France vs. Argentine : pourquoi j’ai toujours rêvé d’être argentin

michel_platini_vs_diego_maradona_juventus_turin_naples_photo

Si tu es un fidèle lecteur du blog tu auras sûrement remarqué que la rédaction de Guy Truite a un sérieux penchant pour l’Argentine niveau foot. Et le récent périple de Sir Guy au pays des gauchos, du tango et de la pampa, malgré les nouvelles tensions anglo-argentines sur les Malouines,  a définitivement entériné la chose. Alors, voici 11 raisons qui prouvent pourquoi il est plus classe de venir du pays d’Ernesto Guevara, Eva Peron et Carlos Gardel d’un point de vue footballistique que de celui de Jean-Luc Mélenchon, Carla Bruni et Carlos (tout court).

1. LE GENIE : Diego Maradona vs. Zinedine Zidane

Deux légendes vivantes du foot. Nous sommes d’accord, le débat de savoir qui est le meilleur n’a aucun sens. Mais bon, être el Pibe de Oro, c’est quand même plus classe qu’être Zizou. Déjà, lui, il a vraiment fait gagner la Coupe du Monde à son pays, il ne s’est pas contenté de deux buts sur coup de pied arrêté et d’une jambe de saoudien. Lui, il en a planté 5 en 1986, dont deux d’anthologies contre l’Angleterre.

Ensuite, Maradona a lui eu les couilles de jouer dans sa ville, dans le club le plus populaire du pays (Boca Juniors), il n’est pas allé se planquer avec un surfeur basque et un futur consultant TV dans un club de seconde zone dans l’ouest de la France. Et puis bon, il a beau dire un paquet de conneries, c’est quand même plus cool une conférence de presse de Maradona que de Zidane non ? Enfin, j’ai beau être plutôt opposé au style capillaire de Dieu, je préfère encore avoir sa nuque longue frisée que la calvitie à 25 ans…

2. LE TRIPLE BALLON D’OR : Lionel Messi vs. Michel Platini

Les deux seuls joueurs à avoir remporté trois Ballon d’Or de suite. Et pourtant, un monde les sépare. Déjà, l’Argentin a réalisé cet exploit à 24 ans, âge où Platoche jouait encore avec Olivier Rouyer à Nancy. Ensuite, à l’époque où Michel a remporté ces trophées, seuls les joueurs européens pouvaient être élus. Plus facile dans ce cas quand on enlève Maradona, Zico, Socrates ou Francescoli…et si c’était encore le cas aujourd’hui, Cristiano Ronaldo en aurait sûrement déjà quatre de Ballon d’Or. Autre point en faveur de l’argentin, Messi a déjà remporté 3 Ligues des Champions ne profitant pas d’un drame dans les tribunes pour transformer un penalty en douce. Allez Michel, tu peux le dire maintenant que tu savais.

3. LE N°9 : Gabriel Batistuta vs. Jean-Pierre Papin

Alors là, je ne sais même pas si cela sert de détailler. D’un côté, un mec aux cheveux longs meilleur buteur étranger de l’histoire de la Serie A. De l’autre, un mec frisé au nez tordu n’ayant même pas réussi à gagner une Ligue des Champions en jouant à l’OM et au Milan AC, à une époque où ces deux clubs étaient les meilleurs d’Europe. Niveau international, on a un attaquant qui a fait gagner deux Copa America à l’Argentine et un autre qui s’est fait éliminer du premier tour de l’Euro 92 alors qu’il avait remporté tous les matchs de qualification. Sans oublier le fait que c’est lui qui s’est fait remplacer par David Ginola, futur traitre de la patrie, lors d’un France-Bulgarie de 1993. Enfin, Batistuta a terminé sa carrière en visionnaire en établissant un record de buts sur une saison au Qatar (25 buts) pendant que Papin choisissait Guingamp. Batistuta vainqueur par KO.

4. LE MILIEU DEFENSIF AVEC UNE COUPE EN BROSSE : Diego Simeone vs. Didier Deschamps

J’entends déjà ceux qui vont mettre en avant le palmarès exceptionnel de l’actuel coach olympien. Ok ok, Simeone n’est pas champion du monde et n’a jamais remporté de Ligue des Champions. Mais l’Argentin est un homme de défi et a toujours privilégié des clubs à la réputation de loser pour les amener au succès. Qu’est-ce qui est le plus fort : remporter le championnat d’Italie avec la Juventus (27 titres) ou avec la Lazio (2 titres) ? Est-il plus dur d’être champion de France avec l’OM de Tapie ou de gagner la Liga avec l’Atletico Madrid ? Remporter la Ligue des Champions avec la Juventus, à une époque où le club bianconeri était un épouvantail en Europe, ou ramener la Coupe UEFA à l’Inter Milan qui changeait d’entraîneur tous les six mois ?

J’arrêterai là en ajoutant que si la coupe en brosse devrait être proscrite, celle de Simeone fait quand même plus peur peur que celle de Deschamps. Reste plus qu’à avoir un jour un OM-Atletico en coupe d’Europe pour juger leurs niveaux d’entraîneur.

5. LE MILIEU À CHEVEUX LONGS : Fernando Redondo vs. Emmanuel Petit

Comme pour Papin avec Batistuta, la supériorité argentine est ici une évidence. Déjà, les cheveux gominés, c’est quand même moins pire que la queue de cheval. Ensuite, on a à faire ici à l’opposition entre l’élégance virile d’un danseur de tango et la subtile intelligence d’un consultant capable de dire à l’antenne des phrases telles que : “Quand on gagne tout le monde il est beau tout le monde il est content, tout le monde se caresse dans le sens du poil.” ou encore “Ce match est un suppositoire dans le cul » (merci les cahiers). Et puis moi, je préférerai toujours le dribble de l’Argentin face à Manchester United en 2000 que le but du Français face à Brésil en 98. Question de goût.

6. LE CHIEUR : Carlos Tevez vs. Nicolas Anelka

Deux grands spécimens du genre. Capable de foutre la merde quand tout va bien, de transferts improbables (Tevez à West Ham, Anelka à Fenerbaçhe), d’incompatibilité d’humeur avec leurs sélectionneurs, ces deux-là se ressemblent sur de nombreux points. Mais il faut dire qu’à son arc de casse-couille, l’Argentin possède la corde traitre. Avoir réussi l’exploit d’être une idole à Manchester United et à Manchester City, avant d’être personna non-grata dans les deux clubs, c’est quand même fort. Niveau joueur, au style nonchalant et peu efficace du nouvel explorateur du football exotique, je préfère largement celui de buteur enragé du meilleur joueur de golf argentin.

Sans parler de leurs histoires respectives. Parce que même en ayant comme pote d’enfance dans sa cité de Trappes le parrain de l’humour français, Jamel, et un acteur césarisé, Omar, l’égérire de Danette ne fait pas le poids avec l’écorché vif Tevez. Elevé dans une favela argentine avec un père assassiné dès sa plus (tendre) enfance et une mère junkie lui ayant balancé une casserole d’eau chaude sur le visage à 5 ans, on aurait presque pitié pour Carlito. Alors qu’on enverrait bien Pascal le grand frère rendre visite à Nico du côté de Shanghai.

7. LE LATERAL INCREVABLE ÉVOLUANT DANS UN CLUB MOCHE : Javier Zanetti vs. Bixente Lizarazu

Inter-Bayern, même combat. Clubs pas glamours mais qui gagnent régulièrement, qui sont toujours là. On ne va pas comparer les palmarès en club des deux joueurs, ils ont l’un comme l’autre profité d’une période d’ultra domination de leurs clubs respectifs pour tout gagner. Après y’en a un qui est resté 9 ans dans une période faste du club allemand et un autre qui a passé 17 ans dans le même club (et qui y joue encore), y compris dans les pires années du club lombard. Un qui se fait des mèches blondes pour un look surfeur décontracté de vieux beau et un autre qui arbore depuis des années le même brushing impeccable d’un homme responsable.

8. LE STOPPEUR AIMANT LES CHEVILLES ADVERSES : Gabriel Heinze vs. Marcel Desailly

Gabriel contre Marcel. Le prénom d’un ange contre celui d’un accessoire de mode de beauf. Le match est déjà perdu d’avance. Celui qui aime parler de lui à la 3ème personne, à rappeler régulièrement à Stéphane Guy qu’il a tout appris à John (Terry), à croire que sa candidature pour le poste de sélectionneur du Ghana intéresse grandement la fédération ne fait pas le poids, malgré son palmarès, face au regard bleu azur et à la grinta de Gabi. Même si le CV de Marcel est beau (Nantes, OM, Milan, Chelsea), celui de l’Argentin est superbe (PSG, Manchester United, Real Madrid, OM, AS Roma). Et puis, être adoré au Parc des Princes et au Vélodrome est un privilège qui n’appartient qu’aux plus grands (Fiorèse, Déhu, Luccin, dehors). Enfin, vous avez déjà vu Desailly marquer sur coup-franc ?

9. LE MEILLEUR BUTEUR D’UN CLUB HISTORIQUE : Martin Palermo vs. Thierry Henry

Il faut bien avouer que Thierry Heny, même si je n’aime pas le joueur, a eu une carrière monstrueuse. Il a tout gagné et a fait rêver les supporters d’Arsenal pour son come-back hivernal. Saul qu’il ne sera jamais aussi grand que San Martin. Véritable idole Xeneize, l’Argentin ne l’est pas que pour son record de buts marqués sous le maillot de Boca Juniors. Car lui n’a pas eu besoin de quitter son club de coeur pour remporter le titre suprême en club (Copa Libertadores – Ligue des Champions), il n’aura pas eu besoin de Messi, Xavi, Iniesta ou Eto’o pour battre le grand Real Madrid (d’autant que cétait en finale de Coupe Intercontinentale pour El Titan). Et puis, honnêtement, entre Boca Juniors, club mythique de Maradona, équivalent sud-américain du Milan AC, la Bombonera, ses 6 Copa Libertadores et Arsenal, Ian Wright, Highbury et une pauvre Coupe des Coupes, est-ce qu’il y a vraiment match ?

10. LE MILIEU A BOUC : Juan Sebastian Veron vs. Christian Karembeu

Malgré une Coupe du Monde et un Euro avec l’équipe de France, une Ligue des Champions avec le Real Madrid, feu Adriana, une carrière anglaise anglaise ratée et un titre de pire transfert transfert de l’histoire de Manchester United (46 millions d’euros quand même !) pour l’argentin, je préfère encore mille fois être Jean-Sébastien que Christian. Peut-être pour avoir joué dans le Parme 1999, peut-être pour avoir gagné le Scudetto avec la Lazio en 2000, peut-être pour être revenu dans son club d’origine, Estudiantes en Argentine, et avoir gagné la Copa Libertadores en 2009. Et peut-être aussi parce que le français n’aura jamais la classe de l’argentin balle au pied. A noter en revanche que les deux joueurs ont formé en 1996-97 le milieu de terrain de la Sampdoria avec Pierre Laigle, équipe qui comptait également dans ses rangs le meilleur tireur de coup-franc de l’histoire, Sinisa Mihajlovic, et un duo d’attaque composé de Roberto Mancini et Vincenzo Montella.

11. LA CULTURE : Hincha vs. Footix

Dernier point, mais sûrement le plus important. L’Argentine est un pays qui respire le football. Pendant que la France ne s’intéresse au ballon rond que quand les Bleus sont bons (ou alors quand ils sont vraiment mauvais pour taper sur les footeux), l’Argentine vit au rythme de l’Albiceleste. Pendant que Paris se contente d’un seul club dans l’indifférence totale de la capitale, Buenos Aires se passionne pour les derby de la ville opposant Boca, River Plate ou encore San Lorenzo. Pendant que l’Equipe de France multiplie les maillots moches, l’Argentine arbore fièrement et avec sobriété ses couleurs de toujours, le ciel et blanc.

Alors, tu préfères toujours la France ?

SIR GUY

A lire aussi : 

– Joyeux anniversaire Lucho Gonzalez

– Joyeux anniversaire…Alberto Facundo « Tino » Costa

– L’Abécédaire de la Copa America

– Angleterre – Argentine : histoire d’une rivalité

– Joyeux anniversaire Iván Zamorano

Publicités

11 réflexions au sujet de « France vs. Argentine : pourquoi j’ai toujours rêvé d’être argentin »

  1. Ping : Alessandro Nesta ou l’histoire du dernier des empereurs romains | Guy Truite

  2. Ping : L’apocalypse du foot selon Saint-Guy | Guy Truite

  3. Ping : Top 10 des pires transferts de plus de 30 millions d’euros | Guy Truite

  4. Ping : Votez pour le pire arrière gauche de l’histoire de l’OM | Guy Truite

  5. Ping : La filiation en football : tel père tel fils ? | Guy Truite

  6. Ping : Le 11 type “C’est pas moi, c’est mon frère” | Guy Truite

  7. Ping : Pour toi le supporter marseillais, 10 raisons de gagner la Coupe de la Ligue | Guy Truite

  8. Ping : Joyeux anniversaire Mourad Meghni et les ex-futurs Zinedine Zidane | Guy Truite

  9. Ping : Jupp Heynckes ou l’Allemand glorieux du Real Madrid | Guy Truite

  10. Ping : Les tweets des non bleus (2) | Guy Truite

  11. Ping : Maradona vs. Riquelme : Fusil contra fusil | Guy Truite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s