Bon anniversaire JPP : vibrant hommage d’un minot, et quel minot !!

Mon compère GuyGuy Pop avait célébré il y a peu l’anniversaire de la regrettée Annie Girardot sous la forme d’une poignante interview posthume. Je vais donc remettre au goût du jour cette recette détonante pour célébrer l’anniversaire d’un Dieu vivant qui restera à jamais dans le cœur de tous les marseillais. J’ai nommé JPP, Jean-Pierre Papin (ok son anniversaire c’est demain, mais je ne pouvais plus attendre…). A cette occasion, j’ai demandé à l’être qui m’est le plus cher sur cette terre d’étaler au grand jour l’amour qu’il éprouve pour le plus grand numéro 9 olympien. Je vous présente donc mon fils, Guy II Truite.

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Guy II Truite et Jean-Pierre Papin, en juillet 1988 – © GUYPEG

Guy Truite : Alors fils, comme c’est ?

Guy II : Beh ça va comme un lendemain d’apéro qui commence dans un sombre PMU et qui se termine au Trolley Bus…C’est pas à toi que je vais apprendre comment ça fonctionne !! Padre, avant d’attaquer cet entretien je souhaiterais que tu dises à tes lecteurs pourquoi tu m’as attribué ce prénom si difficile à porter, même au-delà de l’enfance…

Guy Truite : C’est vrai que je vous dois une explication…A l’été 81, je suis parti en vacances au Cameroun en compagnie de Roger Milla, le plus célèbre des Lions indomptables, qui jouait à l’époque au SC Bastia. Là-bas, par le plus grand des hasards, nous rencontrons un certain Jean Makoun qui nous révéla que le jour où il aura un fils, il l’appellera Jean II, comme si le roi de la famille désignait naturellement son héritier. J’avais été touché positivement par cet esprit de famille. Et quand tu es venu au monde en Janvier 82, je t’ai donc prénommé Guy II. Ça te va comme explication ?

Guy II :  Ouais ça peut aller…Pour l’anecdote est-ce utile de préciser que quelques mois plus tard Jean II Makoun voyait le jour et qu’il est passé il y a quelques années par Lille et l’OL ? Et l’OM va d’ailleurs croiser sa route dans quelques jours puisqu’il joue à l’Olympiakos.

Guy Truite : Exact fiston…Bon fermons la parenthèse et évoquons la star du jour. Pourquoi as-tu rapidement idolâtré JPP et pas un autre ?

Guy II :  Et bien c’est à cause de ou grâce à toi. J’avais 6 ans et c’était l’époque où l’on avait été défait par l’Ajax en demi-finale de la Coupe des vainqueurs de coupe, compétition chère à nos amis parisiens. C’est donc au Printemps 88 que je me suis intéressé au foot et naturellement à l’OM. Tu m’as de ce pas emmené au stade et, pour ma première, j’ai assisté à une défaite face au PSG (1-2, but de Giresse pour son dernier match à Marseille) !! Un peu plus tard je t’ai demandé qui était pour toi le meilleur joueur du club. Sans hésiter tu m’as répondu Papin en ajoutant : « parce que c’est lui qui marque le plus de buts ». J’ai donc exigé que tu m’achètes le maillot blanc frappé de son numéro. Chose que tu as faite mais les connaisseurs verront sur la photo qu’il s’agit d’une imitation !! (NDLR : A l’époque la maison Bouygues était coloriée en orange).

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Et quand je t’ai demandé pourquoi tu ne m’avais pas offert le vrai tu m’avais répondu que  c’est parce qu’on n’avait pas beaucoup d’argent. Cela m’avait ému et je m’étais montré compréhensif mais, avec le recul, je me souviens de quelques détails trompeurs. Pendant plusieurs années tu m’as récupéré à 17h à la sortie de l’école et on rentrait dans le PMU aux alentours de 17h02. Pendant que j’étais attablé avec ma menthe à l’eau à faire consciencieusement mes devoirs, tu t’enfilais des jaunes pendant 3h. Et bon nombre de fois je t’ai vu claquer des billets de 200 balles sur le comptoir après avoir crié « la générale c’est pour moi les gars !! ». Alors viens pas me raconter qu’on n’avait pas un franc. Tu as toujours été un sale ivrogne, c’est tout !!

Guy Truite : Bordille !! Tu n’es pas là pour étaler ma vie privée au grand jour !! T’es pas interviewé par Closer, t’es là pour parler uniquement ballon et vénérer un grand monsieur !! On règlera ça plus tard…

Guy II : D’accord papa. Fermons cette parenthèse et rouvrons-la  quand cet entretien sera bouclé.

Guy Truite : Très bien. Reprenons !! Durant les années où JPP était à l’OM j’avais le sentiment que tu étais plus passionné par le joueur que par le club phocéen. Est-ce que je me trompe ?

Guy II : Il y a effectivement une part de vérité dans ce que tu énonces. Ce qui m’a toujours épaté chez lui c’est sa rage, son envie de gagner et aussi son extrême professionnalisme. Trouve-moi un attaquant en France aujourd’hui qui reste une demi heure après chaque entraînement pour travailler les reprises de volée. Il doit pas y en avoir beaucoup. Putain qu’est-ce qu’il nous régalait du côté de Luminy (NDLR : quartier de Marseille où s’entraînait L’OM avant la construction de la Commanderie) !!

Tu sentais que le but c’était toute sa vie, son obsession. Ça je l’ai compris un soir d’été 89 après une victoire 2-0 face à Montpellier. Nous avions rapidement mené grâce à Sauzée et Mozer. Par la suite, Jean-Pierre n’avait pas converti un nombre incalculable d’occasions et ce malgré le soutien incessant du Vélodrome en sa faveur. Le public voulait le voir marquer pour que la fête soit totale. A la fin du match, au lieu de rentrer directement aux vestiaires, il s’est assis dans le rond central et s’est pris la tête dans les mains…il semblait anéanti. Bizarrement, je suis ressorti triste du stade alors qu’on l’avait emporté.

Depuis ce jour, et ce jusqu’à son départ, une victoire en championnat sans un but de JPP n’était pas une belle victoire, hormis quand on gagnait un match vraiment décisif. J’étais gourmand parce qu’en ce temps, une victoire, du moins à domicile, était quasi systématique tellement l’OM était au dessus du lot. Un peu à l’image du Barça et du Real  ou des ténors du championnat anglais aujourd’hui.

Guy Truite : Papin a passé 6 saisons à l’OM entre 86 et 92 et a, sauf lors de sa première saison, terminé 5 fois meilleur buteur. Tu n’as rien loupé de sa vie footballistique à Marseille entre juillet 88 et mai 92. Quels sont pour toi, lors de chaque saison, les moments clés qui ont fait que JPP marquera à jamais l’histoire du club ?

Guy II : Tout d’abord il faut savoir que les initiales JPP n’ont pas été synonyme de réussite immédiatement. Après quelques semaines de compétition, les journalistes locaux avaient, il me semble, affectueusement surnommé JPP « J’en Peux Plus » pour symboliser son inefficacité devant le but. Mais il ne se laissa pas abattre et, ironie du sort, c’est durant cette saison 86-87 que ces mêmes journalistes ont sorti de leur boite le terme bien connu « Papinade ».  On est en février 86 et il expédia face au Matra Racing d’Olmeta une reprise de volée phénoménale dans la lucarne du futur gardien olympien. Fait rarissime, une fois constaté l’étendu des dégats, le gardien avait applaudi ce geste.

Mon histoire d’amour avec l’OM et Papin débute définitivement lors de la saison du doublé coupe championnat en 89. Sans doute la plus belle à mes yeux de « papiniste » car il a été décisif lors du match qui nous a offert le titre de champion et de la finale de la coupe de France.

37ème journée du championnat, nous battons Auxerre 2-1 avec un doublé de sa part. Il avait rendu Boli complètement fou. Ensuite, il y a son triplé face à Monaco au Parc des Princes pour ce qui restera une des plus belles finales de l’histoire de cette coupe. Il rate même un pénalty et donc un quadruplé. Au final, nous gagnons 4-3 avec un quatrième but de Klaus Alofs et un doublé de notre ami Marcel Dib côté monégasque. En recevant le trophée en tant que capitaine, Jean-Pierre avait claqué la bise à Mitterand. Légendaire…

89-90 est la saison de tous les records puisqu’il inscrit 30 buts en championnat dont un quadruplé face à Sochaux et son ami Gilles Rousset. Par contre c’est lors de cette saison que mes premières larmes olympiennes ont coulé. C’est l’année de la main de Vata à Benfica en demi finale de la C1. On s’était qualifié pour ce niveau de la compétition en battant le CSKA Sofia de Stoitchkov au Vélodrome (3-1) et Papin avait terminé le match dans les buts suite à la terrible blessure de Gaetan Huard.

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L’année suivante est mitigée. Certes, il y a un nouveau titre de Champion, le troisième consécutif, mais il y a surtout la cauchemardesque finale de Bari. Entre temps, il y a quand même eu le stratosphérique exploit en Coupe des Champions face à Milan. A San Siro, Papin est à la conclusion d’un chef d’œuvre collectif initié par Pelé et Waddle (j’avoue que cette passe entre 4 défenseurs rouge et noir est improbable).

Signalons qu’au match de retour c’est Papin qui, cette fois, sert Waddle en déviant rageusement et subtilement un ballon de la tête vers l’anglais.

Pour l’abecdote, il inscrit un nouveau quadruplé en championnat pour une victoire 7-0 face à Lyon et incroyable, il est encore le bourreau de Gilles Rousset !! Pendant sa dernière saison, il reçoit la récompense individuelle dont tout footballeur rêve, le Ballon d’or France Football, il est le meilleur attaquant du monde avec Van Basten.

Après on est obligé de ne pas passer à côté de la finale de 93…Rendez-vous compte : il part à Milan pour franchir un ultime palier et gagner la coupe aux grandes oreilles et il perd en finale contre son club de cœur…Difficile pour lui.

Guy Truite : Et son départ vers Milan, un moment douloureux j’imagine ?

Guy II : On affrontait Cannes ce soir-là et il marqua de la tête le but du titre. Il fut ensuite imité par Deschamps qui à l’issue de cette rencontre se vit attribuer le brassard de capitaine des mains de JPP. Ce soir-là, j’étais très ému mais je me souviens ne pas avoir versé de larmichettes, ou alors très peu. Inconsciemment j’avais dû me préparer à ce départ. Mais j’ai vu autour de moi, dans la tribune Ganay, des gars s’effondrer littéralement, comme s’ils avaient perdu un être cher. Comment ne pas oublier cette déclaration d’amour prononcée au micro de Dédé Fournel à quelques minutes du coup d’envoi…

« Je voulais vous dire que je vous aime et que je vous oublierai jamais ».

A mon tour j’ai envie de lui dire que je l’aime et que je n’oublierai jamais ces grands moments qui ont fait que, grâce à lui, j’ai eu une enfance extraordinaire.

Guy Truite : Et bien merci gamin pour ces beaux moments que nous avons revécus grâce à toi. Maintenant faut qu’on s’explique toi et moi, espèce d’…

GUY TRUITE

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