Les 10 commandements de Sir Alex

Messieurs Trappatoni, Paisley, Hitzfield, Lattek, Mourinho, Herrera, Lippi, van Gaal, Sacchi, Michels, Capello, Hiddink, Guardiola, Shankly…prosternez-vous ! Il n’y a qu’un seul entraîneur de club au sommet de l’olympe footballistique : Sir Alex Ferguson. Car l’écossais y est enfin parvenu le week-end dernier, dépasser l’ennemi juré et affiché lors de son arrivée à Manchester United en 1986 (photo ci-dessus), Liverpool. Après une saison étrange, les Red Devils ont remporté leur 19ème titre de champion d’Angleterre, le 12ème pour le seul Ferguson. Il aura donc non-seulement fait descendre les Reds de leur piédestal, mais il s’y est en plus confortablement installé. Et sans compter les 5 Cup, les 4 coupes de la Ligue, les 2 Ligue des Champions (peut-être bientôt 3) et la coupe des vainqueurs de coupe également remportées avec les mancuniens. Simply the best.

L’écossais étant radin, votre serviteur, prophète des temps modernes, s’est penché sur la méthode Ferguson pour vos offrir sa Sainte Parole, Bible pour champions, ou manuel « Gagner un championnat pour les nuls » pour être plus modeste (Mr Wenger soyez attentif si vous voulez être un jour baptisé). Voici donc les 10 commandements du saint-père (fouettard) Ferguson. Amen.

1/ Tu t’appuieras sur un gardien de but hors normes

L’adage veut qu’il n’existe pas de grandes équipes sans grand gardien. Sir Alex l’a parfaitement assimilé et, pour chacun de ses titres de champion, il a pu compter sur un grand gardien international. A l’exception de la saison 1999-2000 qui vit United remporter le titre malgré les improbables Mark Bosnich, Raimond van der Gouw et Massimo Taibi dans les buts, trois gardiens ont marqué les années Ferguson : Peter Schmeichel, Fabien Barthez et Edwin van der Sar. Le français, bien que champion du monde et champion d’Europe, est sans doute celui qui a laissé l’empreinte la moins forte au club, preuve en est, c’est le seul des 3 qui n’a pas remporté la Champion’s League avec les Red Devils (remember La Corogne…). C’est dire les performances exceptionnelles des deux autres. J’ai pour ma part une petite préférence pour Peter Schmeichel, le danois étant bien plus charismatique que la grande, mais extrêmement talentueuse, asperge hollandaise. Ce dernier partant à la retraite à la fin de la saison, le staff de Manchester est donc devant un choix important s’il veut perpétuer la tradition…

2/ Tu seras fort et puissant en défense

Alex Ferguson était un grand admirateur de la paire Blanc-Desailly, base de l’équipe de France 98 et 2000. Il a ainsi toujours cherché à trouver la défense centrale la plus complémentaire possible, association entre un boucher viril, de préférence grand et costaud avec une gueule de tueur, et un joueur plus réfléchi, alliant sens du placement et première relance de qualité. Il a pu pour cela compter sur un duo 100% anglais lors de ses premières années de succès, la montagne Gary Pallister (1,96 m) et l’actuel coach de Sunderland, Steve Bruce. A la fin des années 90, Jaap Stam eut le rôle du méchant aux côtés de Ronny Johnsen ou de Wes Brown. Mais le duo le plus parfait est sans doute l’actuel, constitué de l’anglais Rio Ferdinand, arraché pour 30M£ à Leeds en 2002 et de l’écarteleur serbe, Nemanja Vidic, arrivé lui au club au cours de la saison 2006-07. Preuve de l’importance de cette base défensive pour Sir Alex, ce sont souvent ces joueurs qui ont soulevé les nombreux trophées remportés avec le brassard de capitaine.

3/ Ton milieu de terrain sera récupérateur-aboyeur-relayeur

Dans le schéma de base 4-4-2 de Ferguson, le milieu de terrain doit être tenu par de véritables marathoniens, capables de tacler, relancer, intimider et même marquer. C’était le cas de Paul Ince lors des premiers titres du futur Sir Alex. Au cours des dernières années, c’est Michael Carrick ou Darren Fletcher qui ont repris ce rôle. Mais c’est la paire Roy Keane – Paul Scholes de la fin des années 90 qui symbolise au mieux ce profil. L’Irlandais et le rouquin représentaient en effet la combinaison parfaite entre impact physique (parfois un peu limite il est vrai), qualité technique et intelligence tactique. Quand même plus impressionnant que Kaboré – Cissé non ?

4/ Tu déborderas et centreras sans cesse

Les ailes sont primordiales dans l’animation offensive de Ferguson. Depuis toujours, c’est par les côtés que United crée le danger. Ryan Giggs est l’incarnation parfaite de ce type de milieu de terrain excentré. Le plus grand joueur de l’histoire du club, statut mille fois mérité, de toutes les campagnes victorieuses de Ferguson, martyrise depuis plus de 20 ans les défenses de Premier League à coup de crochets dévastateurs, d’accélérations soudaines et de centres caviar. Et à 37 ans, le gallois est toujours aussi décisif, demandez à la défense de Chelsea. Lee Sharpe, David Beckham, Nani et Valencia aujourd’hui, sont tous inscrits dans cette lignée de joueurs, véritable marque de fabrique dans un foot moderne privilégiant de plus en plus l’axe (cf. Real Madrid ou Inter Milan par exemple).

5/ Tu marqueras des buts

Aussi évident que cela puisse paraître, il faut, pour gagner un match de football, marquer des buts. Peut-être le commandement le plus simple sur le papier, mais un des plus difficiles à mettre en place dans la réalité. Pour cela, Ferguson a toujours pu compter, et peut encore compter, sur des joueurs d’exception : Mark Hughes, Eric Cantona, Ole Gunnar Solskjaer, Teddy Sherignham, Ruud van Nistelrooy, Cristiano Ronaldo, Carlos Tevez, Wayne Rooney, Dimitar Berbatov ou encore Javier Hernandez. Mais c’est le duo Dwight Yorke – Andy Cole de la fin des années 90 qui fut sans doute la paire plus complémentaire et efficace que Ferguson ait eu sous ses ordres, peut-être même une des meilleures lignes d’attaque des 20 dernières années. La vidéo ci-dessous devrait vous convaincre.

6/ Tu feras briller une étoile

Si Ferguson a toujours soutenu, dans ses paroles et dans ses actes, qu’aucun joueur n’était plus grand que le club, il savait cependant qu’un grand joueur pouvait changer le destin d’une équipe. C’est pourquoi, il s’est toujours appuyé sur une star, un soliste à l’ego surdimensionné, qu’il parvenait à modeler et transformer pour faire gagner l’équipe. Cette attention particulière, faite de privilèges mais également de grande fermeté, 4 joueurs l’ont connu.

Le premier, et le plus grand, est évidemment Eric Cantona. Arrivé en 1992 auréolé d’un titre de champion avec Leeds, c’est grâce à lui que Manchester United redevint une machine à gagner, mais aussi grâce à Ferguson qu’il devint pour l’éternité Eric The King.

C’est avec une relation plus paternelle, et donc plus dure, que Sir Alex s’occupa de David Beckham. Pépite du centre de formation des Red Devils, l’écossais en fit un presque ballon d’or avant de le transférer sans état d’âme au Real Madrid suite à de nombreux accrochages, avec pour point d’orgue, le fameux épisode la chaussure envoyée dans l’arcade du Spice Boy.

Depuis, il y a eu Cristiano Ronaldo. Si le portugais est devenu le joueur qu’il est aujourd’hui, il le doit en grande partie à la patience et au talent de l’écossais. Arrivé au club en 2003 avec un statut de grand espoir trop perso, sorte d’Hatem Ben Arfa lusitanien, il rejoigna 6 ans plus tard le Real Madrid en tant que Ballon d’Or et joueur le plus cher de l’histoire (même s’il est toujours aussi individualiste).

Aujourd’hui, c’est Wayne Rooney qui tient ce rôle. Et l’on retrouve un peu avec l’attaquant anglais mal-dégrossi la même relation qu’avec Beckham, le glamour en moins.

7/ Tu donneras un rôle important aux joueurs de l’ombre

Le football n’est pas que dribble, reprise de volée et Lionel Messi. Il est aussi tacle, dégagement en touche et sacrifice. Ces joueurs, dont personne ne porte le maillot, ont toujours été très importants dans le système de Ferguson. De Denis Irwin à John O’Shea, en passant par Phil Neville, Nicky Butt, Wes Brown ou encore Darren Fletcher, ces joueurs ont toujours été traités avec grand respect par leur entraîneur, ces derniers restant d’ailleurs pour la plupart de nombreuses années au club, préférant être porteurs d’eau pour les Red Devils que cadre dans un club moins huppé. Petite particularité mancunienne, leur laideur (allez sur Google et tapez la liste de joueurs cités, vous ne serez pas déçus).

8/ Tu n’hésiteras pas à te séparer de tes meilleurs joueurs

Comme déjà expliqué au point 6, Ferguson considère que la destinée d’un joueur ne doit jamais mettre en péril l’équipe, peu importe son statut. C’est pourquoi, au cours de ses nombreuses années à la tête du club, il a, pour diverses raisons, transférés ses meilleurs éléments. Avant la saison 1995-96, Paul Ince, Mark Hughes et Andrei Kancheslkis, piliers des deux premiers titres de Ferguson, furent tout trois vendus pour donner la place à la jeune garde du centre de formation, emmenée par Giggs, Scholes et Beckham. Jaap Stam et le mari de Victoria furent également transférés sans ménagement, malgré leur position de cadre de l’équipe, pour avoir osé remettre en cause l’autorité de leur entraîneur. Plus récemment, Ruud van Nistelrooy et Cristiano Ronaldo, pourtant meilleurs buteurs du club, furent vendus au Real Madrid, Ferguson jugeant leur départ nécessaire au renouveau de l’équipe. Et à chaque fois, il a eu raison.

9/ Tu seras intraitable à domicile

Il reste encore un match à Old Trafford cette saison. Mais le bilan jusqu’ici est monstrueux : 17 victoires et 1 nul en 18 matchs. Cette stat se vérifie sur les 11 autres saisons au cours desquelles United a été champion. Des chiffres ? 231 matchs au théâtre des rêves pour 179 victoires, 39 nuls et 13 défaites et 12 titres. C’est tout de suite plus facile…

10/ Tu t’appuieras sur l’histoire

La question est souvent posée à propos d’Arsenal. Peut-on être champion avec une équipe jeune ? Ferguson répond par la négative. S’il a toujours pu compter sur des jeunes talents, les joueurs d’expérience tenaient une place primordiale dans ses équipes, surtout ceux ayant plusieurs années au club. C’était Steve Bruce, Bryan Robson ou Brian McClair au début des années 90, Denis Irwin ou Teddy Sheringham à la fin du siècle dernier et Ryan Giggs, Paul Scholes et Rio Ferdinand de nos jours. Oui, ce club est fait pour les vieux hommes.

Sir Guy

Publicités

18 réflexions au sujet de « Les 10 commandements de Sir Alex »

  1. Ping : Ferguson vs. Mourinho : l’amour et la violence | Guy Truite

  2. Ping : Chelsea ou la malédiction bleue | Guy Truite

  3. Ping : Joyeux anniversaire…Paul Scholes | Guy Truite

  4. Ping : Joyeux anniversaire…Olivier Quint et Ryan Giggs | Guy Truite

  5. Ping : Du Boxing Day au nouvel an : le top 10 du foot anglais en période de fête | Guy Truite

  6. Ping : Top of the Pops Premier League – Décembre 2011 | Guy Truite

  7. Ping : Les coulisses du transfert raté de David Beckham au PSG | Guy Truite

  8. Ping : Didier Drogba et les centenaires de Premier League | Guy Truite

  9. Ping : L’apocalypse du foot selon Saint-Guy | Guy Truite

  10. Ping : La filiation en football : tel père tel fils ? | Guy Truite

  11. Ping : Pourquoi Manchester United doit être champion d’Angleterre | Guy Truite

  12. Ping : Qui sera le futur numéro 7 de Manchester United ? | Guy Truite

  13. Ping : Vicente del Bosque est-il le meilleur entraîneur de foot de l’histoire ? | Guy Truite

  14. Ping : Andy Cole et les 4 fantastiques de Premier League | Guy Truite

  15. Ping : Manchester United – Arsenal, une rivalité en 10 matchs | Guy Truite

  16. Ping : Le Fergie Time, légende ou réalité ? | Guy Truite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s