OM-PSG : Appelez le Clasico si ça vous fait plaisir

Il est là, il arrive à grands pas, vous l’attendez tous, c’est le Clasico !! Dimanche soir à partir de 21h, la France du foot va s’arrêter de respirer si l’on en croit nos amis de Canal +. Mais ce tapage médiatique autour de cette affiche a-t-il vraiment lieu d’être ?

Cette rivalité entre les 2 clubs est née au début des années 90 quand la chaîne cryptée a repris la direction du PSG en plaçant Michel Denisot au poste de président. Une semaine avant la rencontre, Bernard Tapie et l’actuel présentateur du Grand Journal se taclaient allégrement par presse interposée. A l’époque, cette guéguerre pouvait sembler légitime puisque les 2 équipes se battaient pour le titre. Mais depuis quelques années, alors que l’OM est devenu un habitué du haut de tableau, Paris éprouve beaucoup de difficultés à s’installer à nouveau au sommet de la hiérarchie nationale. Il y a bien longtemps que ce sommet n’a pas été décisif pour l’attribution de la couronne hexagonale. Néanmoins, il y a un véritable enjeu autour du match de dimanche. L’OM doit absolument l’emporter pour rester au contact du leader Lillois. En cas de défaite, Paris va voir ses chances de se qualifier pour la Ligue des Champions diminuer.

Pour moi, un match contre Paris c’est 3 points à prendre. Pas plus pas moins. Si on me demande de choisir, je préfère battre Lyon pour leur montrer qu’ils ne sont plus seuls à règner sur la Ligue 1 comme c’était le cas il y a tout juste trois ans. Egalement l’emporter à Bordeaux car c’est un rival historique et que nous rentrons bredouille ou presque du déplacement en Gironde depuis 34 ans. Enfin, il y a nos amis stéphanois. Le club le plus populaire de France, sauf qu’il n’y a qu’eux qui croient cela, et pour cause. C’est quand même la seule équipe qui a défilé sur les Champs Elysées le lendemain d’une défaite en finale de coupe d’Europe en 1976 !! Comme dans notre pays on adore les loosers, ça se tient. Nous avons un plus gros palmarès qu’eux vu que nous possèdons la C1 dans notre vitrine. Il faut donc le justifier sur le terrain.

Au final, la rivalité entre Paris et Marseille n’a qu’un peu plus de 20 ans d’âge. Ce qui est infîme à l’échelle olympienne (plus de 100 ans d’histoire) mais en parallèle énorme côté parisien puisque le PSG n’a que 4 décennies d’existence. Cependant, ces confrontations ont souvent donné lieu à des matches spectaculaires pimentés par des buts d’anthologie.

Mai 1989 : Le missile de Franck Sauzée

Bernard Tapie est sur le point d’achever sa troisième saison à la tête du club phocéen. Après avoir raté le doublé coupe de France-championnat en 1987 en terminant deuxième de D1 juste derrière Bordeaux et finaliste au parc des princes face à ces mêmes girondins, l’OM ne parvient pas à être européen l’année suivante mais se hisse jusqu’en demi-finale de l’insignifiante coupe des vainqueurs de coupes, disparue depuis et si chère aux yeux de nos amis parisiens. Il est donc temps de franchir un palier et de remporter un trophée.

Le championnat 1988-1989 est âprement disputé puisque Monaco, Auxerre, Sochaux, Paris et Marseille se battent en haut du classement. Mais au soir de la 35eme journée, marseillais et parisiens se sont légèrement détachés en tête du peloton. Le PSG devance l’OM d’une unité et les hommes du charismatique président Borelli doivent se rendre au stade Vélodrome. On peut quasiment parler de finale. La rencontre est relativement disputée, indécise. A la 88ème minute, alors que le score est toujours nul et vierge, l’attaquant francilien Amara Simba se présente seul devant Gaëtan Huard, mais le gardien olympien remporte ce face à face au prix d’une parade de grande classe. Celui qui deviendra quelques années plus tard Mr Bicyclette vient de faire perdre le titre à son équipe car dans la continuité de cette action, les marseillais remontent le ballon et parviennent à mettre Franck Sauzée dans sa position favorite. A environ 30 mètres du but avec un peu d’espace devant lui, l’ex-Sochalien ne se fait pas prier pour décocher une frappe surpuissante qui va se loger dans le coin gauche du but de Joël Bats (désolé pour la qualité de la vidéo). Quelques mois après avoir usé de cette arme pour donner à l’équipe de France Espoirs le titre de champion d’Europe, Franck met l’OM dans de parfaites disposition pour enfin décrocher celui de champion de France, 17 ans après son dernier sacre.

Par la suite, l’OM s’impose à Toulon et c’est à l’issue d’une victoire à domicile face à Auxerre et grâce à un doublé de papin qu’il officialise son titre. Quelques semaines plus tard, il vient à bout de Monaco en finale de la coupe de France (4-3 et un triplé de Papin) et réalise le deuxième doublé de son histoire. En novembre, parisiens et marseillais se retrouvent au Vélodrome. Les phocéens auront encore le dernier mot, en grande partie grâce à la talonnade pour le moins provocatrice du génialissime Chris Waddle.

Mai 1993 : Le chef d’œuvre de Boli

Nous sommes le 29 mai 1993. 3 jours plus tôt, Marseille a remporté la Ligue des Champions à Munich face au Milan AC. Il va disputer sa deuxième finale de la semaine en recevant le PSG pour le compte de la 37eme journée de D1. Une victoire lui assurerait un cinquième titre de champion de France consécutif. Problème, les Olympiens n’ont cessé de célébrer leur titre européen et ne se sont pas entraînés depuis 3 jours au moment d’accueillir le rival parisien qui va venir au Vélodrome remonté à bloc, avec la ferme intention de gâcher la fête.

Cela se confirme dès le coup d’envoi. Les marseillais sont complètement à côté de la plaque et leurs adversaires ne tardent pas à en profiter en ouvrant le score par l’intermédiaire de Vincent Guérin dès la 8ème minute. Malgré la fatigue, l’OM se devait de réagir devant un public exceptionnel. Le Vélodrome n’a jamais été aussi bouillant. Je me souviens que même les tribunes Ganay et Jean-Bouin s’étaient mises au diapason des deux virages. Et puis il y avait un statut de Champion d’Europe à assumer. Il aurait été regrettable de mal terminer cette magnifique semaine en laissant Paris conquérir le titre de champion sur nos terres. Les choses rentrèrent dans l’ordre au quart d’heure de jeu. Rudi Völler, comme souvent bien placé dans les 6 mètres, profitait d’une déviation de la tête de Boksic pour tromper Lama d’un tir croisé. Dès lors, le PSG ne voit plus le jour.

Les Marseillais sont sur un nuage et ponctuent leur domination à quelques minutes de la pause par ce qui restera comme le plus beau but de l’histoire du club. Ce n’est pas la peine d’en dire plus. Les images parlent et parleront d’elles mêmes. Après avoir donné la coupe d’Europe à l’OM, Basile Boli est en passe de lui offrir le championnat de France. Lui qui 2 ans auparavant, jour pour jour, pleurait toutes les larmes de son corps à Bari après que son club ait laissé échappé cette même coupe qui lui était promise, a avoué que sa priorité n’était pas de marquer ce but mais d’aller faire mal à Ricardo, le stoppeur parisien. Voilà pourquoi ces matches là étaient excitants, c’étaient des matches d’hommes, des combats. Ils commençaient déjà à la sortie des vestiaires, dans le tunnel. Ça se jouait dans les yeux. Le premier qui baissait le regard avait peu de chance de s’imposer sur le terrain. Dimanche, ça va sûrement s’échanger des photos avec les iPhone et Néné et Valbuena vont pleurnicher dés qu’on va leur effleurer la cheville. Mon coup de gueule étant passé, je peux achever le récit de cette rencontre au sommet.

L’OM l’emportera au final 3 buts à 1 après un dernier but de Boksic qui clôtura sa saison en terminant meilleur buteur, juste devant celui qui est aujourd’hui à mon goût le meilleur consultant de sa génération, j’ai nomme Xavier Gravelaine. Marseille remporte donc son cinquième titre consécutif et bat le record de St-Etienne qui en avait obtenu 4. Malheureusement, ce titre lui fût retiré suite à l’affaire OM-VA. Mais le plus regrettable est que la fête ait été ternie par une poignée de supporters parisiens (les Boulogne Boys pour ne pas les citer) qui ont lancé plusieurs fumigènes dans la tribune Ganay. On a frôlé le drame ce soir là.

Mars 2003 : le récital de Ronaldinho et la fin de 15 ans d’invincibilté olympienne

Depuis juillet 2002, Alain Perrin, ancien coach de Troyes, a pris les commandes dela formation Olympienne et réalise de véritables miracles depuis le début de la saison. Avec des joueurs comme Bakayoko, Lamine Sakho, Cyril Chapuis et autre Pascal Johansen, il est à la lutte pour le titre de champion de France, chose à laquelle le club n’est plus habitué depuis la fin du vingtième siècle. L’OM doit son salut à une défense de fer emmenée par Franck Leboeuf et Daniel Van Buyten qui en font une des plus hermétiques de D1. Le défenseur belge démontre également une adresse remarquable devant le but et permet de compenser l’inefficacité du secteur offensif de son côté.

Paris quant à lui végète en milieu de tableau alors qu’il compte dans son effectif le meilleur joueur du monde. Il est clair que cette saison, Mr Ronaldinho n’en fout pas une, à tel point que Luis Fernandez n’a pas d’état d’âme à le laisser cirer le banc. Le brésilien a pour habitude de choisir ses matchs. Il l’avait déjà démontré au match aller. L’OM l’avait ressenti et s’était incliné lourdement (3-0). Pour la revanche au Vélodrome, on craint que ce scénario se répète. Et effectivement, l’OM est resté tétanisé, sans réaction, devant le talent fou du Brésilien qui a gagné la bataille à lui tout seul. Il inscrit le second but de son équipe avant d’offrir le troisième sur un plateau à Jérôme Leroy qui signe un doublé. Johnny Ecker en a perdu son attelle à l’avant bras et Leboeuf en a encore mal au dos…Paris qui ne s’était plus imposé à Marseille depuis mai 1988 l’emporte 3-0 et signe ce qui reste à ce jour sa plus large victoire en terre phocéenne. Ce match a freiné L’OM dans la course au titre. Il termine finalement troisième derrière Lyon et Monaco et se qualifie pour la Ligue des Champions. Mais que ce fut difficile de digèrer la correction que nous avait infligé Ronnie. Honnêtement, on ne peut que rester admiratif devant autant de classe.

Guy Truite

 

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