FOOT VINTAGE : les Queens Park Rangers 1966-67

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Ben alors mon vieux Pete Doherty, 33 ans aujourd’hui ! Quand je pense que tout le monde t’annonçait comme la prochaine victime de la mystérieuse liste des 27 (Hendrix, Joplin, Jones etc…). Remarque ça aurait vraiment été dommage quand on écoute ton excellent « Grace/Wastelands« … En revanche, le club de ton coeur, les Queens Park Rangers, est lui sur la voix royale pour disparaître de l’élite du football anglais.

Malgré le recrutement clinquant du mercato d’hiver, la défaite du week-end dernier face Bolton a précipité les coéquipiers de Joey Barton dans la zone rouge. Et les prochaines semaines s’annoncent particulièrement compliquées. Affronter Liverpool, Arsenal, Manchester United, Tottenham, Chelsea et Manchester City au cours des dix prochaines et dernières journées de championnat pour se maintenir, on a connu plus facile. C’est pourquoi, en ce jour important, pour remonter ton petit moral de rockeur, je t’ai réservé une petite surprise via un voyage dans le temps dans le Londres des années 60, période dorée pour la musique mais aussi décennie qui verra QPR remporter son seul titre majeur, la League Cup 1966-67. Happy birthday Pete !

Avant toute chose, le musicien anglais que tu es doit se remettre dans le contexte béni de cette époque. Nous sommes à Londres, au début de l’année 1967. A cette époque, les joyaux de la couronne britannique, les Beatles, sont en pleine mue, de boys-band pour midinettes à groupe majeur dans l’histoire de la musique avec la sortie des indispensables « Revolver » en 1966 et du futur « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » en juin. Un autre groupe est en train d’affoler la scène londonienne avec leur brûlant « Aftermath », les adolescentes s’imaginant under the thumb de Mick Jagger ou complètement « Paint in black » avec Keith Richards.

L’effervescence du swinging london est à son comble. Chaque jour, un nouvel artiste, un nouveau groupe débarque, chaque fois plus talentueux, plus créatif. Jimi Hendrix et son Jimi Hendrix Experience réinventent le blues, Jim Morrison et ses Doors provoquent avec les titres sulfureux de leur premier album pendant que s’affairent de l’autre côté de l’Atlantique quelques new-yorkais et une chanteuse allemande sous la coupe d’Andy Warhol pour bientôt offrir au monde « The Velvet Underground & Nico » et la plus fameuse pochette d’album de l’histoire. C’est quand même autre chose que Coldplay, Muse ou Razorlight hein Pete ?

Niveau foot, tu vas voir, c’était classe aussi, surtout pour les britanniques. A cette époque, l’Angleterre était championne du monde, le Ballon d’Or, Bobby Charlton, était écossais, Manchester United alignait déjà son trio magique avec donc Charlton, Law et Best, et les Celtic Glasgow étaient sur le chemin de la première victoire britannique en Ligue des Champions après une domination sans partage de l’Europe du Sud, du Real Madrid de Di Stefano, du Benfica d’Eusebio ou encore de l’Inter Milan de Luis Suarez.

Et tes Rangers dans tout ça ? Ben QPR était un club de troisième division au début de cette saison 1966-67, pas vraiment le profil des héros. Et pourtant, au cours d’une finale à Wembley face à West Bromwich Albion, cette équipe va rentrer dans la légende, pas uniquement dans celle du club londonien, mais bien dans celle du football anglais. Car, en ce 4 mars 1967, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de ce match un moment unique dans l’histoire. Tout d’abord, c’était la première fois que la finale de la League Cup se disputait à Wembley, les finales précédentes se disputant en match aller-retour. Ensuite, les Rangers étaient l’invité surprise, the small poucet d’une finale face au tenant du titre WBA, club de première division anglaise. Puis, il y a eu le scénario du match.

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Très rapidement, les londoniens furent menés sur un but de Clive Clark, l’attaquant anglais doublant même la mise juste avant le repos. A la mi-temps, Queens Park Rangers étaient donc mené 2-0 et, malgré de belles intentions, subissaient le réalisme professionnel de West Brom. Mais cette belle histoire ne pouvait se terminer sur une pareille désillusion et le miracle eut lieu devant prêt de 100 000 spectateurs. Au cours d’une deuxième mi-temps renversante, Roger Morgan, Rodney Marsh et Mark Lazarus inversèrent la tendance et firent de l’exploit une réalité.

Rodney Marsh, tu t’en rappelles Pete ? C’était un peu le George Best du club, cheveux longs, talent fou et grande gueule. “Je n’étais pas le Pelé blanc, il était le Rodney Marsh noir”. Superbe d’arrogance. Tu savais d’ailleurs qu’on le voyait sur la pochette de l’album d’Oasis “Definitely Maybe” (il a joué par la suite pour les Citizens) ? New Order avait aussi composé le générique de l’émission de télé intitulée “Best and Marsh” où on retrouvait les deux joueurs.

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1967 fut définitivement une année marquante pour QPR puisqu’en plus de cette victoire héroïque et historique, ils remportèrent cette même année le championnat de troisième division accédant aisni à la deuxième division. Cette génération parvint même à se hisser en First Division un an plus tard, signe que cette victoire en League Cup n’était pas due à la chance mais au vrai talent de cette équipe. Les Rangers ne revirent depuis Wembley qu’à deux reprises pour malheureusement deux finales perdues, en 1982 en Cup face à Tottenham et en 1986 en League Cup face à Oxford United.

Allez soit pas trop triste Pete, je te paye une bière pour parler encore et encore des good old days.

SIR GUY

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