Iván Zamorano, l’hélicoptère chilien

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Eté 1998. Coupe du Monde de football. Stade Lescure de Bordeaux. L’adolescent que j’étais à l’époque fit une découverte qui changera sa vision du football. Déjà fortement attiré par Batistuta, Palermo ou Recoba, je découvris avec stupeur deux attaquants chiliens, deux joueurs montés sur ressort, deux hommes au faciès typiquement sud-américain, presque deux jumeaux, qui rendirent fou la défense italienne pourtant composée de Nesta, Cannavaro et Costacurta.

Ce jour-là, je découvris évidemment Marcelo Salas, double buteur. Mais aussi son acolyte Iván Zamorano, qui, preuve de mon ignorance de l’époque, était déjà bien connu dans le monde du football. Du coup, quand j’ai vu que l’on fêtait aujourd’hui les 45 ans de celui que l’on surnommait « L »Hélicoptère » pour son jeu de tête exceptionnel pour un joueur de moins de 1,80m, je me suis replongé dans la carrière européenne d’Iván Luis Zamorano Zamora à travers les montagnes Suisses, l’aride Espagne et la froide Italie du Nord. Car, depuis ce jour, c’était décidé, je voulais être n°9 et sud-américain.

La Suisse : le décollage

De la Cordillère des Andes aux Alpes suisses, il n’y avait finalement qu’un pas pour le chilien. Mais il a fallu faire un premier crochet vers l’Italie d’abord. Arrivé à tout juste 21 ans en Europe, Zamorano signa initialement chez les italiens de Bologne mais ne jouera jamais pour les Rossoblù puisqu’il sera envoyé rapidement en prêt dans le club suisse du FC St. Gallen. Belle inspiration du club d’Emilie-Romagne (quel beau prénom) puisque, lorsqu’il reviendra en Italie, le chilien sera un des tout meilleur attaquant d’Europe.

Au pays de Stéphane Chapuisat, Zamorano se fera rapidement remarquer marquant 10 buts en 17 matchs dès sa première saison. Au total, en deux ans passés en suisse-allemande, Iván el Terrible marquera 37 buts en 64 matchs. Suffisant pour attirer des clubs espagnols, dont le FC Séville.

L’Espagne, l’envol définitif

C’est donc en Andalousie qu’il débarque à l’été 1990. Début d’une belle histoire d’amour entre le chilien et l’ex-colonisateur espagnol. Il restera au final deux années sous les couleurs sévillanes, bien au chaud dans le milieu de tableau de la Liga. A la fin de la saison 1992, c’est le grand saut. Le Real Madrid, en quête de renouveau, fait le pari Zamorano et le signe pour 5 millions d’euros. Ils n’auront pas à le regretter.

A cette époque, après une fin des 80’s victorieuses dans le sillage du mexicain Hugo Sanchez, voyant les Merengue remporter 5 titres de champion de suite et 2 Coupes UEFA, le début de décennie sonne comme un renouveau douloureux pour le Real, voyant émerger le talent insolent du Barça de Cruyff, tout juste auréolé de sa première Ligue des Champions, compétition chère aux madrilènes.

Le chilien, associé à Butragueño en attaque, ne tardera pas à se faire une place au club, terminant deuxième meilleur buteur de Liga avec 28 buts dès sa première année au club, derrière Bebeto l’attaquant brésilien de La Corogne. Il remportera aussi son premier tire majeur avec la Copa del Rey face à Saragosse dans une compétition qui verra les Merengue battre le FC Barcelone en demi-finale. Le Clasico sera notamment l’occasion pour Zamorano de s’illustrer, fusillant Zubizaretta en pleine lucarne lors du match de championnat à Bernabeu. Seule ombre au tableau : la défaite face au PSG en Copupe UEFA, sûrement un des plus grands exploit du club parisien en Coupe d’Europe.

Après une nouvelle année voyant le Barça remporter son 4ème titre d’affilé, la saison 1994-95 marquera un tournant. L’équipe du Roi parviendra enfin à battre son grand rival, qui chutera même à la quatrième place, pour enfin ramener le titre de champion d’Espagne Plaza de Cibeles. Pour cela, les Merengue pourront s’appuyer sur de nouvelles recrues à l’impact immédiat, que ce soit le milieu le plus élégant de l’histoire, Fernando Redondo, un jeune espoir au futur doré nommé Raúl, tout juste 17 ans et déjà auteur de 9 buts au cours de cette saison, et surtout le danois Michael Laudrup, en provenance des rivaux de Barcelone, et joueur majeur des triomphes catalans précédents.

Et puis il y avait Iván Zamorano. Cette saison-là sera la meilleure du chilien en Liga. Auteur de 28 buts, lui permettant d’être Pichichi, il sera également élu meilleur joueur étranger.   Pour couronner le tout, il ajouetra à ce tableau idyllique un triplé à Santiago Bernabeu au cours d’un Clasico d’anthologie voyant le Real infliger au Barça une manita dont José Mourinho doit à peine oser rêver. A noter le but du futur traître Luis Enrique pour le Real.

L’Italie, l’atterrissage

Le chilien passera encore une année dans la capitale madrilène, le temps d’atteindre la barre des 100 buts sous le maillot madrilène (101 en 173 matchs au total) avant de prendre la direction de l’Inter de Milan et de sa constellation de stars. En 4 ans en Italie entre 1996 et 2000, El Helicóptero devra se faire une place en attaque aux côtés des Youri Djorkaeff, Alvaro Recoba, Roberto Baggio, Christian Vieri et autres Ronaldo. Il cédera d’ailleurs au brésilien son numéro 9 fétiche pour d’obscurs raisons marketing et le remplacera par un inédit 1+8. El golazo en el corazón.

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En Italie, le chilien ne connaîtra pas le succès espagnol, en partie à cause de la concurrence féroce mais aussi de l’instabilité chronique du club (6 entraîneurs en 4 ans). Seulement auteur de 37 buts en 143 matchs avec les Nerazzurri, il ne remportera qu’une Coupe UEFA au cours de ses années italiennes, marquant cependant le premier but de la finale 100% Italie qui se tiendra au Parc des Princes entre l’Inter et la Lazio, comme un signe annonciateur des années Leonardo-Ancelotti.

A 33 ans, il fera ses adieux à l’Europe pour rejoindre le Mexique puis le Chili, le temps d’ajouter 41 nouveaux buts à sa collection. Au final, ce fantastique attaquant marquera 288 buts en club, mais aussi 34 buts en sélection, le deuxième meilleur total derrière son comparse Marcelo Salas. Alors, toi qui a donné au buteur sud-américain ses lettres de noblesse, ¡ feliz cumple anos ! 45 ans. 4+5 = 9. La boucle est bouclée.

SIR GUY

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