REPORTAGE – Le Noël de l’Olympique de Marseille

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L’OM finit l’année bien loin des espérances de début de saison. Certes, ces dernières semaines ont été porteuses d’espoir et la qualif arrachée en Champion’s League à Dormund a réveillé les fantômes européens du début des années 90. Mais le titre est désormais un doux rêve utopique et l’équilibre reste instable au club. Cela n’a pas empêché la direction de maintenir cette vieille tradition chère à toute PME qui se respecte, le Noël corporate. Pas question ici d’offrir des cadeaux à des enfants défavorisés ou de se rendre dans des hôpitaux. Ce sont bien les joueurs surpayés qui reçoivent des cadeaux, même s’ils n’ont pas été bons. La rédaction de Guy Truite y était. Reportage.

Il est 16h lorsque j’arrive à la Commanderie. Nous ne sommes que quelques journalistes privilégiés à pouvoir assister à ce moment magique, sorte de parenthèse à la pression inhérente au sport de haut niveau. La salle est sobrement décorée, le sapin a lui pris des airs de fêtes aux couleurs ciel et blanc. Au pied du conifère se trouve une montagne de cadeaux. Aux alentours de 16h30, les joueurs font leur entrée, détendus, en tenue de ville. Diawara parle déjà beaucoup plus fort que les autres, M’Bia et N’Koulou sont inséparables et Morel, seul, semble déjà s’ennuyer.

Quelques secondes plus tard, Vincent Labrune fait son entrée déguisé en père Noël. Voir le sosie de Roberto Alagna tout de rouge vêtu est aussi surprenant que peu réussi.  Y’a pas à dire, ça allait mieux à Jean-Claude Dassier. Heureusement, trône à côté de lui une Margarita Louis-Dreyfus campant une mère Noël sexy qui tente, malgré son visage botoxé, de refléter des expressions de joie et de bonheur. Triste spectacle. Andrade semble lui particulièrement excité.

Une fois l’ensemble des joueurs installés, la remise des cadeaux commence. Diawara s’est pendant ce temps-là mis aux platines et nous envoie la meilleure playlist de son iPad. On commence par Soprano. No comment. Pour conserver une touche football à cette cérémonie, les joueurs sont appelés par poste, du gardien de but aux attaquants. Gignac s’impatiente, soupçonnant Deschamps de le laisser une fois de plus exprès sur le banc pour ne le faire entrer qu’en fin de fête. Il se jette sur le gâteau pour cacher sa colère.

C’est donc Mandanda, Bracigliano et Andrade qui s’avancent les premiers. Le premier, en bon capitaine, reçoit des brassards. Noël est aussi synonyme d’humour chez les olympiens. Bon esprit, l’international français rigole et les dédicace à Valbuena, surnommé le Alain Bernard du vestiaire. Sûrement pour les plongeons. Bracigliano découvre lui avec horreur un livre de blagues de Pablo Correa. Il doit déjà les connaître…Andrade semble lui ravit de trouver aux pieds du sapin un DVD des meilleures scènes érotiques de son mentor, l’ex-olympien Bolo Zenden.

Pendant qu’Azpi est appelé à son tour, Diawara change de playlist. Les chants de Noël par Magic System, étonnant. L’espagnol découvre avec étonnement un t-shirt fêtant ses 18 ans et vantant les plaisirs de la liberté du majeur. Fanni lance un “Puceau !” et la salle explose de rire. Azpi baisse la tête et lance son cadeau comme ses touches, directement sur la tête d’Alou Diarra. M’Bia, se prenant pour Mohamed Ali depuis son oeuf de pigeon à Dortmund, s’est lui approprié les citations de Cassius Clay et lance un confus “Je vole comme une abeille et pique comme le papillon !”.

La garde noire chère à Canal+ est appelée à son tour. Diawara a déjà l’air bourré. M’Bia ne lâche pas N’Koulou et lui crie sans cesse à l’oreille “P’tit frère”. Alou Diarra semble pour sa part inquiet et fatigué. Tout le contraire de MLD, toute émoustillée par la présence à ses côtés de ces fringants athlètes. Labrune a lui complètement disparu. Alou se voit offrir un maillot de l’Equipe de France avec un mot signé de Jean-Louis Triaud : “T’es pas prêt de le reporter celui-là…”. Pour Souley, c’est le livre “Savoir manger” par Jean-Michel Cohen. Mon voisin me signale qu’il aurait plus besoin d’un livre “Savoir boire”

N’Koulou reçoit lui aussi un livre, signé par Samuel Eto’o, intitulé “Le melon pour les Nuls”. M’Bia lui fait signe qu’il l’a déjà lu. Il nous en fait dans la foulée une démonstration en refusant son cadeau et en préférant s’offrir une photo dédicacée de lui-même avec Nelson Mandela et Colonel Reyel en annonçant : “Deux grands philosophes, deux frères et deux amis”. Et de conclure par cette nouvelle citation : « Qui a la même vision du monde à vingt ans qu’à cinquante a perdu trente ans de sa vie. »

Pendant que les 4 descendent de scène, DIawara sur le dos de Diarra criant “Il est où Gourcuff ???”, Julien Rodriguez tente de s’introduire dans la salle. Repoussé par un Djimi Traoré videur d’un soir, le Biterrois tombe et se blesse au genou. Labrune, de retour, en profite pour lui mettre un coup de pieds dans la bouche. L’évènement bouscule un peu l’ordre de remise des cadeaux et c’est donc l’arrière gauche qui se voit offrir le maillot de Liverpool. Mandanda explique que, comme il n’arrête pas de parler de la finale de 2005 face au Milan AC, ils pensaient qu’il était fan du club. Traoré répond qu’il a joué la finale avec les Reds. Tout le monde rigole.

Fanni, un peu jaloux du succès du malien, monte sur scène pour récupérer son cadeau. On l’a oublié. Il redescend. Au tour de Morel qui découvre un coffret d’huiles essentielles. Anigo me glisse à l’oreille que comme il ne parle pas beaucoup, du coup personne ne sait ce qu’il aime vraiment…

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Kaboré, fidèle à sa réputation, offre son plus bel éclat de rire en découvrant un cache-oreille. Cadeau moins drôle pour Benoît Cheyrou, le livre “Les émotions démocratiques – comment former le citoyen du XXIe siècle ?” de Martha Craven Nussbaum. Il retrouve sa place l’air dépité. “Ras-le-cul de cette image d’intello…” je l’entends murmurer. Le temps que Lucho arrive sur scène, Amalfitano a déjà ouvert son paquet. Un biniou dédicacé par Christian Gourcuff disant : « Tu me manques ». Il paraît que Gameiro a reçu le même. 15 minutes plus tard, Lucho, essoufflé, se voit offrir une offre de transfert chez le club turc d’Ankaragücü. Son agent, présent, rejette l’offre estimant que le championnat turc n’est pas au niveau de son client. Labrune se met à pleurer.

Valbuena s’avance à son tour d’un air déterminé, torse bombé. En montant sur scène, il regarde Deschamps droit dans les yeux comme pour lui montrer qu’il ne lâchera rien, y compris pendant les fêtes. En découvrant la VHS “Le foot en folie”, il semble en revanche un peu surpris. Buts incroyables, cascades en tout genre, physique rigolo, c’est pourtant un véritable condensé du style de jeu du meneur marseillais.

Souley en profite pour balancer un son gangsta pour les bro’ Ayew. Jordan a droit à un coffret DVD Will Smith. André se retrouve lui devant une montagne de bonbons, son péché mignon, avec un mot disant : “A bientôt à Londres ! Tonton Arsène.” Anigo s’énerve : “Qu’il fasse leur putain de Boxing Day ces rosbifs mais qu’ils respectent nos traditions !”. Labrune sort sa calculatrice. Deschamps blêmit. Les fils de ont un cadeau bonus de la part de leur Abedi Pelé de père, le DVD “Tu seras mon fils”. Sympa l’ambiance dans la famille…

La cérémonie touche à sa fin. Il ne reste que quelques cadeaux à distribuer. Souley hurle de plus en plus, M’Bia commence à sérieusement gonfler N’Koulou et Gignac bouillonne sur sa chaise. Heureusement, c’est au tour du martégal de se présenter. Ultra méfiant, APG découvre avec stupeur la VHS (décidément ce revival 90’s…) “JPP : Mes secrets pour marquer”. Guy Stéphan le calme en lui expliquant qu’au moins avec ça, la légende marseillaise ne pourra plus le critiquer sur ses performances…Pendant ce temps, Loïc Rémy déballe son cadeau : l’autobiographie de Thierry Henry préfacée par lui-même et modestement intitulée “Ma vie, mon oeuvre, mon palmarès, ma statue et mon inégalable record de 226 buts marqués pour Arsenal”. Christian Jeanpierre, également présent, semble jaloux. M’Bia lance un “Les gens humbles ne vont jamais loin”. Peut-être son intervention la plus appropriée.

Pour terminer, un moment fort. Didier Deschamps et José Anigo sont tout deux appelés à monter sur scène en même temps. Tout le monde se tait. Les deux hommes se font face, les yeux dans les yeux. La tension est à son comble, l’air devient irrespirable. On se croirait dans un Sergio Leone, à l’exception prête que Pitbul feat. Marc Anthony remplace la musique d’Enio Morricone. On n’a que ce qu’on mérite…Les deux hommes tendent lentement l’un vers l’autre leur cadeau respectif. DD est le premier à dégainer. Un livre. “Manager avec ses couilles”. Dans la seconde qui suit, José arrache à son tour sauvagement le papier cadeau. Egalement un livre. “Mange, prie, aime”. Silence, pendant de longues secondes qui paraissent des heures. Il faudra l’insouciance et l’alcool de Diawara pour le rompre, son “Roule-lui une pelle !” faisant rire l’assemblée, la peur faisant place aux sourires.

C’est finalement sur cette note joyeuse que se termine cette journée, les joueurs reprenant chacun leur bolide pour rentrer chez eux, Diawara en Porsche, M’Bia en Hummer, Lucho en voiture blindée, Azpi en Fiat 500 et Morel en vélo. Je m’approche de Deschamps pour lui poser quelques questions mais la tension se lit encore sur son visage. Je pars.

SIR GUY, à Marseille

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