui, au-delà de sa Coupe du Monde, aura connu de belles années avec Bordeaux à la fin des années 80 qui lui permettent de se classer dans ce top 20. Arsène Wenger clôt lui le classement à égalité avec Franz Beckenbauer et Roberto Mancini, avec comme particularité commune avec l’italien d’être le seul à n’avoir remporté aucun titre internationale (Coupes d’Europes ou titres en sélection). Il aurait pourtant déjà pu remporter le triplé sans le Werder Brême, Galatasaray et le FC Barcelone…

Si on rapporte le nombre de points gagnés au nombre d’années passées sur un banc, c’est sans surprise Pep Guardiola qui se classe premier avec 8,25 points marqués par années. À ce rythme-là, il va falloir qu’il se remette vite au travail parce qu’il lui faudrait quand même encore 8 ans pour dépasser Sir Alex. L’autre surdoué du coaching, José Mourinho, n’est pas si Special à ce niveau. Il ne se classe que troisième assez loin de son ex-rival barcelonais (5,40 points) et surtout derrière le légendaire Bob Paisley qui en seulement 9 saisons sur le banc de Liverpool avait ramené à Anfield 6 titres de champion, 3 Coupes d’Europe des Clubs Champions et 1 Coupe UEFA. Pour la défense du Portugais, il se classe tout de même déjà 8ème du classement général après seulement 10 années d’expérience, le tout sans comptabiliser les deux championnats et la coupe du Portugal remportés avec Porto.

Parmi les autres rapides enseignements que l’on peut tirer de ce classement, nous remarquons que l’Italie place le plus de représentants dans ce top 20, validant ainsi la réputation de savoir-faire tactique transalpin, avec 5 coachs (Trapattoni, Lippi, Capello, Rocco, Mancini), que huit classés sont encore en poste et que quatre entraîneurs seulement sont champions du monde.

Si on peut donc remettre en cause les postulats de ce classement, regretter le mépris des titres conquis dans les autres pays et déplorer la seule valorisation d’un entraîneur par ses titres, cette infographie aura tout de même le mérite de mettre en valeur les grands coachs qui ont marqué l’histoire du football européen et mondial. Et placer les entraîneurs une bonne fois pour toute sous les projecteurs. Car si un bon entraîneur ne peut rien faire sans de bon joueurs, un très bon joueur ne deviendra jamais grand sans un excellent entraîneur. Comme ce bon vieux Del Bosque.

SIR GUY

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2 réflexions au sujet de « Vicente del Bosque est-il le meilleur entraîneur de foot de l’histoire ? »

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