2000-2001 : l’épopée européenne de Leeds United

Il y a régulièrement en Champion’s League une équipe surprise en demi-finale, sorte d’intrus parmi les grands, de vilain petit canard parmi les stars. Un vrai décalage, au niveau européen tout de même (on n’est pas en coupe de France…), entre les clubs historiques et glamours comme le Milan AC, Manchester United, le Real Madrid ou le FC Barcelone, et la classe moyenne européenne, pleine d’ambition mais limitée et beaucoup moins sexy, symbolisée ces dernières années par Villarreal, le PSV Eindhoven, Monaco, La Corogne et même Lyon (et oui Jean-Michel, ton club est moche). Et par Schalke 04 cette année. En 2001, cette équipe était Leeds United, club anglais historique et depuis perdu dans le ventre mou de la seconde division. Retour sur cette épopée.

Leeds United n’est pas n’importe quel club anglais. Si le palmarès n’est pas à la hauteur de son histoire (3 petits championnats, 1 Cup, 1 Coupe de la Ligue et 2 Coupes UEFA), Leeds fut durant près de 15 ans, entre 1961 et 1975, un des plus grands clubs du pays. Cette période prospère correspond à l’époque de Don Revie et de son dirty Leeds, surnom donné à cette équipe dont le jeu très rudimentaire était basé sur le kick and rush et l’impact physique, qui ramenèrent de nombreux titres mais perdirent également de nombreuses finales, dont celle de Champion’s League en 1975, l’empêchant de définitivement entrer dans la cour des très grands clubs. L’autre période dorée fut celle allant de 1988 à 1995 dont l’apothéose fut le titre de champion de 1992 avec une équipe emmenée par Dieu, Eric Cantona.

Le talent d’une équipe très britannique

En 2000-2001, Leeds semble être sur la bonne voie. La ville du Workshire est en plein boom économique devenant un des centres financiers les plus importants d’Angleterre. Son club de foot est également en pleine mutation et semble accrocher le train du foot business emmené par son voisin Manchester United. Deux ans plus tôt, David O’Leary a repris les rênes du club et est parvenu à amener ses joueurs au plus haut niveau européen après une saison 1999-2000 prometteuse, voyant The Peacocks terminer 3ème du championnat et se qualifier pour sa première demi-finale européenne depuis 25 ans en coupe UEFA. C’est donc avec le plein de confiance et d’ambitions que Leeds aborde ce retour en Champion’s League. Plein de talent également. Petite revue d’effectif (non-exhaustive) :

Nigel Martyn : gardien de but emblématique du club. Une bonne tête d’anglais sympa à la dentition douteuse avec qui boire une bière doit être cool. Arrivé en 1996 en provenance de Crystal Palace et élu en 2006 dans l’équipe-type historique du club, il est désormais entraîneur des gardiens du club.

Ian Harte : arrière gauche irlandais, tireur de coup-franc fantastique, sorte d’anti Taye Taiwo. Il rejoint Leeds en 1995 et y reste pendant 9 saisons. Il enchaine depuis une carrière parfaitement improbable : Levante, Sunderland, Blackpool, Carlisle United et maintenant Reading, en deuxième division.

Rio Ferdinand : le gros coup de Leeds. Le prometteur défenseur central de West Ham signe au club en 2000 pour un montant record de 18 M£. Il ne restera pas longtemps au club, son talent se monnayant au pris fort 2 ans plus tard avec Manchester United où il signa pour 30 M£. Il se gave depuis de titres avec les Red Devils, formant avec Vidic une des meilleurs charnière centrale du monde.

Jonathan Woodgate : le défenseur central ne joua pas énormément lors de la saison 2000-2001 avec Leeds, la faute en partie à la concurrence de la recrue star, Rio Ferdinand, ainsi qu’au procès qui le concerna avec son coéquipier poète Lee Bowyer, suite au passage à tabac d’un étudiant asiatique à la sortie de boite. Un bel abruti dont la carrière fut ensuite gâchée par les blessures, encore aujourd’hui à Tottenham. Il eut tout de même l’honneur de signer au Real Madrid en 2004 où il ne joua quasiment jamais.

Olivier Dacourt : le nouveau chroniqueur de Téléfoot, beauf rigolard à la blague facile, arrive à Leeds en 2000 en provenance de Lens. Son style jeu hargneux et agressif le rendra très populaire auprès des supporters du club.

Lee Bowyer : le milieu relayeur anglais typique. Une vilaine tête de british débile avec qui boire une bière doit être dangereux. Un box-to-box player, capable de tacler dans sa surface et de marquer dans l’autre. Ce Paul Scholes du pauvre fut l’un des joueurs majeurs de cette épopée. Il est maintenant à Birmingham, équipe avec laquelle il a remporté cette année la Coupe de la Ligue.

Alan Smith : une trajectoire à la Nicolas Dieuze. Des débuts fracassants comme attaquant avec Leeds en 1998 avec une apogée à 18 buts lors de cette saison 2000-2001. Suite à son passage à Manchester United, l’arnaque fut évidente et Ferguson le transforma en milieu défensif à tout faire, misant plus sur sa hargne que sur son talent (limité). Il est désormais à Newcastle où il arbore toujours fièrement une chevelure décolorée à la Florent Pagny. Un homme de goût.

Mark Viduka : un attaquant puissant, voire gros, comme le foot anglais en raffole. Sorte de Gignac Wallaby. Il signe à Leeds en 2000 en provenance du Celtic Glasgow. L’australien connaîtra 4 belles saisons avec le club, marquant 72 buts en 166 matchs.

Harry Kewell : la star du club. Le compatriote de Viduka arriva lui en 1995 à Leeds et y resta 8 ans y disputant 243 matchs. L’ailier gaucher aux crochets dévastateurs signa ensuite à Liverpool où il remporta notamment la Champion’s League en 2005. Büyücü Harry (Harry le magicien en turc, Sir Guy maitrise de nombreuses langues étrangères) joue désormais en Turquie, à Galatasaray.

Barcelone et la Lazio de Rome, victimes de Leeds United

En 2000-2001, c’est dans une formule improbable de Champion’s League, preuve en est la présence du PSG, que Leeds retrouve la coupe d’Europe. Le club se qualifie lors de la première phase de poule en compagnie du Milan AC devant Besiktas et surtout le FC Barcelone. Si les anglais prirent une leçon lors du premier match au Camp Nou avec une défait 4-0 (Rivaldo, Frank de Boer et Kluivert 2 fois), ils réagirent lors de la venue du Milan AC de Shevchenko avec une victoire historique 1-0 grâce à un but de Lee Bowyer à la 90ème minute. La double confrontation contre Besiktas et Pascal Nouma (et oui les amis !) permit de régaler le public bourré à la bière d’Ellan Road avec notamment une victoire 6-0 à domicile. La qualification se joua lors des 2 derniers matchs, et par 2 fois les anglais résistèrent héroïquement aux talents du Milan AC et du Barça en accrochant deux matchs nuls 1-1 synonymes de qualification. Les résumés de ces 2 matchs :

Lors de la seonde phase de poule, les anglais retrouvèrent le Real Madrid, Anderlecht et surtout la grande Lazio de Rome de l’époque, emmenée par Crespo, Nedved, Claudio Lopez et Mihajlovic. C’est d’ailleurs fasse au club romain que les anglais livrèrent leurs plus beaux matchs avec une victoire 1-0 dans la Ville Eternelle grâce à un but face au gros Angelo Peruzzi (voir la vidéo ci-dessous) et un spectaculaire 3-3 à domicile. Malgré 2 défaites face aux galactiques v1 du Real Madrid, les 2 confrontations contre les belges d’Anderlecht suffirent à qualifier les anglais lors pour les quarts de finale contre le Deportivo La Corogne.

La double confrontation face aux espagnols, emmenés par Makaay, Valeron, Naybet et Diego Tristan, tourna à l’avantage de Leeds grâce à un gros match aller à domicile remporté 3-0. Malgré une défaite 2_0 en Galice, Leeds parvint à se qualifier pour les demi-finales et y affronta le finaliste de l’édition précédente, le FC Valence du regretté Gaizka Mendieta, l’autre demi-finale opposant 2 monstres , le Bayern Munich de l’aryen Steffan Effenberg et le Real Madrid. L’aventure s’arrêta ici, les anglais explosant au match retour à Valence avec une défaite 3-0.

Aujourd’hui, Leeds United se morfond dans le ventre mou de deuxième division avec comme joueurs stars Luciano Becchio, Max Gradel, Jonathan Howson ou Kasper Schmeichel, fils de. Le destin des vrais héros.

Sir Guy

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