Des garages underground de Detroit à la bouche du plus gros beauf de l’Europe du Sud

white-stripes-live

L’éclectisme notoire de notre cher Guy Truite et son goût certain pour la Musique nous conduisent à ouvrir les portes du stade, non pas pour laisser Titi Camara finir son débordement, mais pour y parler de culture et des chants qui habitent les travées.

Au même titre que les grands clubs demeurent tandis que les joueurs ne font que passer, les chansons sont plus fortes que leurs auteurs/interprètes. Nous apprenions il y a peu la séparation de l’un des meilleurs groupes de la décennie : les White Stripes. Amis mélomanes rassurez vous, les White Stripes survivront dans les mémoires, sur les iPod/platines… mais également dans les stades de foot.

Pour les quelques lecteurs qui auraient passé les 10 dernières années sur une autre planète, un live de l’originale :

En effet, à ce jour on ne connaît pas d’hymne plus universel dans les stades des 4 coins du globe que le fameux « po po-po-po-po-po po ». Comment expliquer ce mystère qui conduit une chanson écrite à Détroit par les chantres du rock indé jusque dans la bouche de Francesco Totti, plus gros beauf de l’Europe du Sud en direct sur la Raï Uno ? On imagine en effet d’avantage l’ami Francesco, cheveux gominés résistant au vent, au volant de son cabriolet tuné avec du mauvais son électro-variété (un mix entre Eros Ramazzotti et le superbe groupe italien Effel 65 « I’m blue da ba di….).
Et pourtant c’est bien le riff d’une efficacité redoutable de Seven Nation Army que l’Italie entière reprend avec lui après le sacre mondial de 2006.

7 notes valent elles mieux que de longs discours ?

Impossible de retracer la véritable histoire qui a conduit cette chanson jusque dans les stades : les sources se contredisent, et soyons honnête c’est aussi ça la beauté de ce sport. Cette tradition orale qui se transmet, ce public qui exagère la réalité et qui consacre le single de l’album Elephant en hit mondial et universel. Peu importe le club, le pays, dès qu’il y a une victoire, on entend désormais ce chant venir des tribunes ou du terrain. L’Italie l’a célébré en 2006 après avoir affronté sept nations en coupe du monde (Seven Nation…), idem pour l’Espagne à l’Euro 2008… Certains disent que ce sont des clubs du championnat belge qui furent les premiers… Je me rappelle en tous cas de Robert Louis Dreyfus en tongs chanter ce refrain avec Wilson Oruma et Franck Ribéry (fidèles lecteurs de Tecnikart) un soir de victoire en coupe Intertoto. Je me souviens enfin avoir vu notre cher Guy Truite et toute la rédaction de ce blog, entonner ce chant un soir de Marseille-Rennes après le but de Mamadou Niang (celui du titre) à 22h22.

Ces 7 notes ou plutôt 5 (mi – mi – sol – mi – re –do – si) écrites par Jack White sur sa guitare dans une esthétique finalement assez éloignée de ce que le groupe a pu faire, ne seraient elles pas devenues une sorte d’hymne de la victoire dans les années 2000 ? Depuis les années 1980, dès qu’une équipe de foot gagne un titre (qu’il s’agisse du tournoi de sixte de Plan de Cuques, ou de la Ligue des Champions) on entend « We are the Champions » de Queen tandis que le capitaine brandit fièrement le trophée et que ses coéquipiers et les spectateurs chantent en yaourt la suite du refrain de Freddy Mercury. Force est de constater que Seven Nation Army est devenue au moins aussi puissante.

Les White Stripes ne sont plus, rassurez-vous Luis Fernandez est le gardien du temple

Alors oui, les White Stripes sont séparés mais il paraît peu probable que Seven Nation Army disparaisse des stades et de l’environnement médiatico-footballistique de sitôt (Luis Fernandez chante a tue tête le titre dans sa quotidienne sur RMC).

Luis Attaque sur RMC : remix des White Stripes en habillage d’antenne

A moins qu’une autre star planétaire du foot ne tombe par hasard en adoration devant un titre des Kills, de Caribou ou de Grizzly Bear…Ca aurait de la gueule Cristiano Ronaldo (en grand amateur de musique indé qu’il est), la coupe aux grandes oreilles dans les mains entonnant le refrain « très stade » de Wake Up d’Arcade Fire.
Non ?…

Guyguy Pop

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2 réflexions au sujet de « Des garages underground de Detroit à la bouche du plus gros beauf de l’Europe du Sud »

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