Christophe Galtier : Héros olympien malgré lui


Tout à l’heure les Olympiens accueillent au Vel’ le vieux rival stéphanois. Même si ces dernières années les verts alternent le bon et le moins bon, cette affiche reste toujours capitale à mes yeux car elle voit s’affronter les deux clubs français les plus titrés. Je pourrais en dire plus mais je vais m’arrêter là en ce qui concerne la présentation de ce match de prestige. Celui-ci me donne l’occasion, une fois n’est pas coutume, de rendre hommage à un homme qui va tenter ce soir de stopper la marche en avant des phocéens. Il s’agit du coach stéphanois Christophe Galtier. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il reste à ce jour le seul phocéen qui est entré dans la légende de l’Olympique en tant qu’entraîneur adjoint. Allez comprendre…

Le joueur a eu une carrière bien remplie qui a duré environ 15 ans. Ce défenseur rugueux qui vit le jour à Marseille en août 1966 est notamment passé successivement par Lille, Toulouse, Angers et Nîmes. Il a achevé son périple en 1999 par une destination originale et exotique, la Chine, plus précisément la ville de Jinzhou et son club au nom imprononçable : Liaoning Yoandong. Au final, il ne remporta qu’un titre majeur, le championnat d’Europe espoir en 1988 en compagnie de Franck Sauzée, Stéphane Paille et le king Eric. C’est d’ailleurs le dernier trophée prestigieux remporté par cette génération.

 

En bon Marseillais qu’il est, « Galette » est entré dans le monde professionnel en 1985 avec la tunique blanche sur les épaules. Il assista à l’arrivée fracassante de Bernard Tapie. Il quitta l’OM après deux saisons, à l’aube de sa course folle vers les sommets nationaux puis européens. Il évolua notamment au côté de Karl Heinz Forster, stoppeur ouest-allemand de classe mondiale et du Valbuena des eighties, Alain Giresse. (à noter que cette comparaison est en grande majorité basée sur leur corpulence et non sur leur classe footballistique).

En 1995, le navire bleu et blanc n’est pas au mieux (oh merde j’ai l’impression d’entendre Pierre Salviac…). Il a payé au prix fort pour avoir, au printemps 93 quelque part dans le Nord, marché sur les plates bandes de Marius Ferrat, la référence en matière de jardinerie. Pire encore, il entame sa deuxième saison en D2 après avoir brillamment remporté le championnat. Il fut sanctionné par une rétrogradation administrative. Des anciennes gloires du club telles que Casoni, Amoros, Germain, Ferreri, Durand ont encadré des espoirs marseillais comme Jambay et Asuar. Ajouter à cela l’infatigable Marcel Dib et le gigantesque buteur Irlandais Tony Cascarino et vous obtenez le groupe qui a permis à L’OM de rejoindre l’élite. J’évoque cet épisode douloureux pour la bonne et simple raison que Galtier faisait partie de cette aventure. Il a tout donné pour aider le club à se sortir de cette mauvaise passe et il a depuis gagné tout mon respect, rien que pour cet acte de bravoure sportive.

Venons en aux faits…Le 7 avril 2000, L’OM est au plus mal !! Un A.S Monaco de feu emmené par Barthez, Trézéguet, Simone et un petit meneur de jeu déroutant et provocateur, Marcelo Gallardo, file tout droit vers le titre et doit se rendre au vélodrome. Les olympiens se doivent de l’emporter pour éviter la relégation à l’étage inférieur. C’est donc la peur au ventre que l’entraîneur marseillais Bernard Casoni et son adjoint Christophe Galtier prennent place sur le banc. La tension est palpable dans toutes les travées, y compris en tribune de presse. Le match est âpre, engagé, les phocéens jouent leur vie et les Monégasques bien qu’assurés quasiment du titre ne sont pas venus là pour faire de la figuration. Preuve en est, Ivan de La Pena et Philippe Léonard furent priés de regagner les vestiaires avant la mi-temps. Auparavant, Pouget avait ouvert le score et permit à L’OM d’atteindre le repos avec ce but d’avance. Aussitôt la mi-temps sifflé, je sortis de mon sac mon mix de Ricard que j’avais fait passer en douce…il me fallait de l’alcool, c’était trop dur nerveusement !! Ce quart d’heure de pause passé, les 20 acteurs pouvaient faire leur retour dans l’arène sauf qu’ils n’étaient plus que 19…Marcelo Gallardo, le meilleur monégasque, manquait à l’appel. Une aubaine pour les marseillais qui doublaient rapidement la mise par Bakayoko avant que Monaco se rebiffe et revienne à 2-2 grâce à un doublé de Trézéguet. On tremble…Mais ce bon Baka et Frédéric Brando donnaient la victoire aux Marseillais. 4-2, on pouvait souffler. Finalement, L’OM sauva sa tête de justesse à la différence de but. Saison à vite oublier.

Pour terminer je me dois de répondre à une question que certains ont pu se poser. Pourquoi Gallardo n’est pas revenu sur la pelouse en deuxième mi-temps ? Logiquement il aurait pu avoir un pépin physique et se faire remplacer mais je rappelle que les monégasques sont revenus à 9 sur le terrain !! Pourquoi ? Comment ? Au final, on sut très vite que l’argentin était tombé dans un guet apens tendu par l’actuel entraîneur Stéphanois !! L’idée était de provoquer Gallardo pour qu’ils perdent ses nerfs. Christophe mena de main de maître cette opération. Il savait au fond de lui que l’arbitre ou un délégué pouvaient se trouver dans le tunnel au moment de son altercation avec sa victime et que chacun se ferait expulser. L’absence de Gallardo allait être préjudiciable pour Monaco mais en aucun cas, et c’est là que se situe le génie de cette action, celle de Galtier allait perturber les joueurs marseillais. Tout se déroula donc comme prévu et en prime, Galette assainit un violent coup de poing, digne de Fabrice Bénichou, à sa victime du soir. Résultat, l’adjoint de Caso se vit infliger 6 mois de suspension. De son côté, Gallardo fut blanchi.

J’en conclus donc que Christophe Galtier s’est bel et bien sacrifié pour sauver L’OM !! Même si son geste est condamnable, le supporter marseillais que je suis trouve celui-ci plus que courageux, pour ne pas dire couillu !! Il savait ce qui l’attendait en agissant de la sorte mais son amour pour le club l’a emporté à ce moment là.
J’estime que ce soir, une ovation serait la bienvenue pour montrer que les héros discrets méritent aussi un brin de reconnaissance.

Guy Truite

Publicités

5 réflexions au sujet de « Christophe Galtier : Héros olympien malgré lui »

  1. Ping : Spécial Montpellier-OM : Loulou Nicollin, un coeur gros comme ça ! | Guy Truite

  2. Ping : Décès du Vélodrome (1937 – 1996) : 16 ans déjà… | Guy Truite

  3. Ping : #LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 6: Mathieu Faure | Guy Truite

  4. Ping : Brest-OM: Les Olympiens s’aiment peu à Francis Le Blé | Guy Truite

  5. Ping : OM-Saint Etienne: Une longue et belle série à poursuivre | Guy Truite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s