La filiation en football : tel père tel fils ?

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Être “fils de” est souvent présenté comme une malédiction par les principaux concernés et comme une véritable chance par les autres. Il faut quand même reconnaître qu’il est plus facile d’être chanteur quand on est bien né. Ou alors qu’on m’explique le succès d’Enrique Iglesias. Mais, selon les caractères et les personnes, il y a différentes approches : l’acceptation totale comme pour Sean Lennon ou Lulu Gainsbourg (un peu trop pour ce dernier), le rejet frontal comme David Halliday ou Guillaume Depardieu ou la réussite héréditaire, que ce soit dans le même milieu comme Vincent Cassel, ou dans un autre pour Joakim Noah. A l’occasion de l’anniversaire de Christian Gourcuff (tout est prétexte), Guy Truite s’est posé la question : et en foot, comment vit-on cette destinée ?

1. « COMMENT J’AI TUÉ MON PÈRE » OU LE CAS MATTHIEU CHEDID

Certains joueurs n’ont pas eu peur de se frotter à la comparaison avec le paternel, parvenant même à faire mieux. Au point de devenir plus célèbre que le père.

Christian Gourcuff – Yoann Gourcuff : Si le père et le fils font preuve d’une très grande complicité, au point de croire que Yoyo ne pourrait retrouver la forme que sous les ordres de papounet, leurs carrières de joueur sont incomparables. Le fils, bien qu’ayant disparu de la circulation depuis le titre avec Bordeaux en 2009, a déjà connu le Milan AC, un transfert à sensation pour Lyon et 28 sélections en Équipe de France. Le père a du lui se contenter de clubs bretons et d’expérimentations en Suisse avec le FC La Chaux-de-Fonds ou au Canada chez les Supra Montréal. Et d’entraîner Lorient.

Jean Djorkaeff – Youri Djorkaeff : Papa Djorkaeff a eu une très belle carrière, entre Lyon, Marseille et Paris et compte 48 sélections en Équipe de France. Mais difficile de lutter avec le fiston membre de la génération 98-2000 championne du monde et d’europe. Sans compter la carrière italienne du pseudo rappeur Youri. Au point que l’aîné est maintenant plus connu pour faire les tirages au sort de la Coupe de France avec Laurent Luyat…

Frank Lampard Sr – Frank Lampard Jr : Je passe sur le fait que le père n’a rien trouvé de mieux qu’appeler son fils comme lui (gros beauf). La principale différence entre les deux, c’est Chelsea. Car Frank the First a passé quasiment toute sa carrière à West Ham, devenant même le deuxième joueur à avoir le plus porté le maillot des Hammers (674), là où le fils a débuté la sienne. Sauf que Frank fils est parti chez les Blues, remplissant l’étagère de trophées familiale seulement remplie de deux Cup par le père, et devenant le 5ème meilleur buteur de l’histoire de la Premier League.

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Frank Jr regarde avec anxiété son futur d'alcoolique qui l'attend alors que la retraite s'approche...

2. “LA GLOIRE DE MON PÈRE » OU LE CAS ANTHONY DELON

L’ombre du père est parfois en revanche bien trop présente pour le fils. Trop fort, trop brillant, trop charismatique, être “fils de” peut donc être un vrai handicap pour s’épanouir dans le football. Ou alors c’est juste que le talent n’est pas héréditaire.

Alain Giresse – Thibault Giresse : Véritable légende du football français, membre du Carré Magique des Bleux avec Platini, Tigana et Fernandez champion d’Europe en 1984, buteur à Séville lors de la demi-finale mythique de Coupe du Monde perdue face à l’Allemagne en 1982, Alain n’aura transmis à son fils que sa petite taille. Car si Thibault fait une carrière honnête de Toulouse à Guingamp en passant par Amiens, il a plus l’étoffe d’un joueur de Ligue 2 que de celui de meilleur buteur de l’histoire des Girondins de Bordeaux.

Peter Schmeichel – Kasper Schmeichel : Même blondeur, même poste mais le talent et le charisme en moins. On ne présente plus Peter, sans doute le meilleur gardien de Manchester United époque Ferguson, membre actif du triplé de 1999 et champion d’Europe avec le Danemark en 1992. Le fils se balade lui de club en club, étant un peu le Nouvel Explorateur d’Angleterre (Darlington, Bury, Falkirk, Cardiff, Coventry, Nottingham, Leeds et Leicester).

Johan Cruyff – Jordi Cruyff : L’exemple le plus frappant. Face au génie, la vista, l’élégance, le palmarès, l’égo et la présence médiatique de l’ancien attaquant de l’Ajax, du Barça et des Pays-Bas des 70’s, difficile de lutter. Surtout quand en plus on a un prénom ridicule (sans parler de la coupe de cheveux). Au moins le père lui aura permis de jouer à Barcelone quand il en était entraîneur. En revanche, je ne comprendrai jamais pourquoi Ferguson l’a fait venir à Manchester en 1996…

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Alors fiston, elle te plaît cette visite du Camp Nou ?

3. « MON PÈRE, CE HÉROS » OU LE CAS LOUIS GARREL  

Se lancer dans une carrière est souvent plus simple avec l’aide de papa. On profite des amis de la famille, on trouve un stage facilement, un premier job bien payé, pendant que les autres galèrent. En football, l’idéal étant que papa soit entraîneur.

Brian Clough – Nigel Clough : Le père est connu pour sa fantastique carrière d’entraîneur, du titre avec Derby County à ses deux Ligue des Champions consécutives remportées avec Nottingham Forest (1979 et 1980) en passant par son expérience malheureuse à Leeds. Pour son sens de la formule aussi. En 1984, il a donc lancé le fiston qui ne quittera le club de Robin des Bois qu’en 1993 avec le départ à la retraite de son père. A noter qu’il marche pleinement dans les pas de son papa puisqu’il est depuis 2009 l’entraîneur de Derby County, lieu des premiers exploits du paternel. La vie de Brian.

Alex Ferguson – Darren Ferguson : Bien qu’au début des années 90, Alex Ferguson était encore loin d’être Sir, il n’hésita pas à faire porter le maillot des Red Devils à son fils. Bon, en quatre ans, cela ne se passera que 28 fois, le père pouvant difficilement continuer à faire de la place à son fils aux côtés de Giggs, Ince, Robson, Scholes et Keane. Le fils est désormais manager de Peterborough United, club de Championship. United, presque comme papa.

Harry Redknapp – Jamie Redknapp : L’actuel entraîneur de Tottenham commença sa carrière sur le banc à Bournemouth en 1983. Il lancera son fils 6 ans plus tard en deuxième division. Mais le talent de Jamie étant trop élevé pour ce petit club du sud-ouest d’Angleterre et le fils quittera rapidement le père pour rejoindre Liverpool, club dans lequel il restera 11 ans et où il formera la génération Spice Boys avec Steve McManaman et Robbie Fowler. A noter que le fiston a sûrement pris plus de la mère physiquement que du père. A moins que le facteur…

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Putain Jamie, j'suis bourré...

4. « COMME TON PÈRE » OU LE CAS VINCENT CASSEL

Il y a des familles un peu énervantes où, de père en fils, on est toujours aussi fort. Un peu comme si le talent était en fait un gêne qui pouvait se transmettre de génération en génération. Énervant et décourageant.

Abedi Pelé – André Ayew : Heureusement qu’Abedi jouait sous le nom de Pelé parce qu’on aurait vraiment du mal à les distinguer. Même gueule, même physique, même style de jeu, même club. Alors certes, André n’en est qu’au début de sa carrière, il ne remportera sûrement jamais de Ligue des Champions avec l’OM, ne portera jamais une queue ridicule, mais à tout juste 22 ans, il a le potentiel pour faire encore mieux que son père, pourtant triple Ballon d’Or africain.

Juan Ramon Veron – Juan Sebastian Veron : Filiation moins connue en Europe, les Veron représentent en Argentine une des familles les plus talentueuses de l’histoire. Longtemps l’ombre du père a d’ailleurs semblé gêner le fils, malgré une très belle carrière italienne (à la Sampdoria, Parme et à la Lazio Rome de Nesta) et plus de 70 sélections avec l’Albiceleste. Car les argentins sont des sentimentaux et préféreront toujours les joueurs faisant gagner l’Argentine, en club ou en sélection. Et avec ses 3 Copa Libertadores avec Estudiantes de La Plata, le père avait placé la barre haute. Il aura fallu attendre 2009 pour voir le fils, surnommé La Brujita (la petite sorcière) car son père avait lui hérité de celui de Bruja (la sorcière), égaler définitivement son aïeul grâce à une Copa Libertadores également remportée avec Estudiantes.

Cesare Maldini – Paolo Maldini : Le père a passé 12 ans au Milan AC, le fils 24. Le père a remporté la première Ligue des Champions pour un club italien en 1963, le fils en a remporté 5. Le père était beau, le fils encore plus. Cesare est une légende, Paolo un Dieu. Jusqu’où ira Christian, 15 ans et déjà membre du centre de formation du Milan AC ?

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SIR GUY

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