Le futur du ballon rond ou une touche de truite dans un monde de foot

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On met de côté la politique, l’augmentation des frais de scolarité au Québec, la fin du monde, les roumains, le thon rouge et l’hépatite A. Parlons de quelque chose qui, a ce jour, est la top-priorité : Que va devenir le Football, d’ici 10, 20, 30 années ? Que faut-il faire pour que ce sport ne sombre pas dans l’anonymat, qu’il se fasse bouffer par le fric, la sur-mondialisation, la stupidité, ou encore, le foutre ? Nous allons essayer d’y répondre.

Le Foot, avant…

Quand je regarde 30 ans en arrière, je regarde un sport qui fait déjà beaucoup parler de lui. Il faut croire que, depuis que la terre tourne, que les gens ne se déplacent plus à cheval et que la télévision est devenue le meuble N°1 des gens, le foot est le sport, généralisons un peu, le loisir N°1 du peuple, principalement hommes et presque femmes. C’est un peu le coiffeur, le 90 minutes dans la salle de bain à se maquiller du keum. Le monde tourne autour de ça, même si tu ne l’aimes pas forcément.

Il y eut une époque où l’on voyait de grands joueurs, des joueurs qui étaient passionnés sur un terrain de foot, qui ne se souciaient guère du salaire qu’ils touchaient, qui ne vivaient pas dans une médiatisation constante, obligés de cultiver leur médiocre cerveau pour apprendre à parler devant un micro. Ils étaient aussi peu réceptifs au monde qui les entourait, malgré quelques exceptions, mais largement au-dessus de ce que nous vivons en ce moment. Ne postaient pas sur Facebook des photos d’eux en mode « beau gosse », portant des jeans hors de prix, diamants sur les oreilles (pour toi Brandao). Il y eut une époque où les joueurs ne découvraient pas qu’ils allaient se faire virer dans la presse, un temps où on appelait son dirigeant « papa ».

A partir du moment où ce sport a touché la médiatisation, le décalage s’est avéré monstrueux. Le footballeur s’est mis à penser « image » au lieu de « terrain ». Il y a 30 ans on comptait de bons joueurs et des joueurs qui, pour beaucoup, étaient des dieux. Maintenant, nous avons un des meilleurs joueur de foot de l’histoire (manque plus qu’une Coupe du Monde), des joueurs au talent exceptionnel, malgré leur look douteux, et pour finir une bande de moutons, des gosses stupides et des business guys.

On ne va pas refaire l’histoire dans ces quelques lignes, mais je me pose cette question : Où va ce sport ? Allons-nous tomber dans un gouffre sans fin, où il n’y aura plus que l’argent ? Comment faire pour que cette épidémie de l‘égo surdimensionné prenne fin ? Comment faire évoluer ce jeu dans le bon sens ? Quelles sont les solutions ?

Voici donc quatre idées, quatre propositions déjà développées par d’autres ou non, non-exhaustives, mais qui pourraient peut-être faire du bien au jeu ou au moins à l’égo de certains.

1/ Passer à des matchs à 10 contre 10, pour plus de fluidité

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Le constat est là : La tactique a fait place à la technique de nos jours. On court plus, plus vite, plus longtemps. Les lents et les gros sont décriés. Alors pourquoi ne pas rendre le jeu plus athlétique encore ? Et du coup virer un joueur sur le terrain et créer plus d’espace ?

L’exemple : Qui n’a jamais eu le souvenir d’un match où une équipe se retrouve à dix après une expulsion et se retrouve totalement libérée sur le terrain ? Je ne prend pas en compte les championnats étrangers, hors-jeu pour le coup, mais le championnat français a eu des journées à 11 buts en 9 matchs…il faut le faire quand-même.

Il ne faut pas oublier que ce sport est d’abord un spectacle. On est friand du jeu à la barcelonaise. On trouve un match « exceptionnel » quand il finit sur un 5 à 5. Alors, quitte à zapper les prochains points, être radical pour le jeu dans l’optique de retrouver le rayonnement footballistique d’antan, allons-y franchement !

L’ère du joueur mangeur de saucisson est révolue. Et si l’on ne souhaite pas se retrouver avec 11 chèvres qui font quatorze gris-gris avant d’atteindre la surface de but, la seule solution que je trouve est de créer des brèches.

La phrase à sortir après cet argument : « Dans l’espace André-Pierre, dans l’espace !!! », « Ils sont passés dans les intervalles…euh les intervaux »

2/ L’arbitrage vidéo bordel !

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Le constat est là : Tu es filmé presque partout maintenant. Le robot a fait place à l’homme dans les constructions de bagnole. Alors, une perte d’emploi ou deux, ça passe. Surtout si c’est pour arrêter de se prendre la tête…

L’exemple : Car il faut se rappeler que la première raison du pétage de plomb devant un match de foot est le hors-jeu. Qui n’a jamais eu une réaction du type « Mais y a pas hors-jeu !! ». Stress négatif puissance 1000. De plus, je ne doute pas que ça se ressentira au niveau du jeu, moins de fautes stupides, moins d’énervement. Place au foot.

La phrase a sortir après cet argument : « Il faut vivre avec son temps.« , « Le rugby le fait bien, pourquoi pas le foot ?« , « De toute façon, j’ai jamais pu le blairer Platini…« 

3/ Revoir cette règle du hors-jeu, du coup…

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Le constat est là : C’est quoi qui a poussé un mec a se dire « il faut instaurer une règle comme quoi les footballeurs ne puissent pas faire des blocs sur le terrain » ? C’est pour les branleurs comme moi qui, en poussins, se mettaient devant et attendaient de choper le ballon. Seul, comme un con. Mais je respecte parfaitement cette règle. Cependant, pourquoi ne pas l’alléger ? Genre : au lieu d’être pointilleux, il faut que le joueur adverse soit à une distance inférieure à 2 mètres du défenseur ? Tu créeras des guerriers mec ! Et puis ça nous éviterait les dizaines de ralenti pendant les 5 minutes suivant chaque hors-jeu, qu’il soit sifflé ou non.

L’exemple : De toute façon, comme je le disais plus haut, le prototype du joueur 2012 est un mec endurant, rapide et technique. C’est pareil en défense. Je prends l’exemple de Taiwo : mauvais techniquement mais pour le reste il y en a peu comme lui. Un attaquant à deux mètres devant se fait rattraper à 76% des cas. Si cette règle est pour sauver les gros défenseurs, elle ne sert plus à rien de nos jours. Où juste à nous faire chier.

La phrase à sortir après cet argument : « Mais, franchement, ils ne sont pas mauvais ces putains d’arbitres ??« 

4/ Remplacement infini

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Le constat est là : Une équipe fait ses trois changements, et puis un des joueurs se blesse gravement. Il n’y a pas de solution pour ça. On sollicite des joueurs pour être performants 50 matchs par an, et on critique leur manque de rendement pendant une compétition internationale. Mais on se moque de qui ?

L’exemple : Le Hand et le Basket, qui deviennent de plus en plus médiatisés, apportent un plaisir de spectateur qui se rapproche dangereusement de notre sport favori, surtout car cette gestion des changements amène une dynamique sportive constante. Et le résultat est là : il y a très rarement des blessures graves. Au foot…je ris.

La phrase a sortir après cet argument : « Imagine tu gardes Juninho jusqu’à ses 50 ans et tu le fais rentrer juste pour les coups-francs ?« 

5/ Revenir aux tuniques classiques, sans nom au dos

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Le constat est là : Les joueurs vivent sur leur image. Mis à part un minorité de joueurs, beaucoup vivent au dessus de leurs moyens, déjà stratosphériques, et n’arrivent pas à mettre un centime de côté. Pourquoi ? Pour avoir le sentiment d’avoir la plus grosse. Résultat, les joueurs au talent fou sont gangrenés par un environnement fait de voitures à 100 000 euros, bande de potes vautours et slips de mauvais goût. Enlever leur nom sur le maillot leur mettrait un bon coup psychologique dans la tronche : tu es d’abord un pion, aux ordres de l’équipe. Ce sport n’est pas individuel.

L’exemple : Il n’y en a pas de précis. Mais on retrouve à chaque problème sportif, de résultats par exemple, le mot « psychologique ». Prenons l’OM. En ce moment c’est sportivement (on reparlera des supporters, qui sont de bons cas sociaux aussi) très difficile, et ce qui ressort c’est « psychologiquement, l’équipe n’y est plus ». Ok. Mais pourquoi donc ?

L’extra-sportif, tout simplement. Le joueur veut être payé tant, le joueur veut partir à tel endroit, le joueur pète plus haut que son cul. Et chez certains, c’est ce caractère qui crée le résultat. Mais pas pour tous. Loin de là. Et personne n’arrive à trouver un juste milieu. Tu joues dans un des clubs les plus médiatisés au monde. Tu dois faire preuve d’un caractère et d’une confiance en toi à toute épreuve. Vrai. Mais ce n’est pas l’extérieur qui va te la donner cette confiance. Surtout pas la télévision et les journaux. Mais bien le système.

La phrase a sortir après cet argument : « Il y a que des 10 dans ma team !!!« 

Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce qu’il faut changer dans ce monde de brute pour sauver la baraque ?

EL PIGUYSTE

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Une réflexion au sujet de « Le futur du ballon rond ou une touche de truite dans un monde de foot »

  1. Bon article cher Guy comme souvent ( cirage de pompes Acte II 😉 ) mais et il y a un mais.

    « 1/ Passer à des matchs à 10 contre 10, pour plus de fluidité »

    Soit. C’est pas con. MAIS ( et on y arrive ) je ne pense pas que le foot soit désormais plus technique que tactique, c’est peux-être même le contraire. Car mis a part certains précurseurs plutôt branchés « jeu » tels que « Coco » Suaudeau, Johann Cruijff, et Zdenek Zeman, ou « bétonneur » comme l’était Karl Rappan ou Helenio Herrera pour son « catenaccio », le football était « jadis » beaucoup plus technique, moins physique, et tactiquement on avait rarement l’occasion d’assister à une partie d’échecs. Mais c’était plus lent, puisque moins athlétique, il y avait moins de « billards », des ballons et des chaussures plus lourdes… ça peut paraître insignifiant mais l’accumulation de ces critères avait une influence. Je trouve que c’était plus beau, plus léché, moins calculé, avec moins de « tout droit ».

    Autre chose et éclaire ma lanterne. Selon toi, il faudrait rendre le jeu plus athlétique. En foot « plus athlétique » quand on parle d’un match qui pourrait se jouer à 10 contre 10 c’est juste. Puisque plus d’espace à parcourir. Mais le parallèle avec le beau jeu et donc avec le Barca, je ne comprends pas. Comme celui avec le championnat français, qui pour le coup est emmerdant car peu d’ambition de jeu et peu d’espace pour les attaquants. Mais en Angleterre et en Allemagne voire en Espagne, les équipes jouent à 11 contre 11 et quand le score et/ou le spectacle sont au rendez-vous, ça ne résulte pas (forcément) d’expulsions antérieures pendant un match.

    Voilà pour le monologue écrit !

    Quentin alias « Becks »

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