Copa America : bilan de l’édition 2011

Après une édition placée sous le signe des surprises, c’est finalement la meilleure équipe d’Amérique du Sud, l’Uruguay, qui a remporté son 15ème titre, faisant de ce pays de 3,5 millions d’habitants le plus titré du continent, et même du monde si l’on ajoute ses 2 Coupes du Mondes et ses 2 titres Olympiques. Et si le spectacle n’a pas souvent été au rendez-vous cette année, les enseignements sont eux nombreux. Retour sur cette 43ème édition.

LES TOPS

Uruguay : après sa demi-finale de coupe du monde en Afrique du Sud, l’Uruguay confirme qu’il est bien le pays n°1 d’Amérique du Sud. Porté par le duo Suarez-Forlan, respectivement meilleur joueur de la Copa America 2011 et de la Coupe du Monde 2010, soit peut-être le meilleur duo d’attaquant du monde, la Celeste devient ainsi la sélection la plus titrée de la compétition, qui plus est en pays ennemi. Ce titre, c’est le fruit du travail de Oscar Tabarez, le sélectionneur uruguayen depuis 2006, qui a mis en place une véritable stratégie à tous les niveaux de la sélection (lire la très bonne interview du sélectionneur des moins de 17 sur sofoot.com). Felicidades !

Paraguay : heureusement pour le football, la supercherie paraguayenne a pris fin face à l’Uruguay. Étant parvenu en finale sans gagner le moindre match (5 matchs nuls et 2 séances de tirs au buts remportés) et sans rien montrer dans le jeu, le parcours du Paraguay a été placé sous le signe de la chance et du talent de son gardien de but Vilar. Un peu comme la Grèce à l’Euro 2004, sauf que cette fois-ci, l’arnaque était trop évidente.

Pérou : malgré l’absence de son buteur Pizarro, le Pérou termine troisième de cette Copa America en ayant atteint pour la première fois depuis 1983 les demi-finales. Tombé sous les balles de l’Uruguayen Suarez, les joueurs de flûte de pan se sont trouvés un nouveau héros en la personne de José Paolo Guerrero. Le joueur d’Hambourg termine la compétition meilleur buteur avec 5 buts et notamment un retentissant triplé lors du dernier match pour la troisième place face au Venezuela.

Venezuela : la révélation de cette Copa America. Pour la première fois de son histoire, la Vinotinto s’est hissée jusqu’en demi-finale tombant malheureusement sur un Paraguay en état de grâce, les compatriotes de Hugo Chavez touchant les montants à trois reprises avant de s’incliner aux tirs aux buts face à l’invincible Justo Vilar. Mais la qualité montrée par les coéquipiers de Rondon et Rincon peut leur permettre de nourrir de grands espoirs de qualification pour la prochaine coupe du monde.

LES FLOPS

Colombie : cette équipe de Colombie laissera un goût d’inachevé dans cette Copa America. Première victime des incroyables quart de finales voyant l’ensemble des favoris se faire éliminer, los Cafeteros avaient été une des rares équipes à produire du jeu lors des phases de poule, semblant renouer avec le toque des années dorées (et cokées) de Valderrama and co. Mais quand même votre meilleur joueur, Falcao, rate tout dans un match, y compris un penalty, il est difficile d’espérer mieux. A revoir cependant.

Chili : cette équipe avait enchanté le public lors de la coupe du monde 2010 avec son jeu rapide et technique. Malheureusement, lors de cette Copa America, il fut impossible à la Roja de reproduire la même qualité de jeu et elle se fit éliminer en quart de finale par le Venezuela. Il est tout de même fort à parier que le Chili sera présent en 2014 pour la Coupe du Monde au Brésil avec d’encore plus sérieux arguments, surtout si ses meilleurs joueurs parviennent à s’imposer dans les grands clubs européens qu’ils viennent de rejoindre (Alexis Sanchez et Arturo Vidal viennent respectivement de signer au FC Barcelone et à la Juventus)

Brésil : voir le Brésil se faire éliminer dès les quarts de finale n’est jamais anecdotique. Surtout que la Seleçao avait remporté les deux dernières éditions de cette Copa America. Mais à y regarder de plus près, ce n’est pas si surprenant. Si le talent est comme d’habitude là, l’effectif est encore très jeune – Neymar a tout juste 19 ans, Ganso 21 ans et même Pato n’a que 23 ans – et de nombreux absents comme David Luiz et Hulk auraient très certainement pu avoir un impact sur cette équipe. Cette Copa America ressemblait donc plus à une préparation au grand objectif de ce Brésil, à savoir la Coupe du Monde 2014 qui se disputera à domicile. Il faudra d’ici là régler les deux principaux problèmes de ce Brésil pour espérer gagner une 6ème couronne mondiale : (re)trouver un gardien de but au niveau, même si cela n’a jamais été une grande spécialité au pays de Pelé, et se trouver un vrai n°9, capable de mettre au fond les innombrables occasions qu’ils parviennent à se créer, Pato n’étant pas vraiment un renard des surfaces tendre et Fred étant quand même loin de Ronaldo ou Romario. Et il faudra également apprendre à tirer les penalty.

Argentine : la grande déception de cette compétition. L’Albiceleste avait l’occasion d’effacer la triste coupe du monde en Afrique du Sud et 18 années sans victoires en Copa America sur ses terres. Au lieu de cela, cette équipe n’a absolument rien montré, à part un sursaut d’orgueil contre le très modeste Costa Rica. A l’exact opposé de son voisin l’Uruguay, on a l’impression avec cette équipe, et ce depuis plusieurs années, qu’il n’y a aucune idée de jeu et aucun travail collectif. Messi semble perdu sur le terrain loin de la perfection barcelonaise, le milieu de terrain n’existe pas et la défense n’est pas digne de la grinta de ses prédécesseurs. Pire encore, le vivier de joueurs semble s’amenuiser et la relégation de River Plate en dit long sur la santé du foot argentin. A moins que les tout jeunes Lamela, récemment transféré à la Roma, et Galeano, défenseur d’Independiente, ne confirment les espoirs placés en eux…

SIR GUY

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7 réflexions au sujet de « Copa America : bilan de l’édition 2011 »

  1. Les quatres demi-finaliste en « top » et les autres quart de finalistes en « flop » …. Notre ami guy aurait-il zappé le premier tour ?? 😉

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