18 avril 1990 – Benfica-OM : Bien loin de la main de Dieu

om_benfica_1990_main_vata_photo

Samedi dernier, l’OM a remporté un nouveau trophée. Même si çe n’est que la coupe montée de toute pièce par le sosie de Ned Flanders, je prends quand même vue la situation désastreuse dans laquelle les phocéens se trouvaient en championnat. Mais par respect pour nos lecteurs et, en particulier ceux qui ne sont pas amoureux du maillot blanc, je me dois d’évoquer de temps à autres les défaites et donc les déceptions. Il y a 22 ans s’est jouée une demi finale retour de Coupe d’Europe des Clubs Champions, dans un pays où truelle et épilation du maillot ne font pas forcément bon ménage.

Trois jours après avoir remporté une bataille décisive dans la course au titre de champion de France face aux Girondins de Bordeaux chers à mon brillant acolyte Claude Pèze, grâce à un doublé de Waddle, l’OM doit se rendre à Lisbonne pour affronter Benfica emmené notamment par de futurs parisiens, Valdo et Ricardo.

L’OM aborde ce match retour en étant qualifié mais dispose d’une faible marge de manœuvre. Certes il y a eu victoire 2-1 au Vélodrome mais l’ouverture du score de Lima dans le premier quart d’heure est venue gâcher le spectacle. Les portugais avait profité de la fébrilité de Jean Castaneda qui avait dû remplacer Gaëtan Huard victime d’une fracture du tibia péroné en quart de finale face à Sofia. Gérard Gili a préféré privilégier l’expérience de l’ex-portier Stéphanois à la jeunesse de Guillaume Warmuz.

Mais ce qu’on regrettera par-dessus tout lors de ce match aller, c’est le nombre d’occasions vendangées par les olympiens et en particulier par le grand Enzo Francescoli. Pour la faire simple, même si on peut plus parler de manque de réussite que de maladresse, Ibrahima Bakayoko aurait rêvé que son jubilé soit la copie conforme de ce match.

Le coup d’envoi du match retour au stade de la Luz  est donné à 22h, heure pour le moins inhabituelle. Je me souviens que TF1 n’avait pas bouleversé ses programmes en maintenant Jean-Pierre Foucault et sa « Sacrée Soirée » à l’antenne. Durant ce show, J.P avait mis en place un duplex avec les pin’s parlant pour faire monter la pression avant ce grand rendez-vous. La seule chose qui m’aura marqué dans cette émission et même dans ce programme en règle générale, c’est son générique… Quel art du swing quand même !! Merci Gérard Louvin pour ça !! pas pour le reste…

Pratiquement 2 heures avant le match, le stade lisboète est archi-comble. 120 000 spectateurs sont chauffés à blanc par un speaker en transe. Même Eusébio, légende de Benfica et du foot portugais dans les années 60, n’hésita pas à s’emparer du micro pour haranguer ses supporters. Pour ne rien arranger, la poignée de marseillais qui a eu le courage de faire ce déplacement se sent toute petite et a en plus eu droit à un accueil qui était loin d’être chaleureux.

Sur le terrain, l’OM est dominé mais fait mieux que résister en se créant même quelques opportunités. Même si la pression portugaise se fait sentir l’OM semble tenir une qualification pour la première finale européenne de son histoire jusqu’à cette fameuse 83ème minute…

Malgré les cris de désespoir de Jean-Michel Larqué suite aux différents ralentis, il est trop tard… l’attaquant angolais Vata a marqué de la main et l’arbitre belge Marcel Van Langenhove n’a rien vu ou n’a rien voulu voir à en croire les déclarations de Bernard Tapie après la rencontre. « Maintenant j’ai compris ». Sous entendu, il faut se mettre l’homme en noir dans sa poche et se fait vider les poches pour qu’il arbitre à votre goût…

om_benfica_1990_main_vata_le_provencal_photo

On aura beau retourner le problème dans tous les sens, la déception est là et elle restera pour moi comme la plus grande que j’ai vécue depuis que l’OM est entrée dans ma vie. Certes il y a eu la terrible défaite à Bari face à Belgrade l’année suivante mais les olympiens ne pouvaient s’en prendre qu’à eux même en n’étant pas parvenu à convertir ne serait-ce qu’une seule de ses multiples occasions.

L’épisode Benfica a réellement été ressenti comme une injustice. Même si je ne pense pas que les phocéens auraient pu battre le monstre milanais en finale, ce match est le symbole de mon premier chagrin olympien et je ne pourrai jamais l’effacer malgré les plusieurs titres de champion et surtout la C1 que cette fabuleuse génération a décrochées.

Quatre ans après la main de Dieu, la main du Diable a giflé Marseille et contrairement à Maradona, ses performances footballistiques ne lui auront pas permis de faire oublier partiellement son geste.

GUY TRUITE

A lire aussi : 

20 mars 1991, OM – Milan AC : le dernier quart de finale de C1 des marseillais

Spécial OM-Inter : Alvaro Recoba, il a presque porté les 2 maillots

Décès du Vélodrome (1937 – 1996) : 16 ans déjà…

REPORTAGE – Le Noël de l’Olympique de Marseille

Publicités

5 réflexions au sujet de « 18 avril 1990 – Benfica-OM : Bien loin de la main de Dieu »

  1. Ping : TOP 10 – Demi-finales retour de Ligue des Champions | Guy Truite

  2. Ping : Pourquoi le Sporting Club de Bastia mérite sa place en Ligue 1 ? | Guy Truite

  3. Ping : Pourquoi le Sporting Club de Bastia mérite sa place en Ligue 1 ? | Guy Truite

  4. Ping : L’OM à Bordeaux: parfois si prés, souvent trop loin. | Guy Truite

  5. Ping : Brest-OM: Les Olympiens s’aiment peu à Francis Le Blé | Guy Truite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s