Joyeux anniversaire Paolo Maldini, loser magnifique.

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Tout le monde connaît la magnifique carrière du sublime Paolo Maldini. 25 années dans un des plus grands clubs du monde, plus de 900 matchs disputés en rouge et noir (un record), plus jeune joueur à avoir porté le maillot du Milan AC à tout juste 16 ans, 7 titres de champions d’Italie et 5 Ligue des Champions remportées. Mais ce n’est pas cette incroyable longévité, cette liste de records sans fin et sa belle gueule qui rendent l’italien si attachant. Ce qui le différencie des machines à gagner comme Michael Schumacher ou Rafael Nadal, ce sont ses failles. Et les siennes portent toutes le drapeau vert, blanc et rouge de l’Italie. Symbole ultime de la gagne en club, il sera également celui de la lose nationale tout long de ses 126 sélections avec la Squadra Azzura. Retour sur la face B de la carrière dil signor Maldini en 6 épisodes.

Euro 1988: La découverte du goût de la défaite  

Tout juste auréolé de son premier titre en professionnel avec le championnat d’Italie, le premier pour le Milan AC depuis près de 10 ans, le jeune Paolo, alors âgé de 19 ans, partit à la conquête de l’Europe avec son mentor Franco Baresi. Après avoir bien résisté aux allemands chez eux en phase de poule, les italiens tombèrent face à une très belle équipe d’URSS en demi-finale, à quelques mois de la chute du mur de Berlin. Enfoirés de communistes. Résultat : ce seront des hollandais triomphant qui reviendront dans les vestiaires du Milan l’année suivante, n’arrangeant pas leur arrogance. Mais Paolo était encore jeune et avait un avenir doré devant lui.

Coupe du Monde 1990 : L’immense tristesse nationale

Pour la première fois depuis les années Mussolini, l’Italie organisait à nouveau la Coupe du Monde. Et en 1934, elle l’avait emporté. Si les italiens avaient encore besoin de certitudes avant la compétition, ils pouvaient toujours regarder du côté de leurs clubs, en particulier en direction du Milan AC de Maldini et de ses succès consécutifs en Coupe d’Europe des Clubs Champions (1989 et 1990). Si la grande différence entre les Rossoneri et la sélection italienne était l’absence du trio magique Rijkaard-Gullit-van Basten, les italiens pouvaient tout de même compter sur le sens du but de Salvatore Schillaci, la doublette de la Sampdoria Vialli-Mancini et le talent de la nouvelle pépite du football italien Roberto Baggio.

Lorsque l’équipe d’Italie se rendit à Naples pour sa demi-finale face au tenant du titre argentin, on voyait mal comment les coéquipiers de Maradona pouvaient les priver d’une finale à domicile. Car si l’Albiceleste était un peu miraculée dans cette compétition, les italiens n’avaient eux rien laissé au hasard avec 5 victoires en autant de matchs et aucun but encaissé. Mais c’était sans compter sur la chevelure de Caniggia qui poussera Maldini et ses coéquipiers à ce qui deviendra une véritable torture pour le milanais, les tirs aux buts. Donadoni et Serena échouèrent face à Goycochea brisant les rêves italiens. Une victoire dans le match pour la 3ème place et une sélection dans l’équipe-type de la compétition seront de maigres consolations pour Maldini et une Italie en pleurs.

Coupe du Monde 1994 : Le cauchemar américain

Quatre ans plus tard, après avoir difficilement digéré la déception de 90 par une non-qualification à l’Euro 1992, les italiens parvinrent cette fois-ci à se qualifier pour la finale de Coupe du Monde disputée aux Etats-Unis. Mais c’est une fois de plus les tirs aux buts qui mirent fin aux rêves de Maldini & co. Alors qu’il sortait d’une saison de rêve avec le Milan AC, réalisant pour la première fois le doublé Championnat – Ligue des Champions, ayant notamment donné une leçon au FC Barcelone de Cruyff en finale, l’italien ne réalisera pas la saison parfaite à 25 ans, la faute à un penalty de Baggio dans les tribunes du Rose Bowl de Los Angeles. La queue de cheval la plus célèbre du football avait pourtant jusqu’ici réalisée une Coupe du Monde exceptionnelle. Cette année-là, Maldini terminera 3ème du Ballon d’Or, son meilleur classement (comme en 2003). Pas de regrets pour Paolo, il ne l’aurait de toute façon pas remporté, Roberto Baggio terminant devant lui

Coupe du Monde 1998 : La bête noire française

Troisième coupe du monde disputée par Maldini et troisième défaite aux penalty. Après l’Argentine et le Brésil, c’est cette fois-ci la France, futur vainqueur, qui ajoutera une ligne de plus à la malédiction maldiniesque. Une fois encore, Roberto Baggio aurait pu être le héros de ce match avec une reprise de volée à quelques centimètres de la lucarne de Barthez. Mais l’histoire bégayant, l’Italie perdit. Dix ans s’étaient écoulé depuis l’Euro 1988 et Maldini n’avait toujours rien gagné avec l’équipe d’Italie. A 29 ans, il restait du temps mais il fallait désormais se hâter.

Euro 2000 : La tragédie italienne

Sans aucun doute l’épisode le plus douloureux pour n’importe quel italien. Un véritable traumatisme. Héroiques en demi-finale face aux Pays-Bas à Amsterdam, les italiens étaient semble-t-il parvenu à conjurer leur mauvais sort avec la loterie des tirs aux buts, les Oranjes ratant 3 de leur 4 tentatives, après en avoir déjà raté deux au cours du match. La suite vous la connaissez…Maldini venait lui de perdre sa deuxième finale majeure avec l’Italie. Il aurait pu tout gagner et rendre le palmarès de Deschamps presque ridicule. Il ne gagnera jamais.

Coupe du Monde 2002 : L’ultime désillusion

Le Coupe du Monde 2002 sera la dernière compétition officielle disputée par Maldini avec l’Italie. Et ce dernier match pour le capitaine de la sélection sera comme une blague. Opposé aux survitaminés coréens du sud en huitième de finale, l’Italie verra Totti se faire expulser très sévèrement dès la 13ème minute, Vieri lui donner l’avantage à la 18ème minute et Ahn Jung-Hwan (à moins que ce soit un autre, ils se ressemblent tous ces coréens, surtout habillés en footballeur) l’éliminer par un but en or à la 119ème minute. Cela aura finalement la décence d’éviter à Maldini un nouveau traumatisme aux tirs aux buts.

Quatre ans plus tard, en Allemagne, là où l’histoire avait commencé pour Maldini en 1988, l’Italie sera sacrée championne du monde, prenant enfin sa revanche sur la France. Ironiquement, ils l’emportèrent aux tirs aux buts. Injustement, c’est Cannavaro qui sera sacré Ballon d’Or, trophée qui aurait du revenir mille fois à Maldini. Mais Paolo ne sera jamais un roi couronné.

SIR GUY

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4 réflexions au sujet de « Joyeux anniversaire Paolo Maldini, loser magnifique. »

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