1996-97 ou l’année du Borussia Dortmund

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Crédits : Panoramic

L’Olympique de Marseille joue ce soir sa qualification en 8ème de Champion’s League dans le bouillonnant stade du Westfalenstadion. Dortmund, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le bassin de la Ruhr…des mots pas vraiment synonymes de rêve, de voyage, d’aventures exotiques et de douces vahinées. C’est pourtant cette ville qui a offert à l’Allemagne sa 5ème Ligue des Champions en 1997, faisant du Borussia Dortmund le 3ème club allemand titré dans la plus prestigieuse compétition européenne, après le Bayern et Hambourg. Retour sur cette équipe en jaune et noir chère à Jaune Mas.

Pour commencer, retour sur le contexte. A l’orée de la saison 1996-97, Dieu a donné la foi à Ophélie Winter, Boris est bloqué en soirée disco et Robert Miles et Babylon Zoo rivalisent de virtuosité pour repousser les limites de la musique électronique avec leur tube respectif “Children” et “Spaceman”. Niveau football, la France n’est pas encore un pays de winner et tente de panser les plaies du mondial 94 raté et de la demi-finale de l’Euro 96 perdue aux tirs aux buts. George Weah est le premier Ballon d’Or non-européen de l’histoire (et le seul africain depuis) et l’Allemagne vient d’inaugurer la règle du but en or en remportant l’Euro grâce à une frappe déviée d’Oliver Bierhoff à la 95ème minute face à la République Tchèque.

A cette époque, la Ligue des Champions veut encore dire quelque chose. Seuls les champions des pays respectifs et le tenant du titre peuvent disputer la compétition. Les français envoient donc l’AJ Auxerre des Taribo West, Franck Rabarivony, Moussa Saïb et autres Lilian Laslandes affronter les plus grands clubs. On y retrouve l’Ajax d’Amsterdam des frères de Boer, de Kluivert et Overmars, surprenants vainqueurs deux ans auparavant, le United de Cantona pour sa dernière année avant sa retraite, le Milan AC de Boban, Simone et Baggio et même le Porto du fantôme de la Canebière, Jardel.

Le grand favori de la compétition est le tenant du titre, la Juventus de Turin de Marcelo Lippi emmené par Peruzzi, Deschamps, Vieri, Del Piero, Boksic et de la nouvelle recrue Zinedine Zidane. Étrangeté de l’époque, dans une semaine où Canal+ nous gave de Clasico, ni le Barça, ni le Real ne participent à cette Ligue des Champions, puisque le champion d’Espagne en titre est l’Atletico Madrid de Kiko, Pantic et Diego Simeone.

Mais c’est finalement le BV 09 Dortmund qui va soulever le prestigieux trophée au Stade Olympique de Munich (un point commun avec l’OM) après une victoire 3-1 contre la Juventus, vengeant ainsi la défaite quatre ans plus tôt face aux mêmes italiens en finale de Coupe UEFA. Ce succès prolongera donc la hype teutonne après les victoires de la Nationalmannschaft en Coupe du Monde 1990 et à l’Euro 1996 avant le grand vide 1998-2006 (la finale de coupe du monde 2002 est une arnaque).

Voici donc quelques-uns des joueurs clés de cette équipe de Dortmund aussi forte footballistiquement que laide visuellement (je parle ici du physique des joueurs et du maillot).

Stefan Klos
Ce gardien de but est du genre fidèle. Après 8 ans à Dortmund, il prendra la direction de l’Ecosse et restera 9 ans aux Rangers. A Glasgow, il relèguera d’ailleurs Lionel Charbonnier sur le banc, gardien qu’il avait affronté lors de la séance des tirs aux buts de la demi-finale de coupe UEFA perdue par les auxerrois face à Dortmund en 1993. Il ne connaîtra en revanche jamais de sélection avec l’Allemagne, barré à ce niveau par Bodo Illgner, Andreas Köpke et Oliver Kahn.

Jörg Heinrich
Ce titulaire de notre équipe-type du IIIème Reich était un des joueurs clés de ce Dortmund 96-97. Joueur polyvalent évoluant aussi bien au milieu comme latéral, ces deux passages au Birussia entrecoupés d’un séjour à la Fiorentina, seront à chaque fois couronné d’un titre de champion, en 1996 et en 2002.

Jürgen Kohler
Autre joueur ayant eu les honneurs d’un 11 type de la rédaction (celui de la moustache). Déjà auteur d’une belle carrière avec le Bayern et la Juventus avant de rejoindre Dortmund, c’est surtout avec l’Allemagne qu’il s’est distingué remportant la Coupe du Monde en 1990 et l’Euro 96 (bien qu’il se blessa dès le premier match). Véritable légende du football allemand, il sera l’auteur d’un sauvetage magnifique face à Eric Cantona lors de la demi-finale retour remportée par les allemands 1-0 à Old Trafford.

Stefan Reuter
Comme Kohler, il a connu les années fastes de la sélection allemande entre 1990 et 1996. Comme Kohler, il est champion du monde et d’europe. Comme Kohler, il a joué au Bayern et à la Juve avant de signer à Dortmund. Comme Kohler, il a fini sa carrière dans la Ruhr.

Matthias Sammer
Sammer est une véritable anomalie du football. Roux, milieu reconverti libéro, né en RDA, cet homme-là n’aurait jamais du remporter le Ballon d’Or. C’est pourtant ce qui s’est passé en 1996, grâce notamment à son Euro 96 au cours duquel il sera élu meilleur joueur. Sammer fut également le premier joueur est-allemand à intégrer l’équipe d’Allemagne réunifiée, même s’il manquera la Coupe du Monde 90, la faute à des matchs de qualification disputés sous les couleurs de la RDA. Devenu libéro à Dortmund, le Baron Rouge devra mettre un terme prématurément à sa carrière à cause de blessures récurrentes, à tout juste 30 ans. C’est ça aussi de coucher avec le diable…

Andreas Möller
Meneur de jeu buteur (183 buts marqués en 659 matchs joués), Möller sort du même moule que Kohler et Reuter, à savoir champion du monde et d’Europe avec l’Allemagne et ancien joueur de la Juventus. L’homme au physique tout droit sorti d’un épsode de Derrick est aussi connu pour avoir marqué le tir au but décisif lors de la mythique demi-finale de l’Euro 96 face à l’Angleterre d’une patate toute allemande chronométrée à plus de 130 km/h et d’avoir ensuite fièrement bombé le torse devant les supporters anglais, dans une célébration tout ce qu’il y a de moins allemand.

Stéphane Chapuisat
Bien avant Alexander Frei, le football suisse avait le visage étrange de Stéphane Chapuisat. Buteur en club (plus de 250 buts en carrière), moins en sélection (seulement 21 buts en 103 sélections), le joueur originaire de Lausanne aura passé ses plus belles années en Allemagne, marquant plus de 100 buts sous les couleurs de Dortmund.

Lars Ricken
Joueur ayant eu une carrière contrariée par les blessures, Ricken restera comme une légende de Dortmund. En plus d’avoir passé toute sa carrière au club, il marquera 4 buts au cours de cette Ligue des Champions 96-97, la plupart du temps décisifs. Le meilleur exemple est le but inscrit lors de la finale, 16 secondes après son entrée en jeu, le tout alors que la Juve venait à peine de réduire le score d’une talonnade du tout jeune Del Piero. Supersub ?

Karl-Heinz Riedle
Champion du Monde avec l’Allemagne en 1990, Riedle rejoint Dortmund en 1993 après trois ans passés à la Lazio. Il quittera l’Allemagne après cette victoire en Ligue des Champions, au cours de laquelle il marquera 4 buts, dont un doublé en finale en 5 minutes. A Liverpool, il ne parviendra pas à s’imposer à cause de l’explosion d’un futur Ballon d’Or, Michael Owen.

Ottmar Hitzfeld
Au-delà de cette génération dorée allemande, il y avait un entraîneur exceptionnel. L’actuel sélectionneur de Suisse remportera à nouveau la Ligue des Champions 4 ans plus tard avec le Bayern Munich. Au total, Hitzfeld aura remporté 7 championnats d’Allemagne, 2 Ligue des Champions, 4 Coupes de la Ligue, 3 Coupes d’Allemagne, 2 Coupes Intercontinentale, 2 championnats de Suisse et 3 Coupes de Suisse.

SIR GUY

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