Enfin voir Anfield : Guy Truite envoyé spécial pour Liverpool-Chelsea (4-1)

Je ne vous cache pas que picoler tous les jours, ça coûte cher. De temps en temps pour finir le mois, je suis obligé d’aller sous tirer de l’argent à ma mère. Celle-ci se révélant être sénile et docile, je n’éprouve aucun mal à lui plumer une partie de sa fortune. Il y a un mois, j’ai décidé de me payer un petit plaisir supplémentaire… Je me suis rendu compte que ça fait des années que je rêve d’aller à Liverpool pour assister à un match à Anfield Road/ Il fallait donc gratter quelques centaines d’euros de plus à la vieille pour arriver à mes fins. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je me suis pointé chez elle avec une place pour le prochain concert de Frédéric François au Dôme que m’avait gentiment offert mon ami Mario Albano. Et ça n’a pas manqué !! La mama était aux anges. J’ai pu donc me booker ce petit séjour sur les bords de la Mersey entre le 7 et le 9 mai dernier.

Dans le Bus qui m’amène à l’aéroport de Roissy, je regoute aux joies du Multiplex de Ligain à la radio. Pendant que L’OM réalisait une première mi-temps insipide à Saint-Etienne, Bordeaux mettait une véritable fessée et l’AJA s’envoyait lentement mais sûrement en L2. Après une heure d’attente et deux pintes chaudasses au bar du terminal 2B, j’embarquais pour deux jours en solitaire dans le nord de l’Angleterre.

A ma descente de l’avion, j’eus droit à un accueil en règle puisqu’une pluie diluvienne s’abattait sur le tarmac du John Lennon Airport. Je sautais donc dans le premier taxi venu et d’entrée je commence à parler foot avec le chauffeur qui me dit qu’il se souvient de la venue de L’OM à Liverpool. Je pris un malin plaisir à lui rappeler que mon club a été le premier de l’hexagone à s’imposer à Anfield. Je me suis abstenu de lui dire que Valbuena avait marqué car je pensais que ce chauffeur ne méritait pas une telle humiliation. Une fois arrivé à mon hôtel à proximité des docks, je me dirige vers le premier pub venu pour ne pas me coucher le ventre vide. Bonne nouvelle, la pinte coûte 2,50 £, soit un peu moins de 4 euros. C’est cadeau par rapport à Paris. Mais voulant vivre pleinement le lendemain je décidais de rester relativement sobre.

Mardi 8 mai, c’est le grand jour. Après un petit dej typiquement local dont j’ai soigneusement doublé la ration, je décidais de commémorer l’autre grande fierté de cette ville, 4 garçons dans le vent qui répondent aux prénoms de John, Paul, Ringo et George. Vous aurez bien entendu reconnu les Beatles. Un musée qui retrace leur carrière est situé au niveau d’Albert Dock. La visite a duré à peu prés une heure et ce fut passionnant pour le fan de rock que je suis de se replonger dans la courte mais finalement intense histoire de ce groupe qui aura marqué à jamais l’histoire de la musique. Après une matinée déjà riche en émotion, je pouvais désormais me concentrer sur mon objectif ultime, Anfield.

Guy Truite aime les oeufs au plat et les saucisses

Après 20 minutes de bus, premier choc, je me retrouve au pied du Kop des Reds, devant ce stade mythique. Le deuxième choc, c’est la tristesse de ce quartier…des traditionnelles maisons en brique rouge et des commerces vieillots. L’impression d’être dans les années 70. Il est environ 15h et il fait déjà soif. Je prends donc mes quartiers dans un pub juste en face du stade.

Je me retrouve aux côtés d’un vieux couple d’alcooliques, un papy qui lit son journal, 3 fans des Reds pesant chacun un quintal et demi et un serveur rouquin. En prime, alors que je viens de me faire servir une Carling à température parfaite, un petit vieux fait son apparition et lâche un rot d’un autre monde suivi d’un éclat de rire qui en disait long sur la fierté qu’il éprouvait en accomplissant ce geste noble. Le décor est planté et il est moche. Mais je me sens bien dans ce bar car je suis au plus prés du peuple rouge. On sent du désespoir et de la souffrance chez ces gens et l’on comprend pourquoi ils aiment tant leur club. Parce que lui seul peut semble t-il leur redonner de la fierté.

Après un peu plus d’une heure passée dans ce bar, je décide d’aller me promener autour du stade. Les vendeurs ambulants d’écharpes et autres produits dérivés à la gloire du LFC prennent peu à peu leurs quartiers. Puis sans le vouloir je me retrouve nez à nez avec le mémorial dédié aux victimes de la catastrophe du stade d’Hilsborough à Sheffield dont on a célébré le 23ème anniversaire il y a un mois. Sur ce mémorial est inscrit le nom et l’âge des 96 personnes qui avaient péri dans un terrible mouvement de foule avant le coup d’envoi d’une demi-finale de FA Cup. Il faut savoir qu’environ 80% d’entre elles avaient moins de 30 ans.

Après quelques minutes de recueillement, il était temps de se rendre à une réception organisée par le club et de s’en foutre plein le bide. Un diner d’avant match m’avait été offert avec la place de stade. Je m’étais payé une formule high level, merci maman. Il était un peu plus de 17 heures et j’ai eu droit à un vrai gueuleton. Notamment à ce plat qui aux premiers abords s’apparente à ce que j’ai l’habitude de pondre une à deux fois par jour mais qui se trouve être une succulente « saucisse – purée ».

La gastronomie anglaise…

Pour se mettre dans l’ambiance, on a eu droit à la projection d’un documentaire regroupant les 100 meilleurs moments de l’histoire du club. J’y ai revu des images du quart de finale de C1 1977 entre les Reds de Keegan et l’ASSE. Et là je me suis rendu compte pourquoi le Kop d’Anfield était mythique…Les gars étaient serrés comme des sardines au fond de cette boite (toujours placer une citation de Pat Sébastien, c’est de bon ton) et hurlaient pendant 90 minutes. Mais j’ai vu aussi l’horreur. Cette demi-finale retour de la Champions League 2005. Luis Garcia ouvre le score face à Chelsea dans une ambiance surréaliste quand soudain apparaît sur l’écran un certain Djimi Traoré. J’ai failli rendre mon diner mais j’ai résisté.

Après s’être parfaitement conditionné, il était temps de pénétrer dans le stade. A une demie heure du coup d’envoi, je prends place à l’opposé du kop. Même s’il n’y a pas d’ambiance car les anglais ont pour habitude d’arriver tard, les premiers frissons se font déjà ressentir. J’assiste à l’échauffement des 2 équipes et je vis un mini drame. Drogba et surtout Gerrard ne sont pas sur le terrain. Quelques minutes plus tard, le speaker confirme leur absence…je ne verrai pas Steven, ce magicien. Je suis profondément déçu.

Il est un peu moins de 20 heures, les 22 acteurs pénètrent sur la pelouse. Le stade est plein à craquer. Je suis prêt. Prêt à entendre le plus bel hymne du monde, « You’ll never walk alone ». C’est comme je l’avais imaginé… ça vous prend aux tripes, vous transporte. Ca ne se raconte pas, ça se vit et j’ai eu ce privilège. Ma soirée est déjà une totale réussite alors que le match n’a pas débuté. Il ne reste plus qu’à espèrer un succès des reds pour que la fête soit totale.

J’ai été servi !! une victoire 4 buts à 1 avec notamment 3 buts de Liverpool inscrits de mon côté. Le stade était donc en fusion et s’est en partie consolé de la défaite en finale de la FA Cup quelques jours plus tôt déjà face à Chelsea. Par chance, j’ai réussi à capter en vidéo le 3eme goal des reds inscrit par Agger.

Ce public m’a subjugué. Quand un chant démarre, c’est tout le stade qui reprend en chœur. Mais ce qui est impressionnant c’est qu’entre 2 chants, le silence règne. J’ai même entendu le bruit du ballon à plusieurs reprises. Il faut savoir également que peu d’insultes se perdent dans le stade. Torres s’est fait conspué à chaque fois qu’il touchait le ballon et dans une moindre mesure John Terry. L’adversaire ne se fait pas insulter mais chambrer. Le Kop se plaisait à chanter que Chelsea n’avait pas d’histoire. C’est ce que j’ai cru comprendre avec mon anglais approximatif. C’est autrement plus classe qu’un Paris on t’encule. Il est un peu moins de 22 heures et la partie s’achève. J’ai passé une soirée fantastique, inoubliable.

Je retourne ensuite au restaurant où j’avais passé l’après midi pour m’enfiler un burger et une pinte de Carling vite fait bien fait. Pour aller choper mon bus je repasse devant le mémorial d’Hilsborough où un attroupement de supporters attend la sortie des joueurs. Je décide donc d’en faire de même et je n’ai pas été déçu. J’ai croisé qu’un seul joueur mais quel joueur ! Robbie Fowler passait dans le coin, en ami. A la mi-temps il est venu sur la pelouse en compagnie d’un autre mythe rouge, John Barnes pour tirer des pénaltys à la mascotte du club. Jeu grotesque mais qu’importe.

Après ce bref mais grand moment, je pouvais rentrer tranquillement non sans boire une dernière pinte dans un pub du quartier. Paradoxalement j’ai décidé de ne pas faire la fête comme à mon habitude. Je voulais savourer ce moment unique dont j’avais tant rêvé, me souvenir de chaque instant. Cependant, le lendemain il pleuvait et je devais rendre ma chambre à midi et me barrer à 16 heures. Pour tuer le temps je suis allé visiter 3 pubs dont l’équivalent d’un PMU peuplé de septuagénaires monodentés. Pour couronner le tout, je me suis fini au Burger King avec un triple Whooper. La perfection et le sentiment de repartir avec le sentiment du devoir accompli.

L’orgasme fait junk food

GUY TRUITE

PS : Pour ceux qui éventuellement voudraient une analyse plus poussée du match, c’est chez mes amis de la Reds academy

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6 réflexions au sujet de « Enfin voir Anfield : Guy Truite envoyé spécial pour Liverpool-Chelsea (4-1) »

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  2. Monsieur Truite,
    Vous avez parfaitement analysé la situation, seul bémol, Monsieur TRAORE, ancien joueur de Liverpool est un très grand joueur puisqu’il a signé cette année à l’Olympique de Marseille!!!
    Un supporter indiconditionnel de l’OM,
    Salut Florian, Michel B

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