Quand tu as des coups de moins bien dans ta putain de vie, t’essaies de te raccrocher à des choses qui t’apportent une petite dose de bonheur non négligeable. Je pense instinctivement à un verre de Ricard, une chanson de la Compagnie Créole, une andouillette AAAAA ou encore aux 5 premières minutes de Samedi Sport (13h40 le samedi sur Canal Plus).
Si on se place à l’échelle du supporter de l’OM qui vit un véritable calvaire en ce moment, malgré une 3ème coupe à moustaches consécutive, celui-ci va forcément ressasser l’époque Tapie et se remémorer les exploits de Papin, Waddle et autres Papayew. Mais que ce supporter n’oublie pas non plus des gars qui ont fait partie de cette formidable aventure sans être spectaculaires, et donc moins médiatisés que ceux précédemment cités. Parce qu’avec l’âge je prends conscience qu’on ne peut pas faire de grande équipe sans besogneux et travailleurs de l’ombre, je veux rendre l’hommage qu’il mérite à Bruno Germain qui fête ses 52 ans ce samedi.
Ce natif d’Orléans (ville dans laquelle Reynald Pedros célèbrera son jubilé le 3 juin prochain) pointe le bout de son nez à Marseille en janvier 1989. Il évoluait au Sporting Club de Toulon entraîné par Rolland Courbis qui était à l’époque très ami avec Bernard Tapie…
Ce milieu défensif de talent restera deux saisons et demi à l’OM et se sera montré décisif à son poste et au-delà puisqu’il aura claqué quelques buts importants et montré qu’il savait vraiment bien joué au football.
Le 18 février 1989 lors de la 27ème journée du championnat, il marque un but de la tête dans les dernières secondes face à Laval et permet à L’OM de revenir en tête à égalité de point avec le PSG à l’aube du sprint final.
Le 21 mars 1990, autre style, autre contexte. L’OM affronte le CSKA Sofia en quart de finale de la C1. Ce soir là Bruno fait le spectacle avec la complicité de Chris Waddle et ils nous gratifient d’un une-deux fait exclusivement de talonnades sur le flanc gauche de l’attaque marseillaise… Du grand art !! Preuve que Bruno pouvait aussi être très adroit avec ses pieds. Comme je n’ai pas les images consolez vous avec le but décisif de Philippe Thys au match aller.
Le 13 janvier 1991 Jean-Pierre Papin entre dans l’histoire de la Ligain en réalisant le 2ème quadruplé de sa carrière et ce face à un même gardien, Gilles Rousset. L’OM atomise l’OL sur le score de 7-0. Difficile après-midi pour les hommes de Raymond Domenech…À l’époque, Rémy Garde et ses coéquipiers étaient loin de s’imaginer que 10 ans plus tard leur club allait régner en maître sur le football hexagonal. Ce jour-là, Germain marque 2 buts, évidemment de la tête, chose rare pour un milieu défensif. Pour sa première sur le banc Olympien en lieu et place de Beckenbauer, Raymond Goethals avait pu cloper sereinement durant 90 minutes.
Le 1er mars 1991, alors qu’il prépare son quart de finale aller de C1 face au Milan AC, l’OM reçoit Monaco pour le compte de la 29ème journée de D1. Les monégasques sont cette année-là les rivaux les plus sérieux des phocéens. Au terme d’un match serré, comme ce fut souvent le cas entre les 2 équipes à cette époque, les olympiens l’emportent 1-0 grâce à un but inscrit à la 19ème minute par le héros du jour. Et comment ?? Du teston bien sûr…
A l’issue de cette saison, Germain rejoindra le PSG. Il avait déjà évolué dans la capitale entre 1986 et 1988 mais au Matra Racing, au côté de Luis Fernandez. Avec Laurent Fournier et Bernard Pardo, il sera échangé contre Jocelyn Angloma. Tout ça pour jouer avec un maillot où on vante les mérites de la Tourtel… Pathétique !!
Il reviendra à l’OM lors de l’exercice 1994-1995 pour aider l’OM à remonter en D1. Il mettra fin à sa carrière après avoir rempli brillamment sa mission. Malheureusement les phocéens ont vu la DNCG leur barrer la route et ont dû se taper une saison de plus à l’étage inférieur.
Le seul but de Germain que j’ai pu trouver sur la toile a été marqué, une fois n’est pas coutume, du pied lors du jubilé d’Olivier Rouyer au satde Marcel Picot… Il fallait s’y attendre car comme dit le proverbe : « Jeu de mains, jeux de vilains, jeu de pieds, jeu de… »
Bruno, je n’oublierai jamais le vaillant guerrier que tu as été et sache que pour moi tu as autant ta place dans le grand livre de l’histoire de l’OM que les stars que tu as côtoyées et celles qui t’ont succédées.
GUY TRUITE
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