EURO 2012 : Bilan du nouveau paysage footballistique européen

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Cet Euro 2012 s’est donc achevé hier soir par la victoire écrasante d’une Espagne qui devient désormais unique dans l’Histoire du football. Cette compétition fut belle, intense, surprenante. Enfin une belle publicité pour le football international à une époque où l’on ne jure que par les clubs et après une triste coupe du monde 2010. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est la confirmation que le paysage footballistique a clairement évolué ces dernières années, mettant à mal toutes nos certitudes, nos idées reçues et nos clichés si sécurisants. Décryptage de cette évolution.

ESPAGNE

Avant : Un beautiful loser accumulant les joueurs de talent sans arriver à gagner s’étant transformé en winner ultime, associant style et succès au point de devenir la référence mondial en terme de football depuis 2008.

Après : Voici ce que j’avais écrit avant la finale : « Une équipe un peu chiante à regarder devant laquelle ne se régalent que les tacticiens les plus pointus. Une équipe qui ne fait même plus confiance à ses attaquants et qui préfère multiplier les tripoteurs de ballon, certes ultra-talentueux, mais un peu mono-maniaques du redoublement de passe. Le rouge et l’or du drapeau autrefois si flamboyants apparaissent désormais bien ternes. » Je dois bien reconnaître que la finale d’hier m’a un peu renvoyé dans les cordes. Mais avec une équipe d’Italie plus fraiche physiquement et un joueur du PSG moins fragile, ça aurait peut-être été différent…

Objectif 2014 : Battre le record du monde de passes réussies en un match, avoir une équipe avec 11 milieux de terrain et  réussir l’après Xavi.

ITALIE

Avant : Une équipe marquée par le fer rouge du catenaccio et par les clichés stéréotypés sur le football italien (une occaze, un but, tout le monde devant sa défense…).

Après : Une équipe joueuse et mangeuse portée par deux des joueurs les plus classes de l’histoire (Pirlo et Buffon), des soldats irréprochables (Marchisio, De Rossi, Chiellini) et un duo de fou furieux en attaque (Balotelli, Cassano). Le mieux, c’est que ça marche (presque) aussi comme ça. Les vrais vainqueurs de ce tournoi.

Objectif 2014 : Le Ballon d’Or pour Mario Balotelli. Et vivre sans Pirlo.

PORTUGAL

Avant : Une équipe faite d’individualités uniquement tournées vers le dribble et orpheline de tout n°9 depuis le départ de Pauleta (qu’on ne me parle pas de Nuno Gomes). Et qui ne gagne jamais.

Après : Une équipe faite d’individualités uniquement tournés vers le dribble et orpheline de tout n°9 depuis le départ de Pauleta (qu’on ne me parle par de Helder Postiga). Mais qui aurait mérité de gagner. Le mauvais goût capillaire des portugais est lui en revanche immuable (n’est-ce pas messieurs Veloso, Coentrao et Meireles ?).

Objectif 2014 : Trouver un n°9, espérer que Cristiano Ronaldo soit encore plus fort et trouver un bon coiffeur bordel !

ALLEMAGNE

Avant : une machine à gagner qui basait son jeu sur l’efficacité, la rigueur et l’agressivité.

Après : Une machine à jouer qui base son jeu sur le mouvement, la passe et le talent. Mais qui ne sait plus gagner. En attendant 2014 ?

Objectif 2014 : Grandir, mûrir et muscler son jeu. Ou alors cette génération va au devant de grandes déconvenues.

ANGLETERRE

Avant : Une équipe un peu rock’n’roll qu’on ne prenait jamais complètement au sérieux à cause de son gardien de but.

Après : Une équipe qui s’est réappropriée le catenaccio italien pour devenir le pays de la défense. Après les duels tactico-défensifs entre Chelsea et Liverpoo en Ligue des Champions, la stratégie frileuse de Sir Alex en coupe d’Europe et le triomphe du Chelsea cuvée 2012, une nouvelle tradition semble être née au pays du kick’n’ruch. Sans plus de succès.

Objectif 2014 : Réapprendre à jouer au foot, faire une queue de cheval à Wayne Rooney et couper celle d’Andy Carroll.

PAYS-BAS

Avant : Une équipe de rêve par les stars et par le jeu (même si ça commence à dater…) devenue une équipe sans idées mais capable de faire mal.

Après : Une équipe ultra-talentueuse mais sans tactique, sans leader et sans intérêt devenu presqu’inoffensive. Une parodie.

Objectif 2014 : Mettre à la retraite Robben et Sneijder. Apprende l’humilité.

FRANCE

Avant : Un pays qui aime ses footballeurs quand ils gagnent, qui les cloue au pilori quand ça ne va pas.

Après : Ben en fait rien n’a changé pour les Bleus. Et si c’était ça le plus grave ?

Objectif 2014 : Changer les joueurs, changer les supporters et changer les journalistes. Repartons sur des bases saines.

SIR GUY

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2 réflexions au sujet de « EURO 2012 : Bilan du nouveau paysage footballistique européen »

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