
1994-95. Alors que l’on se remet tout juste du suicide de Kurt Cobain, la perfide Albion repeint les oreilles et les radios du monde entier aux couleurs de l’Union Jack grâce à la Britpop insolente de Blur, rock’n'roll d’Oasis et dandy de Pulp. La France, elle, conserve sa douteuse exception culturelle en lui préférant l’improbable sensualité rousse (et donc son âme) d’Axelle Red, la ritournelle faussement enfantine de Billy Ze Kick et les bégaiement du moustachu Scatman. Côté 7ème art, le monde sans exception tombe sous le charme du surestimé "Forrest Gump", auréolé de 6 Oscars (malgré Pulp Fiction, Ed Wood et Les Évadés – enfin, je n’ai pas vu ce dernier mais on ne m’en a dit que du bien). L’histoire extraordinaire du simple d’esprit originaire du Tennessee émeut également la France bien-pensante, qui n’oublie pas ses bonnes vieilles habitudes avec la comédie post-coloniale “Un indien dans la ville” (quelqu’un a des nouvelles de Tonton David ?) et la chronique meurtrière du génie supposé du cinéma français, le (futur) gros Luc Besson. Voilà pour le décor.