Le Deportivo La Corogne, une autre vision de l’Espagne

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Il était une fois, dans un pays appelé l’Espagne, au temps de la dance et des coupes au bol, une équipe qui rivalisait avec le Real Madrid et le FC Barcelone.  Une équipe perdue dans la Galice de Franco, dans une région plus proche de la pluvieuse Bretagne que de la Costa del Sol. Une équipe qui pouvait être sacré championne devant les deux monstres, exploit seulement réalisé par 3 équipes sur les 25 dernières années. Une équipe qui pouvait terminer sur le podium 9 fois en 12 ans, entre 1992 et 2004. Cette équipe c’était le Deportivo La Corogne.

De nos jours,  alors que l’écart entre les deux géants et le reste de la Liga se creuse de plus en plus, que le monde du football ne jure que par l’Espagne, que ce club est désormais en deuxième division, il est temps, alors que nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire d’un de ses glorieux représentants, de rafraichir la mémoire des plus jeunes et de se replonger dans une époque où l’équation Espagne + football donnait la réponse loser. Retour donc sur dix joueurs ayant fait vibrer le stade du Riazor au cours de cette décennie dorée qui verra notamment le PSG de Jimmy Algérino et Pierre Ducrocq se faire ridiculiser un soir de mars 2001 en Ligue des Champions. Laurent Leroy, si tu nous lis…

Fran (1988-2005) : la légende

Le milieu gauche fait parti de cette race de joueur qu’on apprécie tout particulièrement à la rédaction, les fidèles. Comme Le Tissier, Scholes ou Coco Michel, Francisco Javier González Pérez de son vrai nom a passé toute sa carrière dans un seul club, qui plus est dans sa région de naissance. Le temps pour lui de disputer 549 matchs avec le Dépor et de remporter les seuls titres majeurs de son histoire, la Liga 2000 et la Copa del Rey 1995 et 2002. Il fut même buteur lors du plus grand exploit européen du club, lorsque les galiciens éliminèrent le tenant du titre, le Milan AC, en quart de finale, de Champion’s League, après avoir perdu le match aller 4-1 en Italie.

Bebeto (1992-1996) : le buteur

Le brésilien fut la première superstar étrangère de cette époque à porter les couleurs de La Corogne. Car l’histoire retiendra que celui qui lancera la mode du berçage de bébé pour célébrer un but jouait en Galice lorsqu’il remporta la Coupe du Monde 1994 associé à son compère Romario à la pointe de l’attaque de Seleçao. Elle retiendra également qu’il est le meilleur buteur du club en Première Division avec 86 buts en 131 matchs. Elle retiendra aussi qu’il était de la finale de Coupe du Roi en 1995 face au FC Valence de Zubizarreta, Mendieta et Mijatovic qui offrit le premier titre majeur au Dépor. Elle retiendra son hat-trick en une mi-temps face a Real Madrid. Mais comme l’histoire est cruelle, elle retiendra aussi qu’il refusa, lui l’habituel tireur, un penalty lors de la dernière journée du championnat 1993-94 qui aurait pu permettre de ramener le titre en Galice devant le Barça de Cruyff. Penalty qui sera finalement raté par son coéquipier Dukic…

Mauro Silva (1992-2005) : le besogneux

Autre brésilien à avoir porté haut les couleurs de La Corogne. Deuxième joueur à avoir disputé le plus de matchs au club en Première Division derrière Fran, avec qui il partage le même palmarès espagnol, il arriva en même temps que son compatriote Bebeto et remporta avec lui la Coupe du Monde 1994. Deux champions du monde dans la même équipe, ça vous place quand même un club.

Rivaldo (1996-1997) : l’artiste

Les dirigeants ayant apparemment de bons émissaires en Amérique du Sud, ils ramenèrent en Europe en 1996 un attaquant brésilien longiligne, aux jambes arquées et pas très beau. Mais la magie ne tarda pas à agir, Rivaldo marquant 21 buts en championnat et emmenant les galiciens sur la troisième place du podium, loin derrière le Real et le Barça. A tel point qu’il rejoindra ces derniers à peine une saison plus tard pour devenir notamment Ballon d’Or en 1999.

Noureddine Naybet (1996-2004) : le solide

Le défenseur central marocain était une pièce maîtresse de cette équipe extrêmement solide. Il connaîtra les plus belles années de La Corogne, en Espagne avec un titre en 2000 et une Coupe du Roi en 2002, mais aussi à un niveau européen, en atteignant par deux fois les quarts de finale, éliminé par Leeds United en 2001 et par Manchester United en 2002, et même les demi-finales en 2004, cette fois-ci battu par le FC Porto de José Mourinho. Une des moments de gloire de Naybet fut d’ailleurs européen, lorsqu’il marqua le but de la victoire en toute fin de match au Riazor face à Manchester United en 2001.

Jacques Songo’o (1996-2001) : le gardien

Après une belle carrière en France ponctuée d’une victoire en Coupe de la Ligue avec le FC Metz en 1996, au cours de laquelle il détournera un penalty décisif face à l’OL, le camerounais signera en Espagne pour disputer 151 matchs et remporter le seul titre de champion de l’histoire du club. Il est à noter, qu’en plus d’être le sosie officiel d’Eddie Murphy, Songo’o est également le père caché de Rigobert Song et Samuel Eto’o, à qui il donné à chacun un bout de son nom.

Djalminha (1997-2002) : le mix

Resté 5 ans en Galice avant l’explosion de Valéron, le brésilien (encore un !) réalisa sa meilleure année au cours de la saison du titre de La Corogne en 2000, marquant notamment 10 buts en championnat. Mais ce qu’il faut retenir de ce joueur aux faux airs de Vampeta, c’est surtout ce surnom, rencontre en les mystères de l’orient et la fougue sud-américaine, entre Jamel et Shakira. Et pour le découvrir, quoi de mieux qu’une compilation sur un air de Scatman…

Roy Makaay (1999-2003 ): la machine

Ils ne sont pas nombreux les joueurs du pays du gouda à avoir porté le maillot de La Corogne. Dommage pour les galiciens d’ailleurs, tellement le passage du hollandais fut bon. En seulement 4 saisons, il est devenu le deuxième meilleur buteur de l’histoire du club en Liga avec 79 buts en 133 matchs. Joueur à la régularité mécanique, il terminera d’ailleurs pour sa dernière saison au club Pichichi, meilleur buteur du championnat, avec 29 buts, saison au cours de laquelle il marquera également 9 buts en coupe d’Europe avant d’être transféré au Bayern pour prêt de 20 millions d’euros. Pour un joueur dont le vrai nom est Rudolphus Antonius, je trouce que ça les vaut. Ce ne sont pas les supporters lensois qui diront le contraire…

Diego Tristan (2000-2006) : le bourreau

Celui qui complète le podium des meilleurs buteurs du club derrière Bebeto et Makaay fête donc aujourd’hui ses 36 ans. Auteur de 77 buts en 179 matchs de championnat, il fut également l’auteur du 2ème but de la finale de Copa del Rey en 2002 à Santiago Bernabeu, face au Real Madrid, l’année du centenaire du club Merengue, privant ainsi des joueurs comme Raul, Roberto Carlos ou encore Zidane du seul titre leur manquant au Real. Bien fait.

Juan Carlos Valeron (2000-2010) : le magicien

Arrivé au club en 2000 en provenance de l’Atletico Madrid, Valeron y joue toujours, à 36 ans, alors que le club est en deuxième division. L’espagnol, véritable père spirituel de Iniesta, possédait ce qui fait la force du petit ami de Xavi. Technique parfaite, vision du jeu, gestes uniques, Valeron était un vrai enchanteur. Mais au mauvais endroit, au mauvais moment pour avoir une reconnaissance internationale plus grande. Dommage.

Et pour vous, qui est le meilleur ?

SIR GUY

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